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Madagascar

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Madagascar : drapeau et hymneMadagascar : drapeau et hymne
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3.5. 1

Historique

La Ire république malgache est dirigée par le père de l’indépendance, Philibert Tsiranana, qui aligne sa politique sur celle de la France. La révolution de 1972 met fin à son régime et marque le début de la « malgachisation » du pays, selon une orientation socialiste. À partir de 1975, Didier Ratsiraka prend les rênes du pouvoir ; le pays devient la République démocratique de Madagascar, et Didier Ratsiraka (réélu sans opposition en 1982 et 1989) mène une politique d’étatisation de l’économie et, malgré une rhétorique marxiste-léniniste, reste proche de la France. Soumis à une opposition croissante, il est contraint d’amorcer une démocratisation du régime, avec l’adoption, en 1992, d’une nouvelle Constitution, et de céder le pouvoir, avant d’être réélu dès 1996.

La République de Madagascar plonge dans une grave crise politique à l’issue de l’élection présidentielle controversée de décembre 2001, où le président élu, Marc Ravalomanana, se voit contester sa victoire par le président Ratsiraka. La bataille se conclut au printemps 2002, par une décision de la Haute Cour constitutionnelle qui désigne Marc Ravalomanana vainqueur avec 51,5 p. 100 des suffrages.

Bouleversé par la nouvelle donne électorale, le paysage politique malgache, traditionnellement dominé par l’Arema (Avant-garde du renouveau de Madagascar) de Didier Ratsiraka, voit émerger en 2002 le TIM (Tiako i Madagasikara, « J’aime Madagascar »), ancienne association de soutien électoral du nouveau président transformée en parti politique à l’occasion des élections législatives de décembre 2002. Lors de l’élection présidentielle de décembre 2006, Marc Ravalomanana est réélu dès le premier tour du scrutin avec 54,79 p. 100 des suffrages, loin devant l’ancien président de l’Assemblée nationale, Jean Lahiniriko (11,65 p. 100 des voix), Roland Ratsiraka, neveu de Didier Ratsiraka (10,14 p. 100) des suffrages et le chef d’entreprise Herizo Razafimahaleo (9,03 p. 100). Au lendemain de sa réélection, il fait adopter par référendum (75,3 p. 100 de « oui ») une réforme de la Constitution, qui renforce les pouvoirs du président de la République, modifie la structure administrative du pays et introduit l’anglais comme langue officielle, aux côtés du malagasy et du français.

3.5. 2

Organisation des pouvoirs

La Constitution de 1992 instaure un régime de type semi-présidentiel. Le président de la République est le chef de l’État et le chef de l’exécutif. Élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, il est rééligible deux fois. Il nomme le Premier ministre, qui est le chef du gouvernement, ainsi que les autres membres du gouvernement, sur proposition de ce dernier. Le pouvoir législatif est exercé par un Parlement bicaméral composé de l’Assemblée nationale et du Sénat. Les 160 députés de l’Assemblée nationale sont élus au suffrage universel pour un mandat de cinq ans ; le Sénat compte 90 membres, dont deux tiers sont élus au suffrage indirect pour un mandat de six ans, et un tiers est nommé par le chef de l’État. Le gouvernement est collectivement responsable devant le Parlement. Le président de la République a le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale. La réforme constitutionnelle promulguée en 2007 l’autorise aussi à légiférer par ordonnance « en cas d’urgence ou de catastrophe ».

Au niveau du découpage administratif, cette réforme supprime également les six provinces autonomes (Antananarivo, Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Toamasina et Toliara), remplacées, dans le cadre d’un plan de développement économique, par 22 Régions.

4

Économie

Madagascar est l’un des pays les plus pauvres du monde. En 2004, le produit national brut (PNB) était de 5,19 milliards de dollars, soit un PNB par habitant de 280 dollars. Le programme économique socialiste entrepris à partir de 1975 sous la présidence de Didier Ratsiraka est abandonné au milieu des années 1990 et laisse la place à une politique de privatisation et de libéralisation menée sous la conduite du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Ce changement de stratégie ne permet pas de véritable redressement de l’économie alors que le pays est fragilisé par des troubles sociaux et politiques et par une corruption endémique. La longue crise survenue à la suite de l’élection présidentielle de 2001 entraîne notamment une récession de l’activité industrielle atteignant 90 p. 100 dans certains secteurs. Avec l’arrivée au pouvoir de l’entrepreneur à succès Marc Ravalomanana en 2002 et la mise en œuvre une politique de réforme et de relance économique volontariste, soutenue par les institutions financières internationales, le pays renoue avec une croissance soutenue dès 2004. De grands chantiers publics sont lancés, en particulier dans la lutte contre la corruption, l’amélioration du réseau routier, de l’éducation et de la santé de base. En 2004, 72 p. 100 de la population malgache vivait sous le seuil de pauvreté.

4.1

Agriculture

L’économie malgache est essentiellement agricole : l’agriculture occupe 78 p. 100 (2002) de la population active et représente 27,5 p. 100 du PIB. Le relief montagneux et l’érosion dramatique des sols réduisent les surfaces cultivables à 5,1 p. 100 de la superficie totale. L’agriculture est également tributaire des conditions climatiques, en particulier des cyclones qui produisent de graves dégâts de manière récurrente.

L’essentiel de la production est destiné à la consommation intérieure et l’autosuffisance est à peine atteinte. Les principales cultures sont le riz (3 485 000 t en 2006), le manioc (2 358 775 t), les haricots, le maïs (293 464 t), les patates douces (526 238 t), les pommes de terre (220 000 t) et le taro (200 000 t). Le café, les clous de girofle, la canne à sucre, le sisal, le tabac et la vanille (dont Madagascar est l’un des principaux producteurs au monde) sont destinés à l’exportation. Pays d’élevage, Madagascar possédait en 2006 un cheptel de 9,69 millions de bovins, 1,2 million de caprins et 1,6 million de porcs, qui restent dans le circuit national.

En 2006, l’exploitation forestière a produit 11,5 millions de m3 de bois, utilisé principalement pour la satisfaction des besoins locaux (bois de cuisson, de chauffe et pâte à papier). Des programmes de reforestation des Hautes Terres, les plus touchées par l’érosion, et de gestion écologique des zones exploitées ont été mis en place. Traditionnellement peu commercialisés, les produits de la pêche (144 900 en 2005) — en particulier les crevettes — tendent à constituer une source de revenus d’exportation de plus en plus importante.

4.2

Mines et industries

La production minière (chromite, mica, graphite, sel et pierres précieuses) demeure marginale. Le secteur industriel, qui occupe 6,7 p. 100 (2002) de la population active, contribue pour 15,3 p. 100 au PIB. Il est dominé par les industries alimentaires (conserves de viande, brasseries et raffinage de sucre). Le raffinage du pétrole et l’assemblage des véhicules automobiles se développent ainsi que la confection, branche favorisée par la création de zones franches en 1990. Depuis 1997, les capitaux étrangers investissent dans la prospection pétrolière et ont acquis des droits d’exploitation des gisements de cobalt et de nickel.

En 2003, Madagascar produisait annuellement 825,4 millions de kilowatts-heure. 66,08 p. 100 de l’électricité est d’origine hydroélectrique grâce aux nombreuses rivières que compte le pays.

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