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En 1991, après une série de grèves générales et de manifestations massives dans les rues de la capitale — violemment réprimées par les forces de l’ordre —, le président malgache amorce une démocratisation du régime, avec la mise en place d’un gouvernement de transition. Après l’adoption par référendum, en 1992, d’une nouvelle Constitution, l’élection présidentielle de 1993 voit l’arrivée au pouvoir du professeur en médecine Albert Zafy, choisi pour son intégrité. Mais la démocratisation demeure fragile, comme en témoigne le retour à un régime présidentiel fort, entériné par un référendum en septembre 1995. La tâche des nouvelles autorités civiles est rendue plus difficile par la situation économique, laquelle nourrit le conflit entre le président Zafy, son Premier ministre et les institutions financières internationales (Banque mondiale et Fonds monétaire international). La popularité des dirigeants malgaches est entamée par des affaires financières, liées au « financement parallèle » de la dette et causées notamment par le manque d’autorité du président Zafy et son impuissance à combattre la corruption.
Mécontente de la réforme constitutionnelle permettant au président, et non plus à l’Assemblée, de nommer le Premier ministre, l’Assemblée destitue Zafy en 1996, année de la destruction par un incendie du palais de la reine, un symbole national. L’élection présidentielle de décembre 1996 voit l’affrontement des deux anciens présidents, et Didier Ratsiraka l’emporte de justesse face à Albert Zafy (avec 50,7 p. 100 des voix), mais le résultat est contesté par l’opposition. Il en est de même lors des élections législatives d’avril 1998, les partis de l’opposition réunis au sein des Forces vives accusant le pouvoir d’avoir manipulé les listes électorales. Tentant de faire oublier son passé, le président Ratsiraka se lance dans une nouvelle politique visant à promouvoir une « république humaniste et écologiste » et fait voter une nouvelle Constitution. Il renoue également avec les grandes institutions financières internationales pour solliciter un réaménagement de la dette. La situation économique s’améliore un peu (croissance de 4,8 p. 100 en 2000, contre 1,6 p. 100 l’année précédente) tandis que le parti au pouvoir, l’Arema (Avant-garde du renouveau de Madagascar), remporte largement les élections municipales et provinciales en 2000, puis sénatoriales en 2001.
L’élection présidentielle de décembre 2001, qui oppose Didier Ratsiraka, président sortant, à Marc Ravalomanana, maire d’Antananarivo, marque le début d’une crise politique qui s’enlise pendant des mois. Si Marc Ravalomanana exige la reconnaissance de sa victoire face à Didier Ratsiraka dès le premier tour, avec 52,15 p. 100 des voix, les résultats officiels le créditent de 46,21 p. 100 des voix, contre 40,89 p. 100 pour Didier Ratsiraka. Des manifestations répétées de soutien à Marc Ravalomanana ont lieu, réunissant des centaines de milliers de personnes, en particulier dans la capitale et les grandes villes des plateaux, tandis que la grève générale est décrétée. Au terme d’un face-à-face de deux mois, Marc Ravalomanana s’autoproclame président le 22 février 2002. Face à lui, le président en titre, Didier Ratsiraka, décrète l’état d’urgence. Le 6 mai, un recomptage des bulletins de vote conduit à l’annonce de la victoire au premier tour de Marc Ravalomanana, mais Didier Ratsiraka refuse de quitter la présidence du pays. Des affrontements armés continuent d’opposer les troupes du maire d’Antananarivo et celles du président sortant, tandis que l’Organisation de l’unité africaine (OUA), qui se réunit à plusieurs reprises, préconise la tenue de nouvelles élections pour résoudre la crise malgache — proposition appuyée par la France. Le 26 juin 2002, les États-Unis reconnaissent Marc Ravalomanana comme le président de Madagascar, suivis le 3 juillet par la France. Le 5 juillet 2002, la crise malgache prend fin avec la capitulation de Didier Ratsiraka et son départ de l’île. Marc Ravolomanana devient le président légitime de Madagascar, et ouvre une enquête sur les crimes commis par Didier Ratsiraka pendant son long exercice du pouvoir. Toutefois, l’OUA puis la nouvelle Union africaine (inaugurée début juillet) refusent de le reconnaître. Dans le pays, ces mois de troubles ont engendré une importante crise économique, avec une récession de l’activité industrielle pouvant atteindre 90 p. 100 dans certains secteurs ; la situation chronique de malnutrition touchant une grande partie de la population s’est aggravée.
Les élections législatives anticipées de décembre 2002, qui se déroulent dans le calme, et globalement dans la régularité, finissent d’asseoir la légitimité du président Marc Ravalomanana en lui offrant sa consécration populaire. Son parti, Tiako i Madagasikara (TIM, « J’aime Madagascar »), remporte 102 des 160 sièges à l’Assemblée nationale ; l’ancien parti au pouvoir, l’Arema (Avant-garde du renouveau de Madagascar), ne dispose que de trois députés (contre une soixantaine dans la précédente législature). En juillet 2003, Madagascar réintègre l’Union africaine. Après avoir dû s’attacher en premier lieu à redresser l’économie effondrée à la suite de la longue crise qui a secoué le pays — en 2003, Madagascar connaît une forte croissance —, Marc Ravalomanana entame une série de réformes de fond et de mesures symboliquement fortes. Ainsi, en juillet 2003, le franc malgache est remplacé par l’ariary (la monnaie traditionnelle malgache). Une campagne de lutte contre la corruption est mise en place, qui comprend notamment la suppression des taxes d’importation et des droits fiscaux sur plusieurs centaines de biens d’équipement et de produits de consommation courante. Des mesures sont également prises pour attirer les investisseurs étrangers, incluant l’autorisation pour les étrangers d’accéder à la propriété foncière sur le sol malgache (une mesure par ailleurs impopulaire, qui prend le contre-pied d’un état de fait millénaire). Des projets d’investissements publics sont également lancés dans les domaines de l’amélioration de l’éducation et du réseau routier. La continuité de cette politique est favorisée par la réélection en décembre 2006 de Marc Ravalomanana pour un second mandat dès le premier tour du scrutin.
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