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Plan de l'article
Présentation ; Des mers du Sud à la littérature ; Le roman maritime ; Romans de mœurs et romans historiques ; Le créateur du roman-feuilleton populaire ; L’exil
Sue, Eugène (1804-1857), écrivain français, maître du roman maritime et du roman populaire.
Né à Paris, Marie-Joseph Sue est le fils d’un chirurgien célèbre et le filleul de l’impératrice Joséphine et d’Eugène de Beauharnais. Il abandonne le collège Bourbon, ancien lycée Bonaparte, où il a été admis en classe de rhétorique, pour entrer à la maison militaire du roi (1821). De 1823 à 1825, il participe à la campagne d’Espagne en qualité de chirurgien auxiliaire, puis est affecté à l’hôpital militaire de Toulon. Les deux années suivantes, il navigue dans les mers du Sud, aux Antilles et en Grèce, et assiste à la bataille de Navarin en 1827. À partir de 1830, après la mort de son père en 1829, qui le place à la tête d’une solide fortune, Eugène Sue donne sa démission et s’établit à Paris. Il mène alors une vie de dandy et fréquente les milieux littéraires et artistiques de la capitale. Ses voyages, riches en couleurs et en drames, inspirent naturellement l’homme de lettres lorsqu’il se met à écrire.
À cette époque, le roman maritime est un genre à la mode, qui concurrence sérieusement le roman historique. En mars 1830 paraît en trois livraisons, dans la revue la Mode, le premier ouvrage de Sue, Kernok le Pirate, suivi par El Gitano, réunis l’année suivante sous le titre de Plik et Plok. Il écrit ensuite, dans le même registre, Atar-Gull (1831) et la Salamandre (1832), puis la Cucaratcha (1832-1834), la Vigie de Koat-Ven (1833), et enfin une inachevée Histoire de la marine française en cinq volumes (1835-1841) suivie d’une Histoire de la marine militaire de tous les peuples (1841).
Pour se tirer de terribles soucis financiers, Eugène Sue se trouve contraint de vivre de sa plume. Il change alors de genre, s’intéresse aux mœurs mondaines (Cécile, 1835), et s’attelle à des sujets historiques. Il publie ainsi successivement Lautréamont (1837), Arthur et Deleytar (1838), le Marquis de Létorières (1839), Jean Cavalier ou les Fanatiques des Cévennes (1840). Ce sont cependant ses romans de mœurs qui lui valent le succès et l’adhésion de la critique. Mathilde ou Mémoires d’une jeune femme (1841), son premier grand roman-feuilleton, est aussi le premier dans l’histoire du genre à connaître des prolongements imprévus encouragés par l’engouement des lecteurs. Dans cette même veine, il publie ensuite en 1842 Thérèse Dunoyer, Paula Monti puis le Morne au diable.
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