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Sue, EugèneArticle
Plan de l'article
Présentation ; Des mers du Sud à la littérature ; Le roman maritime ; Romans de mœurs et romans historiques ; Le créateur du roman-feuilleton populaire ; L’exil
Avec la parution en feuilleton, dans le Journal des débats en 1842-1843, des Mystères de Paris, Eugène Sue connaît son premier grand succès romanesque. Récit mondain, cette œuvre est aussi un roman d’aventures exotiques où les « Apaches » de Paris remplacent ceux de l’Amérique. Mettant en scène les marginaux de la capitale, les pauvres, les ouvriers, les bandits, avec leur langage propre, leurs mœurs et leurs destins, il est surtout considéré comme l’un des premiers romans populaires. Toutes les couches de la société sont suspendues aux péripéties de ce drame quotidien. « Des malades, affirmait ironiquement Théophile Gautier, ont attendu pour mourir la fin des Mystères de Paris. »
En 1844, Eugène Sue entreprend de publier le Juif errant dans le Constitutionnel. Aussitôt, vingt mille lecteurs s’abonnent à ce journal. Violent pamphlet anticlérical, le roman conte les multiples péripéties de la lutte menée entre les descendants du Juif errant, héritiers d’une immense fortune, et la Compagnie de Jésus, qui veut la détourner à son profit. Devenu un maître incontesté des romans-feuilletons, pour lesquels la presse se dispute les parutions, Eugène Sue continue dans cette veine florissante (Mémoires d'un valet de chambre, 1846 ; les Sept Péchés capitaux, 1847-1849), ce qui lui vaut de se faire surnommer par Honoré de Balzac « le suif errant » ou « l’épicier de la littérature ».
En 1848, après la proclamation de la IIe République, Eugène Sue publie un manifeste dans le Républicain des campagnes, pour inciter les paysans du Loiret à voter pour le programme socialiste. Élu député de Paris en 1848, il commence à rédiger la vaste fresque en seize volumes des Mystères du peuple ou Histoire d’une famille de prolétaires à travers les âges (1849-1856). Le texte, violemment polémique, est condamné par la cour d’assises de Paris comme « immoral et séditieux » ; il est détruit en 1857, mais réédité à Bruxelles en 1865. Arrêté lors du coup d'État de 1851, Eugène Sue s’exile volontairement en Savoie et se fixe à Annecy-le-Vieux, d’où il n’obtiendra jamais la permission de rentrer en France. Fervent opposant au régime en place, il se lance dans une lutte farouche contre le système en publiant des brochure anti-bonapartistes comme Jeanne et Louise ou les Familles de transportés (1852) ou encore la France sous l’Empire (1857). Parallèlement, il poursuit inlassablement la publication de romans-feuilletons avec les Misères des enfants trouvés (1851), la Famille Jouffroy (1854), le Diable médecin (1855-1857) et les Secrets de l’oreiller (1858). L’œuvre d’Eugène Sue a exercé une influence non négligeable sur ses contemporains, et il est communément considéré comme un précurseur du réalisme.
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