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Plan de l'article
Présentation ; L’ascension d’un autodidacte ; Au-delà de l’héritage funk ; L’explosion populaire ; Conflits et remise en question ; Le renouveau d’un artiste apaisé
Prince (né en 1958), auteur, compositeur, interprète et multi-instrumentiste de funk, pop et rock américain. Artiste complet et imprévisible aux influences multiples, Prince a su initier et mener à bien la fusion de la musique funk avec la soul, le jazz et la pop tout en conservant une forte identité personnelle.
Né à Minneapolis (Minnesota) de parents musiciens de jazz, Prince Roger Nelson, dit Prince, maîtrise dès l’adolescence plusieurs instruments : guitare, piano, saxophone et batterie. Élève moyen au lycée, il préfère se consacrer à la musique et monte un premier groupe avec quelques amis ; la formation interprète essentiellement des reprises disco et cultive — déjà — une attitude exubérante qui lui assure une certaine notoriété à l’échelle locale. À seize ans, Prince quitte l’école et décide de composer des chansons, qu’il enregistre aussitôt en studio. En 1977, son manager lui permet de signer son premier contrat, avec la prestigieuse maison de disques Warner Bros. Records ; la carrière de Prince est lancée.
Remarqué dès son premier album For You (1978), Prince ébauche un style mêlant musique soul, rock et funk. Si ce premier opus ne parvient pas à transcender les nombreuses influences dont il se nourrit (parmi lesquelles Stevie Wonder), l’agilité vocale et rythmique de Prince, son sens inné des arrangements et son goût des mélodies accrocheuses éclatent dès le deuxième album, Prince (1979), dont est extrait le single « I Wanna Be Your Lover », aux premières connotations sexuelles explicites. Dirty Mind (1980) marque une étape importante dans l’évolution artistique de Prince, maître d’œuvre — il joue de tous les instruments et enregistre dans son propre studio — d’un album aux accents rock, mais aussi particulièrement éclectique et visionnaire en ce qu’il constitue l’un des premiers exemples réussis de fusion des genres. Controversy (1981) s’inscrit dans la même lignée et ajoute une dimension revendicatrice et politique aux paroles, comme en témoignent des chansons telles que « Controversy » ou « Ronnie, Talk To Russia ». Musicalement, Prince participe à l’engouement de l’époque pour les synthétiseurs, incorporant ainsi par endroits une tonalité new wave à ses compositions. Cette première période marquée par un affranchissement des canons de la musique funk culmine avec 1999 (1982), qui contient notamment le morceau « Little Red Corvette ».
Purple Rain (1984) est le premier disque publié sous le nom de Prince and the Revolution. « Let’s Go Crazy », « When Doves Cry » et la chanson-titre « Purple Rain » (célèbre pour son fameux solo de guitare) sont les morceaux de bravoure d’un album riche, cohérent et accessible, où le funk se marie parfaitement au rock et à la musique pop. Accompagné par un film au même titre, Purple Rain consacre Prince sur la scène internationale. Si Around the World in A Day (1985) et Parade (1986, bande originale du film Under the Cherry Moon) ne bénéficient pas du même accueil triomphal, ils illustrent néanmoins la capacité de Prince à renouveler son langage musical, qui se teinte ici d’un psychédélisme à la fois moderne et hérité des Beatles. « Raspberry Berret » et « Kiss » sont les principaux succès populaires et commerciaux attachés à cette période. Vient ensuite la pierre angulaire de la discographie de Prince, unanimement considéré comme son chef-d’œuvre, le double album Sign o’ the Times (1987). Conformément à une démarche d’ouverture présente depuis For You, tous les genres musicaux sont abordés dans une exceptionnelle vague de créativité, de virtuosité et de melting-pot ; la tonalité donnée aux textes est néanmoins plus pessimiste et fataliste qu’au début de la décennie. L’importance du Black Album (1987) est également significative dans la carrière de Prince : bloqué par l’artiste lui-même et par la maison de disques, il ne paraît officiellement qu’en 1994, mais acquiert entre-temps un statut « mythique » puisque de nombreuses copies sont mises à la disposition du public par l’intermédiaire de réseaux parallèles. Les années 1980 s’achèvent pour Prince par trois albums de moindre envergure : Lovesexy (1988) et les bandes originales de Batman (1989) et Graffiti Bridge (1990) ; ce dernier contient une collaboration avec George Clinton, figure emblématique du funk et l’une des influences majeures de Prince.
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