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Présentation ; Les préparatifs de la première expédition ; La première traversée de l’Atlantique (1492-1493) ; La deuxième traversée (1493-1495) ; La troisième traversée (1498-1500) ; La quatrième et dernière traversée (1502-1504)
Colomb, Christophe (1451-1506), navigateur espagnol d’origine italienne, premier explorateur européen à avoir traversé l’Atlantique et atteint l’Amérique. Né à Gênes, Christophe Colomb est fils de tisserand. Il semble avoir exercé ce même métier durant sa jeunesse. Au service des comptoirs de Gênes, alors l’une des villes les plus puissantes d’Europe, il navigue dans un premier temps en Méditerranée et jusqu’en Angleterre. Sa première expédition en tant que négociant le conduit vers l’île de Khíos, dans la mer Égée. En 1476, alors qu’il vogue en convoi à destination de l’Angleterre , sa flotte est attaquée par des corsaires. Christophe Colomb trouve refuge, puis s’installe à Lisbonne, où demeure déjà son frère Barthélemy, cartographe. En 1479, il épouse la fille du gouverneur de l’île de Porto Santo. De cette union naît en 1480 un jeune Diego. Durant toute cette période, Christophe Colomb ne cesse de naviguer de l’Islande à l’Afrique noire, dont le littoral occidental est déjà fréquenté depuis un demi-siècle par les Portugais.
Tirant profit d’informations glanées au cours de ses différents voyages et se fondant sur ses lectures et sur l’étude de cartes maritimes et terrestres, Christophe Colomb parvient à la conclusion que la Terre est un quart plus petite que ce qui est alors communément admis, et qu’elle se compose principalement de terres. S’appuyant sur ces interprétations erronées, il en déduit que l’Asie peut être facilement atteinte en naviguant vers l’ouest. En 1484, il présente ses théories à Jean II le Parfait, roi du Portugal, et lui demande de financer une traversée de l’Atlantique en direction de l’ouest ; sa requête est rejetée par une commission royale chargée des questions maritimes en raison d’erreurs de calcul, mais aussi parce que des navires portugais sont sur le point de trouver une route maritime vers l’Asie par contournement de l’Afrique. Christophe Colomb part alors pour l’Espagne, où ses projets reçoivent le soutien de plusieurs personnalités influentes ; en 1486, il obtient d’être introduit auprès d’Isabelle Ire, reine de Castille. Toutefois, une commission royale espagnole lui oppose à nouveau un refus. Christophe Colomb persévère néanmoins et, après la fin de la Reconquista et la prise de Grenade, en avril 1492, ses efforts sont enfin récompensés : Ferdinand V, roi de Castille, et la reine Isabelle acceptent de financer son expédition. Selon les termes du contrat signé, Colomb devient amiral de la mer Océane et vice-roi de tous les territoires qu’il est amené à découvrir ; il bénéficie également d’un titre de pairie héréditaire et d’un dixième de tous les métaux précieux trouvés dans les territoires soumis à son autorité.
La première expédition de Christophe Colomb ne se compose que de trois navires : la Santa María, bâtiment ponté d’une longueur de 30 m placé sous le commandement de Colomb, la Pinta et la Niña, deux caravelles de 15 m de long, commandées respectivement par Martín Alonzo Pinzón, un riche armateur, et par son frère Vicente Yáñez Pinzón (voir Pinzón). La flotte part de Palos, en Espagne, le 3 août 1492, et transporte probablement quatre-vingt-dix hommes. Colomb choisit de naviguer d’abord vers le sud ; aux îles Canaries a lieu un premier mouillage, afin de réparer un des bateaux. Le 6 septembre, les trois vaisseaux appareillent à nouveau et se dirigent droit vers l’ouest. Colomb maintient son cap, malgré les craintes de l’équipage, jusqu’au 7 octobre, puis, sur les conseils de Martín Pinzón, il fait route vers le sud-ouest. Le 12 octobre 1492, avant l’aube, une terre devient visible à l’horizon et, tôt dans la matinée, l’expédition débarque à Guanahaní, une île des Bahamas. Devant un attroupement d’Indiens, Christophe Colomb déclare que, par droit de conquête, leur île appartient désormais à l’Espagne et il la baptise du nom de San Salvador, qui signifie « saint sauveur » (des recherches récentes laissent toutefois à penser que l’île en question était peut-être Samana Cay). Au cours des semaines suivantes, Colomb, toujours persuadé d’avoir débarqué en Asie, se rend sur plusieurs îles : notamment Cuba, que Colomb dénomme Juana, en l’honneur d’une princesse espagnole, et La Española, devenu par la suite Hispaniola (comprenant les territoires actuels de la République dominicaine et de Haïti). En décembre de la même année, la Santa María fait naufrage au large des côtes d’Hispaniola. Les débris du naufrage servent à construire un fort (appelé Navidad) dans lequel est installée une garnison de moins de quarante hommes. En janvier 1493, l’expédition entreprend son voyage de retour. Colomb choisit de mettre le cap sur le nord avant de virer de bord en direction de l’est. Grâce aux vents d’ouest favorables, il peut regagner sans encombres le continent européen. En quelques mois, Christophe Colomb a ainsi fait trois découvertes majeures qui se complètent l’une l’autre : en premier lieu la découverte d’un nouveau continent (même si Colomb n’en a pas pris conscience lui-même), ensuite la découverte du meilleur trajet maritime pour l’Amérique, et enfin celle du meilleur trajet de retour. Hasard ou intuition fulgurante, la route suivie par Colomb est restée la même pendant les quatre siècles de navigation à voile qui ont suivi cette traversée désormais légendaire. Naviguant le plus souvent à l’estime, avec une boussole pour tout instrument, Christophe Colomb, l’explorateur, était en effet également un marin d’exception.
À peine revenu sur le Vieux Continent, Christophe Colomb organise une deuxième expédition, plus ambitieuse puisque celle-ci comporte dix-sept vaisseaux et environ 1 500 hommes. Quittant l’Espagne en septembre 1493, l’expédition débarque successivement à la Dominique, en Guadeloupe et à Antigua. Le 27 novembre, les vaisseaux jettent l’ancre près de La Navidad, sur l’île Hispaniola, et découvrent que le fort a été détruit et ses hommes tués. Près de ce qui est aujourd’hui le cap Isabella, en République dominicaine, Colomb établit la colonie d’Isabella, première colonie d’Européens dans le Nouveau Monde. Il entreprend un voyage d’exploration au printemps 1494, établit le relevé de la côte de Cuba, persuadé qu’il ne s’agit pas d’une île mais d’une partie du continent asiatique, et parcourt l’île de la Jamaïque. Lorsqu’il retourne à Isabella le 29 septembre 1494, les colons y sont divisés par de graves dissensions, et certains d’entre eux sont déjà retournés en Espagne afin d’exposer leurs griefs. Très vite, les Européens s’aliènent par leur brutalité le comportement amical des Indiens ; c’est ainsi que Colomb, vainqueur des Indiens au cours d’une bataille en mars 1495, relègue la plupart d’entre eux en Espagne pour les vendre comme esclaves (voir esclavage). La reine Isabelle manifeste toutefois sa désapprobation et les survivants sont renvoyés dans leur pays d’origine. Lors de l’établissement de la nouvelle capitale de Saint-Domingue, une commission d’investigation royale est également dépêchée à Isabella en octobre 1495 ; cette commission se montre très critique envers la politique de Colomb. Afin de se justifier auprès de Ferdinand et Isabelle, Colomb décide de se rendre en Espagne, après avoir délégué son autorité à Barthélemy. Les accusations émises contre Colomb ne sont pas retenues et celui-ci obtient une promesse de financement pour une nouvelle flotte. Toutefois, l’enthousiasme pour cette entreprise (qui s’est avérée d’un si piètre rapport) est retombé, et Colomb doit attendre presque deux ans avant de lancer une nouvelle expédition composée de huit vaisseaux.
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