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Australie

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Australie : drapeau et hymneAustralie : drapeau et hymne
Plan de l'article
5.6

Le développement des institutions politiques

Le transfert de pouvoir aux colonies australiennes est facilité par l’adoption par la Grande-Bretagne du système de libre-échange à la fin des années 1840. Profitant de prix particulièrement concurrentiels et de conditions de revente avantageuses sur le marché européen, la Grande-Bretagne est en effet moins directement dépendante de ses colonies. C’est pourquoi, en 1850, en vertu de l’Australian Colonies Act, les colonies de Nouvelle-Galles du Sud, de Victoria, d’Australie-Méridionale et de la Terre de Van Diemen (qui prend le nom de Tasmanie en 1854) se voient accorder un gouvernement autonome. En 1855 environ, le pouvoir au sein des nouveaux systèmes de gouvernement est détenu par un cabinet, ou Conseil de ministres, responsable devant la Chambre basse élue par le peuple : en 1860, dans tous les États de l’Est, à l’exception de la Tasmanie, les élections se déroulent au suffrage universel. Le régime démocratique de ces nouveaux gouvernements est en outre particulièrement en avance sur son temps ; les nouvelles Constitutions reflètent, par exemple, les intérêts des populations urbaines en pleine croissance, qui veulent réduire le pouvoir politique des éleveurs ; ceux-ci parviennent cependant encore au cours des années 1850 et 1860 à asseoir davantage leur pouvoir.

5.7

La ruée vers l'or

La ruée vers l’or, découvert à Bathurst (Nouvelle-Galles du Sud) en 1851, puis à Bendigo, bouleverse le cours de l’histoire de l’Australie, entraînant notamment une augmentation brutale de la population : en 1861, la population de colons atteint environ 1,2 million de personnes, soit trois fois plus qu’en 1850.

La politique dite de « l’Australie blanche », visant à exclure du pays tout colon non européen, est vigoureusement défendue dès que pèsent de nouvelles menaces sur l’emploi ou la culture des Australiens blancs et devient politique nationale en 1901. Dans les années 1860, les filons aurifères commencent à s’épuiser ; bien que les colonies restent relativement prospères grâce à leurs exportations de laine, le rôle de l’État dans l’économie est remis en question. La construction du chemin de fer, en raison de son coût élevé, est ainsi placée sous la responsabilité du gouvernement. Tout au long des années 1870 et 1880, la lutte entre les partisans du libre-échange et ceux du protectionnisme divise la presse, les partis politiques et les colonies. Ajoutée aux jalousies permanentes entre les États, cette opposition bloque toutes les grandes tentatives de coopération et d’éventuelle union entre les six colonies jusque dans les années 1890.

5.8

Le traitement des Aborigènes

Les premiers contacts réguliers entre les Européens et les Aborigènes datent de l’arrivée de Phillip en 1788. Quelques grands conflits opposent les colons et la population indigène au cours des dix premières années de colonisation blanche : dans la Terre de Van Diemen, les communautés aborigènes sont exterminées et sur le continent, cherchant des terres pour leurs troupeaux de moutons, ils doivent se replier dans les régions arides de l’intérieur du pays. Certains Aborigènes sont employés dans des élevages de moutons, mais la plupart sont brutalement chassés et maltraités par les colons. La ségrégation se développe par l’établissement de réserves qui excluent les Aborigènes de la vie sociale. Leur nombre diminue régulièrement. Ce n’est que dans les années 1950 que leur traitement s’améliore progressivement.

5.9

Société et culture au xixe siècle

L’augmentation rapide de la population australienne entre 1830 et 1860 contribue à la croissance des six capitales. Les colonies s’urbanisent de plus en plus autour des points de colonisation initiale, dans les plaines côtières. Le déclin de l’exploitation aurifère dans l’État de Victoria et en Nouvelle-Galles du Sud dans les années 1860 contraint même les prospecteurs à émigrer vers les villes. Au tournant du siècle, Sydney et Melbourne figurent parmi les plus grandes villes du monde, bien que l’Australie reste dans son ensemble encore faiblement peuplée. Les autres colonies étant considérées comme des adversaires, seuls les liens avec la Grande-Bretagne importent et les phénomènes de rivalité se généralisent.

5.10

Vers la fédération

La fédération des colonies australiennes apparaît tardivement, même si l’idée d’unification est évoquée dès 1847 par Earl Grey, alors secrétaire d’État aux Affaires coloniales du Royaume-Uni. La création du dominion du Canada en 1867 incite les autorités britanniques à la prudence quant à d’éventuelles revendications similaires en Australie. Parallèlement, les inquiétudes australiennes face aux visées des Français, des Allemands, des Américains et des Asiatiques dans le Pacifique sont à l’origine du premier pas concret vers l’unification dans les années 1880. Soucieuses d’améliorer leur défense et craignant de ne pouvoir diriger la politique britannique dans le sens de leur intérêt, les colonies australiennes créent, en 1885, un Conseil fédéral destiné à coordonner leur action. Toutefois, la Nouvelle-Galles du Sud refuse de l’intégrer et le conseil est réduit à un centre de débats sans pouvoirs exécutifs. Le mouvement fédératif aboutit toutefois en 1901, avec la création du Commonwealth of Australia. Les six États australiens sont alors dotés d’un gouvernement fédéral. Le Territoire de la Capitale australienne est créé en 1911 pour accueillir la nouvelle capitale, Canberra, suivant le modèle américain de Washington.

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