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féodalité

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Représentation de serfs au Moyen ÂgeReprésentation de serfs au Moyen Âge
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3.2

Hommage lige

En dehors des cas de rupture, le jeu politique dans le système féodal est rendu possible par la pluralité des engagements d’un même vassal, qui possède en outre ses propres vassaux, jusqu’au terme ultime du vavasseur, c’est-à-dire celui qui n’a pas de vassaux. La faculté de devenir l’homme de plusieurs seigneurs permet aux vassaux d’accorder au plus offrant une fidélité préférentielle. Pour se prémunir contre l’anarchie qui peut en résulter, les seigneurs les plus puissants tentent de se faire prêter par leurs vassaux un hommage prééminent : l’hommage lige. Mais, pour imposer un véritable service et soumettre son vassal à son autorité souveraine, le seigneur doit justifier de sa supériorité, mais cela ne concerne que ce qui relève de la foi jurée. Pour le reste, en cas de dommage, les alliances féodales étant discontinues, et en l’absence d’une puissance capable de rétablir un chevalier dans son droit, un seigneur ne peut avoir recours qu’à la vengeance et à la guerre privée.

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Les monarchies féodales

La ligesse est plus vigoureuse et plus proche des modèles théoriques en Angleterre normande que dans la France septentrionale où elle s’est formée entre 980 et 1070. Plus accomplie en France et en Germanie, où elle n’apparaît qu’au XIIe siècle, la féodalité ne connaît pas d’achèvement en Italie et en Sicile, où la tradition antique est encore forte et où les riches vassaux participent de manière précoce à la vie urbaine en investissant les revenus qu’ils tirent de la terre dans le commerce et la transformation de matières premières. En Espagne, la féodalité est encore plus inachevée, les chrétiens de la péninsule se consacrant à la Reconquista. Les rois, en effet, n’abandonnent pas tous leurs pouvoirs aux féodaux sur les terres reconquises et doivent accorder de larges libertés aux combattants et aux colons qu’ils attirent sur les terres gagnées sur les musulmans. Dans les pays slaves et scandinaves, la féodalité, plus tardive, montre aussi des spécificités régionales.

Quand l’autorité monarchique reprend vigueur au XIIe siècle, elle profite de conditions économiques favorables, de l’essor de la production, des échanges, des monnaies et des communications qui suppriment les conditions matérielles ayant favorisé la pulvérisation des pouvoirs.

Dans un premier temps, la monarchie opère dans le cadre des institutions féodales. Les souverains, qui n’ont jamais prêté hommage à autrui, s’efforcent de faire rentrer toutes les puissances régionales de leur royaume dans leur suzeraineté. Ils parviennent à se faire reconnaître de leurs arrière-vassaux, constituant peu à peu une chaîne de relais successifs, sous forme pyramidale, de tous les feudataires du royaume. Les souverains médiévaux ne conçoivent jamais leur pouvoir autrement que comme celui d’un seigneur féodal à la tête de la hiérarchie de ses hommages, aidé par l’ost de tous les vassaux réunis à sa cour afin de le conseiller. C’est pour cela que Louis IX restitue à Henri III, en 1259, les provinces anglaises qu’il vient de conquérir, pour obtenir que le roi d’Angleterre devienne son « homme » et lui jure fidélité.

Les rois savent aussi combler les imprécisions du droit féodal au niveau des services en instituant l’obligation pour les vassaux de combattre gratuitement quarante jours par an, et proposent de les payer au-delà de cette durée. Ils exigent de ceux qui ne veulent pas combattre (ou ne le peuvent pas) le paiement d’une taxe en argent. On peut désormais récompenser un serviteur ou un officier par un gage en argent et lever des combattants salariés ou « soldats ».

Les souverains attirent devant leur propre cour ou devant les assises de justice que tiennent leurs représentants toutes les causes relevant du fief et des obligations vassaliques. La confiscation du fief, naguère simple menace, devient réelle. C’est ainsi que Philippe Auguste utilise la commise contre Jean sans Terre pour accaparer son fief de Normandie et l’adjoindre au domaine royal (1204). Enfin, des charges financières sont instituées au moment de l’investiture des fiefs. Ces droits de succession peuvent atteindre une année des revenus du fief. Ce processus est l’une des voies de la reconstitution d’une fiscalité monarchique. En France, une aide financière supplémentaire est imposée aux vassaux dans quatre cas précis (l’aide aux quatre cas) : pour le départ en Terre sainte, l’adoubement du fils aîné, le mariage de la fille aînée, le paiement de la rançon du seigneur.

Pourtant, le sacre donne un pouvoir plus important au roi qu’au suzerain. L’Église attribue au caractère sacré du roi une délégation de pouvoir divin élargie à toute l’étendue du royaume, une faculté de conduire tout le peuple à son salut, d’offrir la paix du roi, d’essence bien supérieure à un hommage royal. Le caractère sacré de la monarchie lui permet de se dégager des structures féodo-vassaliques et de développer l’idée d’État.

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La féodalité tardive

L’affaiblissement de l’autorité monarchique est l’occasion de turbulences féodales où l’on peut voir des clientèles guerrières se rallier à de puissants nobles pour obtenir l’autonomie et renverser les forces centralisatrices des monarchies modernes. Aux XIVe et XVe siècles, en Angleterre où ces clientèles guerrières sont payées par les barons avec des fiefs-rentes, c’est-à-dire des revenus en numéraires régulièrement distribués aux chevaliers, la rébellion contre le pouvoir royal a eu une certaine efficacité. Les historiens anglais appellent ce mouvement « féodalité bâtarde ».

Les aspects les plus tenaces de la féodalité se manifestent au niveau des attitudes mentales. Certains termes, comme l’hommage, la cour, le courage ou la loyauté, ont longtemps gardé leur sens originel. La valeur accordée aux qualités militaires et la notion d’honneur ont durablement imprégné l’univers psychologique des sociétés de l’Ancien Régime. D’autres images de la vassalité marquent les représentations comme celle d’un Dieu siégeant au milieu de sa cour céleste ou de l’amant servant sa dame comme un vassal son seigneur (voir courtois, courtoisie).

En France, certains hommes continuent à faire le geste de l’hommage et à donner leur foi à celui dont ils se disent vassal. Les liens d’homme à homme subsistent à l’époque moderne, mais la concession féodale n’y est plus qu’un mode d’aménagement des relations foncières. La science juridique des feudistes prend une ampleur exceptionnelle au XVIIIe siècle, mais elle ne concerne plus alors que le régime foncier des tenures. Confondant seigneurie et féodalité, on en vient à qualifier de droits féodaux ceux qui pèsent sur les tenures féodales et qui sont abolis en France la nuit du 4 août 1789. En fait, la Révolution a attaqué la seigneurie rurale bien davantage que la féodalité proprement dite, déjà morte depuis longtemps.

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