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Plan de l'article
Présentation ; Musique et son ; Systèmes musicaux ; Musique et société ; La musique au XXe siècle ; De l'émotion à la structure
musique, art né de la combinaison ordonnée de sons accompagnant initialement la parole, la danse et le culte religieux, pour s'en détacher au fil du temps et devenir le mode d'expression artistique le plus abstrait. Composante essentielle de toute culture, dont les origines remontent aux sociétés les plus anciennes, la musique se caractérise par une très grande variété de structures, de formes et de techniques, selon les régions géographiques ou les périodes historiques. Ainsi, les musiciens européens accordaient un rôle prédominant à la mélodie, tandis qu'en Afrique le rythme représente l'élément central de la musique. Ces caractéristiques sont liées au statut social, culturel et historique de cette activité dans les diverses sociétés, à son rapport à la conscience, ainsi qu'au corps et à l'environnement de l'être humain.
Si la musique s'exprime à travers le son, c'est-à-dire des vibrations acoustiques transmises au tympan et au reste du corps, encore faut-il différencier clairement un son « musical » d'un son non musical ou, plus communément, d'un bruit. Selon la définition scientifique, le son est une sensation auditive causée par des vibrations propagées dans l'air. Le son se caractérise acoustiquement par plusieurs paramètres principaux : la hauteur, ou fréquence du son (plus le nombre de vibrations pour un temps donné est grand, plus le son est aigu et vice versa) ; l'intensité, ou amplitude des vibrations (plus celle-ci est élevée, plus le son est fort) ; le timbre, c'est-à-dire les vibrations particulières à un son qui permettent à l'oreille humaine de le reconnaître et d'en identifier la source — ce qui différencie, par exemple, un violon d'un piano. Les ondes vibratoires responsables d'un son produisent des cycles réguliers, qui forment des séries calculables mathématiquement. La fréquence fondamentale d'un son est ainsi suivie de sons « partiels » qui constituent les harmoniques de ce son. C'est cette propriété des sons que Pythagore a mesurée à l'aide d'un monocorde (une corde tendue sur un support gradué), établissant ainsi les échelles musicales grecques en intervalles, dont l'unité de base équivalait au ton (douzième d'une octave) et qui comprenait les principaux degrés de la gamme naturelle : octave, quarte, etc. Ces règles représentent le fondement de la conception occidentale de la musique. Toutefois, les autres cultures humaines ont toutes au moins la connaissance intuitive de l'octave (correspondant à un cycle vibratoire précis), qu'elles ont divisée à leur manière, en tons ou en intervalles parfois plus petits ou plus grands. Il existe ainsi une gamme siamoise divisant l'octave en sept intervalles relativement égaux ; en Inde, l'octave se divise en vingt-trois intervalles, et comprend donc vingt-deux degrés (appelés shrutis), plus un pour atteindre l'octave ; ces intervalles ne sont pas égaux, et approchent parfois le huitième de ton. Dans la théorie moderne de la musique occidentale, un son est musical s'il est « déterminé », c'est-à-dire produit par les vibrations régulières de corps élastiques comme des cordes. Le son non musical, ou bruit, est considéré comme « indéterminé », ce qui revient notamment à dire que l'on ne peut lui attribuer une note (une hauteur) précise. La réalité physique est moins simple : plus le son est complexe (plus grand est le nombre de vibrations définissant son timbre), plus l'oreille humaine a du mal à l'analyser et à lui reconnaître une qualité « musicale » ; elle va alors le considérer comme un « bruit ». La notion de son musical, dépend ainsi davantage de critères culturels qu'acoustiques : chaque civilisation a développé à sa manière la perception du son, selon son environnement (les instruments) et son histoire ; l'art de la musique a cependant quelques caractéristiques universelles, qui transcendent cultures et générations.
La musique peut être décrite comme la juxtaposition de deux éléments : les sons et leur durée (qui constituent ensemble la mélodie et le rythme). La plus simple unité d'organisation musicale est la note, c'est-à-dire un son d'une hauteur et d'une longueur spécifiques dans un système donné (comme la gamme majeure occidentale). Autrement dit, la musique se compose de combinaisons de notes individuelles qui apparaissent successivement (mélodie) ou simultanément (harmonie) ou, comme c'est le cas dans la musique occidentale, les deux en même temps.
Les diverses cultures humaines ont produit au long des siècles des systèmes musicaux différents, mais la plupart d'entre eux ont suivi un chemin tonal : l'octave fut divisée en intervalles fondamentaux, pour arriver à des systèmes dont la plus petite unité était le demi-ton, le quart de ton (dans la musique arabe, par exemple) ou même des intervalles plus petits (comme dans la musique indienne). Deux grands types de systèmes fondamentaux se retrouvent dans beaucoup de cultures : ceux fondés sur la quarte (intervalle de deux tons et demi, de do à fa dans la gamme majeure occidentale) et ceux fondés sur la quinte (intervalle de trois tons et demi, de do à sol). Les musiques fondées sur la quinte ont donné des systèmes pentatoniques (gammes à cinq notes), comme la musique chinoise, celte, hongroise ou de nombreuses formes de musique africaine. Les musiques fondées sur la quarte ont donné notamment les tétracordes de la musique grecque, qui, combinés, ont abouti à des modes de sept notes, ancêtres de nos gammes occidentales.
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