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Joyce, JamesArticle
Plan de l'article
Présentation ; De Dublin à Zurich ; Des premières œuvres marquées par l’autobiographie ; Le « grand œuvre » de l’exil ; L’écrivain des épiphanies et de la complexité du monde
À travers toute son œuvre, Joyce associe divers symboles, entrecroise divers réseaux de signification afin de créer ce qu’il appelle une « épiphanie », « soudaine manifestation spirituelle, se traduisant par la vulgarité de la parole ou du geste ou bien par quelque phase mémorable de l’esprit même. » Ses premiers écrits comme ses ouvrages plus tardifs mettent au jour le décalage entre l’individu moderne, avec toute sa complexité et dans les divers aspects de ses relations familiales, et une société encore marquée par le monde rural, prisonnière de la tradition chrétienne. Les techniques utilisées par Joyce pour traduire la nature essentielle et cachée des choses sont révolutionnaires tout en s’inscrivant dans une tradition : sa démarche est en effet conforme à une très ancienne théorie littéraire selon laquelle la nature, la réalité profonde de la littérature est textuelle avant d’être factuelle. Mais Joyce pousse cette théorie jusqu’à ses conséquences les plus extrêmes. Ses écrits ont d’ailleurs moins d’épaisseur dans les faits relatés que dans la savante organisation, en strates et en entrelacs, de leur discours : avec Joyce, en ce sens inspiré par Mallarmé, le monde est fait pour aboutir à un Livre qui en dirait la quintessence. Joyce doit aussi se lire comme le contemporain de Proust, chez qui la perception des choses est réfractée, la mémoire opérant comme un miroir déformant.
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