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Résultats avec Windows Live® Search inconscient (psychanalyse)Article
Plan de l'article
Présentation ; Les prémices philosophiques de l’inconscient ; L’inconscient psychanalytique ; Les phénomènes cognitifs et sociaux inconscients
inconscient (psychanalyse), instance psychique constituée des représentations et des désirs inaccessibles à la conscience. La théorie de l’inconscient constitue la pierre angulaire de la psychanalyse. Pour Sigmund Freud, l’inconscient est une structure psychique essentielle et dynamique, déterminée par des mouvements pulsionnels refoulés. Le développement actuel des neurosciences permet d’étudier sous un angle nouveau la formation et les manifestations de l’inconscient, comme leurs relations avec les structures cérébrales. La pensée inconsciente présente également des dimensions cognitives et sociales, qui diffèrent de l’inconscient au sens psychanalytique du terme.
Au xviie siècle, des philosophes réfléchissant au fonctionnement de l’esprit humain supposent que des déterminismes inconscients influencent les comportements à l’insu des individus. Contrairement à René Descartes, qui refuse l’hypothèse de processus inconscients, Baruch Spinoza considère que la conscience ne peut rendre compte à elle seule de la pensée et des désirs. De même, Gottfried Leibniz, l’un des principaux penseurs de l’inconscient en philosophie, décrit dans ses Nouveaux Essais sur l’entendement humain (écrits en 1704) les perceptions infimes et innombrables, « sans aperception et réflexion », les « changements dans l’âme dont nous ne nous apercevons pas ». Ces petites perceptions ne sont pas directement accessibles à la conscience, mais elles s’intègrent les unes aux autres et forment des perceptions globales plus intenses, qui peuvent parvenir à la conscience. Pour Leibniz, la conscience émerge à partir de l’activité inconsciente. Il n’emploie pas explicitement le terme d’inconscient, contrairement aux philosophes allemands du xixe siècle tels Arthur Schopenhauer et Friedrich Nietzsche. L’inconscient se rapporte pour eux aux instincts, comme l’instinct sexuel, à une force vitale qui guide nos comportements et nos actions. Ainsi, pour Nietzsche, la conscience n’est que l’expression de pulsions corporelles inconscientes, une large partie de l’activité intellectuelle s’effectuant en dehors de la conscience.
S’il n’a pas « découvert » l’inconscient, Sigmund Freud a apporté des analyses indispensables à sa compréhension et en a fait l’hypothèse fondatrice de la théorie psychanalytique. En 1900, dans l’Interprétation des rêves, il décrit la vie psychique sous l’angle du sens des rêves, dont il montre qu’ils expriment et révèlent des désirs inconscients. Il distingue le contenu manifeste et le contenu latent, c’est-à-dire inconscient, pour comprendre la signification des rêves. Pour Freud, « le rêve est la voie royale qui mène à l’inconscient », notamment par la technique des associations libres. Dans cet ouvrage, acte de naissance de la psychanalyse, il montre que le psychisme fonctionne sur la base de deux types de processus, baptisés processus primaire et processus secondaire, régis respectivement par le principe de plaisir et le principe de réalité. Dans le cas du processus primaire, l’énergie est tournée vers la satisfaction immédiate des désirs, des pulsions ; il s’agit de processus inconscients, guidés par le principe de plaisir, selon lequel l’activité psychique tend à éviter le déplaisir et à rechercher une satisfaction. Les processus secondaires, conscients, dépendent du principe de réalité, qui vient corriger les conséquences du principe de plaisir en fonction des conditions du monde extérieur. Dans ce dispositif, le processus par lequel la psyché refuse l’accès à la conscience des pulsions, le refoulement, est un élément essentiel de la formation de l’inconscient : il est un mode de défense qui oblige des désirs et des pensées à rester en dehors de la conscience. L’apport principal de Freud est d’avoir considéré l’inconscient comme une structure centrale du psychisme, dotée d’une dynamique propre. L’appareil psychique est donc largement inconscient, composé de pulsions refoulées et de résistances destinées à protéger la conscience de leurs intrusions puissantes et permanentes. Formé depuis l’enfance, avec les interdits parentaux, l’inconscient se développe pour devenir un réservoir d’énergies, de fantasmes, d’émotions, de tensions qui ne peuvent s’exprimer socialement. Néanmoins, les désirs inconscients trouvent un mode d’expression en déformant ou contournant la censure, par le biais des rêves, des actes manqués, des lapsus.
Pour expliquer le fonctionnement psychique, Freud propose deux théories, correspondant à deux étapes de sa réflexion. La première théorie (connue sous le nom de première topique), formalisée à partir de 1896, propose la description de trois systèmes complémentaires : le conscient, partie la plus externe et superficielle du psychisme ; le préconscient, qui limite les expressions pulsionnelles en les refoulant ; et l’inconscient, qui est l’instance la plus archaïque de l’appareil psychique. La seconde topique, initiée dans les années 1920 à la suite de la mise en évidence des principes de plaisir et de réalité, complète les systèmes précédents par trois structures psychiques : le ça, le surmoi et le moi. Le ça, totalement inconscient, est le domaine des pulsions, notamment les pulsions sexuelles (ou libido), qui recherchent les satisfactions les plus immédiates. Il s’agit d’une force primitive, opposée à la raison, que Freud compare à une « marmite pleine d’émotions bouillonnantes ». Sa puissance, pour Freud, « tend à satisfaire les besoins innés de l’individu ». Le surmoi, également dans l’inconscient, est l’instance de refoulement et de censure, constituée sur la base de l’intériorisation inconsciente des interdits parentaux. Le moi, dépendant de l’inconscient et du préconscient, cherche l’équilibre entre la force des pulsions et celle des interdits, pour permettre l’adaptation de l’individu à la vie sociale. Le psychanalyste français Jacques Lacan s’est attaché à la relecture de l’œuvre freudienne, en affirmant l’importance de l’inconscient dans la vie psychique. Pour lui, il n’y a pas d’inconscient sans langage, allant jusqu’à considérer que « l’inconscient est structuré comme un langage », dont il faut distinguer les signifiés (les concepts, idées, pensées) et les signifiants (la forme linguistique correspondante). Les signifiants sont essentiels puisque, selon Lacan, « l’inconscient ne connaît que les éléments du signifiant ».
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