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RussieArticle
Plan de l'article
La Russie possède une grande variété d’attractions touristiques : culturelles et historiques comme les villes de Saint-Pétersbourg et de Moscou, les résidences des tsars près de Saint-Pétersbourg, le circuit de l’Anneau d’or dans les environs de Moscou, ou encore tourisme balnéaire sur la « riviera » russe (stations de la mer Noire) très prisée par les vacanciers russes et étrangers. Les croisières sur la Volga et les voyages en Transsibérien attirent également de nombreux touristes. Le tourisme a connu un fort déclin à la suite de l’effondrement de l’URSS, avant de rebondir dès le milieu des années 1990. En 2006, le nombre de touristes s’élevait à 20,2 millions. Si les infrastructures existantes demeurent insuffisantes en qualité et en quantité pour permettre une forte expansion touristique, le tourisme constitue une source de devises non négligeable pour la Russie.
Le système des transports en Russie est fortement marqué par les contraintes géographiques liées à l’immensité du territoire national et au climat ainsi que par des choix historiques. Conçu pendant la période soviétique pour transporter le plus de biens et de personnes à un coût minimum, il se caractérise par la prédominance du transport ferroviaire au détriment du réseau routier, plus coûteux en termes de construction, d’exploitation et d’entretien. Il est globalement beaucoup moins dense que dans la plupart des pays industrialisés. Le réseau ferroviaire russe s’étend sur 85 542 kilomètres. Il assure plus de 75 % du fret et environ 40 % du transport de passagers, et se place parmi les premiers réseaux du monde en termes de trafic. Surtout dense dans la plus grande partie de la Russie d’Europe, où l’on trouve aussi la plus grande densité démographique et économique, il est en revanche très lâche en Sibérie et en Russie extrême-orientale. Le Transsibérien (9 300 km environ), qui relie Moscou à Vladivostok depuis le début du xxe siècle, joue un rôle stratégique de premier plan, notamment en Sibérie occidentale. Une autre ligne, la Baïkal Amour Magistral (BAM, 4 200 km), achevée dans les années 1980, double le Transsibérien de la Sibérie orientale jusqu’au Pacifique. Négligé, le réseau routier s’étend sur 537 289 kilomètres, ce qui est relativement peu élevé compte tenu de la superficie du pays. Seulement 67 % des routes sont goudronnées ; il existe peu de routes ayant plus de deux voies de circulation et elles sont souvent de qualité médiocre. En 2000, le nombre de voitures particulières pour 1 000 habitants s’élevait à 140. Le secteur aérien bénéficie d’une bonne infrastructure (plus de 450 aéroports). Ouvert à la concurrence au début des années 1990, il est dominé par une dizaine de compagnies, dont la compagnie aérienne nationale Aeroflot, toujours majoritairement contrôlée par l’État. Le secteur maritime russe a été considérablement affaibli, en termes d’infrastructures et de flotte, à la suite de l’éclatement de l’URSS et de la répartition du potentiel maritime entre la Russie, l’Ukraine et les États baltes. Sur la mer Noire, la Russie a conservé le port de Novorossisk et, sur la mer Baltique, ceux de Saint-Pétersbourg et de Kaliningrad. Les principaux ports sur le Pacifique sont Nakhodka, Vostotchni, Vladivostok et Vanino et, sur l’océan Arctique, Mourmansk et Arkhangelsk. Avec ses 3 481 navires, la flotte marchande russe demeure l’une des plus importantes du monde. Le transport fluvial constitue un secteur en développement. La Volga est la principale voie navigable en Russie et elle assure plus de la moitié des transports fluviaux. La navigation y a été facilitée par la construction de sept grands barrages et des canaux Volga-Don au sud et Volga-Baltique au nord, qui assurent chacun un débouché maritime. Rybinsk, Nijni-Novgorod, Samara, Volgograd et Astrakhan sont les principaux ports fluviaux de la Volga. Rostov-sur-le-Don est un autre port important, sur la mer d’Azov, à l’embouchure du Don. Les ports de Moscou sont reliés à la Volga par le canal de Moscou. En Sibérie, les cours d’eau (Lena, Ienisseï, Ob) sont les seuls moyens de transport dans les régions qui ne sont pas desservies par le chemin de fer. L’Amour, qui coule vers l’est, est la principale voie navigable en Extrême-Orient russe. Enfin, le transport des matières énergétiques constitue une question cruciale en Russie. Un important réseau de gazoducs et d’oléoducs permet de relier les zones productrices d’hydrocarbures (Sibérie occidentale et septentrionale, région Volga-Oural) vers les foyers de consommation de Russie occidentale et d’autres pays européens — les oléoducs existants apparaissent cependant saturés et nécessitent le développement de nouvelles infrastructures.
L’éclatement de l’URSS et la chute du régime communiste sont à l’origine de profondes mutations dans le commerce extérieur russe. Dans les décennies qui ont suivi le début de la guerre froide, l’URSS a privilégié les relations commerciales avec les autres pays du bloc communiste en Europe de l’Est et en Asie. Dès les années 1960 cependant, l’URSS et ses principaux partenaires ont dû élargir leurs importations aux pays occidentaux afin d’accéder à des technologies plus avancées et de compenser les insuffisances de l’économie planifiée. Dans les années 1980, toutefois, les autres membres du Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM) assuraient les deux-tiers du commerce extérieur de l’URSS. La transition vers l’économie de marché s’est traduite par l’ouverture de la Russie à la concurrence du commerce mondial et aux investissements étrangers. Dès le milieu des années 1990, elle pose sa candidature pour l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et met en œuvre en ce sens plusieurs réformes commerciales (suppression des quotas d’exportations et des droits d’importations sur certains biens). Le marché russe conserve cependant des barrières commerciales plus importantes que dans les autres pays industrialisés. En 2007, la Russie était le dernier grand pays, et l’un des rares pays émergents, à ne pas faire partie de l’OMC, son adhésion achoppant notamment sur la question du libre accès des investisseurs étrangers au secteur énergétique russe. Le commerce russe est en essor depuis les années de la transition. La Russie bénéficie d’une balance commerciale largement excédentaire grâce à ses exportations d’hydrocarbures, amplifiée dans les années 2000 par la hausse des cours des matières premières. En 2006, l’excédent commercial s’élevait à environ 164 milliards de dollars, et permettait de dégager un excédent budgétaire de 8,1 % du PIB. Tandis que la part de la CEI dans le commerce extérieur russe n’a cessé de chuter, l’Union européenne (et en premier lieu l’Allemagne) est devenue le premier partenaire commercial de la Russie ; en particulier, la Russie est le premier fournisseur de gaz de l’UE, et le deuxième fournisseur de pétrole. En effet, le gaz et le pétrole sont le premier poste d’exportation de la Russie (en 2004, les carburants constituaient 50 % des exportations russes) ; les autres exportations concernent le bois et ses dérivés, les métaux, les produits chimiques et les produits manufacturés (armes notamment). La Russie importe principalement des biens d’équipement, des biens de consommation et des produits agroalimentaires (notamment de la viande et du sucre).
À l’ère préchrétienne, le vaste territoire, qui va devenir la Russie, est faiblement peuplé de tribus nomades. Le nord, région couverte de vastes forêts et presque totalement inconnue, est habité par des tribus indo-européennes qui sont plus tard désignées sous le nom collectif de Slaves, les ancêtres des Russes. Le sud, beaucoup plus grand et déjà familier des Anciens, comprend une région mal délimitée, la Scythie, située au nord de la mer Noire, qui est occupée successivement par différents peuples : les Cimmériens, d’origine indo-européenne (IXe siècle av. J.-C.), les Scythes, d’origine iranienne (VIIIe-IIIe siècles av. J.-C.) et les Sarmates, peuple indo-iranien (IIIe siècle av. J.-C.-IIe siècle apr. J.-C.). Les marchands et les colons grecs fondent, à partir du VIIe siècle av. J.-C., des comptoirs commerciaux et des villes, essentiellement sur la côte nord de la mer Noire et en Crimée, dans cette région connue alors sous le nom de Chersonèse Taurique et qui devient un protectorat romain en 63 av. J.-C.
Les mouvements migratoires de peuples exogènes sont facilités par la topographie et par la présence de grandes étendues de plaines ouvertes. Invasions successives, création d’établissements et assimilation de nouveaux éléments ethniques en sont les conséquences. C’est ainsi que, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, les habitants de Scythie sont remplacés par les Goths, peuple germanique venu de Scandinavie, qui créent un royaume sur la mer Noire (IIIe-IVe siècles). Ils sont ensuite expulsés par les Huns, peuple asiatique turco-mongol, qui conservent le territoire de l’actuelle Ukraine et la région de la Bessarabie jusqu’à la défaite de leur roi Attila à la bataille des champs Catalauniques en Gaule en 451. Viennent ensuite les Avars, les Magyars (Hongrois), puis, à partir du VIIIe siècle, les Khazars, qui restent dans la région jusque vers le milieu du Xe siècle. Au cours de cette longue période d’invasions, les Slaves du nord-est du Caucase se dispersent. Au sud, ils entrent en contact avec les peuples d’origine iranienne ; au nord, ils se mêlent aux Baltes, aux Finnois, aux Scandinaves. C’est à cette époque que commence à se dessiner la carte de la répartition des populations de la région : les tribus occidentales évoluent graduellement en Moraves, Polonais, Tchèques et Slovaques ; les tribus méridionales en Serbes, Croates, Slovènes et Bulgares slavisés ; les tribus orientales en Russes, Ukrainiens et Biélorusses. Les Slaves orientaux deviennent des commerçants renommés et le réseau des cours d’eaux qui prennent leur source dans les hauteurs du plateau du Valdaï facilite la création de postes commerciaux, en particulier les villes de Kiev au sud et Novgorod au nord. Les marchandises peuvent ainsi être acheminées de la Baltique à la mer Noire. L’expansion et la plupart des mouvements migratoires des Slaves orientaux se produisent à partir de ces collines ; le contrôle de cette région stratégique est un élément important de la domination russe sur l’est de l’Europe.
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