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Présentation ; La poésie ; Les premières œuvres de fiction ; La fiction récente ; La littérature aborigène d'Australie ; Le théâtre
australienne, littérature, œuvres littéraires des habitants anglophones du sous-continent australien. La littérature australienne moderne présente plusieurs caractéristiques : l'amour d'un vaste territoire peu peuplé, de sa flore et de sa faune uniques, la reconnaissance de la valeur des gens ordinaires et un sentiment d'exil vis-à-vis des traditions occidentales. Bien que la langue anglaise n'ait pas été transformée de manière radicale, elle a subi des modifications caractéristiques, s'est enrichie d'un vocabulaire coloré, ce dont les Australiens avaient tendance autrefois à s'excuser, mais qui est aujourd'hui considéré comme un apport dynamique. De fait, plusieurs études linguistiques sur les évolutions australiennes de la langue anglaise ont été publiées. Certaines ne sont que de brèves listes de vocabulaire, avec la date de première apparition et l'usage ultérieur d'un terme ou d'une expression ; d'autres concernent la prononciation ou l'intonation propres à l'accent australien.
En 1823, le fondateur du gouvernement autonome colonial australien, William Charles Wentworth, né en Australie, publia un unique poème, « Ode à l'Austrasie », invariablement cité comme la première expression poétique d'un esprit national. Le premier recueil poétique d'un Australien né dans le pays Wild Notes from the Lyre of a Native Minstrel (« les Notes crues de la lyre d'un troubadour indigène », 1826) est dû à Charles Tompson. Également né en Australie, Charles Harpur, fonctionnaire et fermier, est considéré comme le premier poète digne de ce nom. Mais ce n'est qu'à l'époque d'Henry Clarence Kendall (1841-1882), Australien de naissance, et d'Adam Lindsay Gordon (1833-1870), immigrant anglais, que la poésie australienne acquit quelque intérêt. Les poèmes et récits de chasse et de pêche de Gordon, Sea Spray and Smoke Drift (1867, « Écumes et Fumées »), Ashtaroth (« Ballades de la brousse », 1867) eurent un grand succès. Kendall, souvent considéré comme le fondateur de la poésie australienne, inventa un langage personnel pour chanter les forêts de la côte du Pacifique et les montagnes (Leaves from an Australian Forest, 1869 ; Songs from the Mountains, 1880). Homme de loi et poète d'une grande culture, Bernard O'Dowd (1866-1953) affirma dans son œuvre poétique où se lit l'influence de Whitman, sa conviction que les Australiens sont à même de bâtir une société juste, exempte des plaies de la civilisation européenne que sont les inégalités politiques, économiques et sociales. Au cours des années 1880-1890, la bush ballad, qui célèbre les joies et les plaisirs de l'Australie rurale, connaît une grande popularité. Son plus illustre représentant fut le journaliste Andrew Barton Paterson (1864-1941), surnommé Banjo, dont la ballade « Waltzing Matilda » fut chantée par les troupes australiennes pendant les deux guerres mondiales. Considéré comme le chantre de la culture australienne naissante, Paterson a livré dans The Man from Snowy River and Other Verses (1895) ses meilleures ballades. La rude vie des ouvriers agricoles est le thème central de l'œuvre poétique, empreinte d'un lyrisme subtil, de John Shaw Neilson (1872-1942), lui-même ouvrier agricole. À l'inverse, Christopher John Brennan (1870-1932), ancien professeur de littérature pétri de culture classique, se tourna vers les symbolistes allemands et français : ses Poèmes (1913), où sont développés des thèmes érotiques ou antibritanniques furent mal reçus par la critique. Parmi les poètes australiens du XXe siècle, l'un des plus remarquables fut Robert Fitzgerald (né en 1902), dont les longs discours semi-philosophiques en vers mêlent des thèmes australiens à des thèmes d'ordre métaphysique et universel. L'œuvre de Kenneth Slessor (né en 1901), écrite entre 1919 et 1939, varie entre recherche verbale, virtuosité technique et esquisses réalistes et drôles de personnages historiques. La poésie moderne est représentée par Alec Derwent Hope (né en 1907), Douglas Stewart (né en 1913), auteur de pièces radiophoniques, Judith Wright (née en 1915), qui mêle sentiment de maternité, sensualité avec la nature et la défense des aborigènes, et David Malouf, également auteur d'œuvres de fiction.
Un motif, les origines pénitentiaires de l'ancienne colonie britannique, parcourt les premières œuvres romanesques australiennes. Tales of the Colonies (1843), de Charles Rowcroft, est l'un des premiers livres de fiction australiens, mais le plus fréquemment réédité est Souvenirs de Geoffrey Hamlyn (1859) d'Henry Kingsley (1830-1876), frère du romancier anglais Charles Kingsley et créateur du roman sur la vie pastorale australienne. Ses personnages sont des Anglais venus goûter la vie coloniale, puis retournés en Angleterre, comme il le fit lui-même. Plus authentiques furent Marcus Clarke (1846-1881) et Rolf Boldrewood (1826-1915). Clarke est surtout connu pour son livre devenu classique, For the Term of His Natural Life (« la Justice des hommes », 1874), description à la manière de Dickens, des souffrances de la vie de forçat. Rolf Boldrewood doit sa réputation à Robbery Under Arms (« Attaque à main armée », 1888), récit haut en couleur des aventures de forçats réfugiés dans le bush. Les années 1880 virent l'émergence d'un sentiment nationaliste et d'une grande aspiration à l'indépendance. Cet esprit s'incarna notamment dans les colonnes d'un hebdomadaire politique et littéraire, The Bulletin, qui cherchait à promouvoir de jeunes auteurs sans ressources et les encourageait à traiter des thèmes de la vie australienne plutôt que des thèmes britanniques. Ainsi, Henry Lawson (1867-1922), d'origine modeste, fut connu grâce au Bulletin et est considéré comme le maître de la nouvelle australienne : ses études réalistes ou ses courts portraits sentimentaux, humoristiques ou empreints d'amertume, décrivent avec compassion la classe laborieuse australienne. Une femme, Miles Franklin (1879-1954) est surtout connue pour son roman féministe Ma Brillante Carrière (1901), description impitoyable de la vie dans l'arrière-pays australien et des débuts d'une femme écrivain dans un monde essentiellement réservé aux hommes. De même, Katharine Susannah Pritchard (1883-1969), dont les premiers livres parurent avant la Première Guerre mondiale, a jugé la vie australienne en termes de lutte des classes. Ses meilleures œuvres sont Working Bullocks (1926), une histoire de bûcherons d'Australie occidentale, et Coonardoo (1930), une émouvante histoire d'amour entre une aborigène et un Blanc, où, pour la première fois, les aborigènes sont présentés dans leur vérité culturelle et spirituelle, en dehors de toute caricature colonialiste. L'œuvre romanesque la plus remarquable des années 1880 est celle de Joseph Furphy (1843-1912), fermier et conducteur d'attelages de bœufs qui, sous le nom de Tom Collins, publia un seul livre, C'est la vie (1903), œuvre touffue mais résolument moderne, où se mêlent aventures épisodiques, opinions philosophiques et littéraires, et descriptions du bush.
Une femme, Henry Handel Richardson (1870-1946), fut l'écrivain australien le plus en vue de la première moitié du XXe siècle. Dans sa trilogie, la Destinée de Richard Mahony (1917, 1925, 1929), une épopée débutant avec la ruée vers l'or des années 1850, elle a livré, dans la tradition du réalisme psychologique européen, une analyse pénétrante de l'évolution de son pays. Une autre femme, Eleanor Dark (née en 1901) a relaté à travers des romans historiques The Timeless Land (1941) la naissance de l'Australie et a donné divers romans psychologiques ornés de somptueuses descriptions de paysages. Préoccupé par les confits raciaux, Xavier Herbert (1901-1984) a dénoncé avec férocité et humour noir le racisme des Australiens à l'égard des aborigènes (Capricornia, 1938). Kylie Tennant (née en 1912) a évoqué le travail des femmes dans les bas quartiers de Sydney, The Joyful Condemned (« les Condamnées joyeuses », 1953), ou la vie en caravane dans le sud-ouest de l'Australie, The Battlers (1954). La figure majeure du roman australien contemporain est Patrick White, dont l'œuvre fut couronnée par le prix Nobel de littérature en 1973. L'Arbre de l'homme (1955) est un essai ambitieux sur le courage, la dignité et la profonde solitude des travailleurs agricoles du bush. Voss (1957), raconte les tentatives infructueuses d'un explorateur du XIXe siècle de pénétrer l'intérieur du continent. White y fait montre, comme dans la plupart de ses œuvres, d'une imagination pétillante et audacieuse. Son refus du conservatisme et son anticonformisme limitèrent un temps son audience en Australie, mais le Mystérieux Mandala (1966), le Vivisecteur (1970), et l'Œil du cyclone (1973), lui assurèrent un succès international. White stimula d'autres romanciers comme Martin Boyd (1893-1972) dont les premiers romans composent une saga de la vie australienne avant de prendre une tonalité plus tragique (Quand sifflent les merles, 1962). Le roman populaire est représenté par Colleen McCulloughs (Les oiseaux se cachent pour mourir, 1977), Morris West (l'Avocat du diable, 1959, les Souliers de saint Pierre, 1963) ou Christina Stead (1902-1983) l'Homme qui aimait les enfants (1940). La critique étrangère a salué la Complainte de Jimmy Blacksmith (1972), l'histoire de la revanche d'un aborigène, de Thomas Keneally (né en 1935), et la Liste de Schindler (1982), qui retrace les conflits raciaux au cours de la Seconde Guerre mondiale. David Ireland (né en 1927) fustige, dans des romans aux épisodes très courts et fractionnés, les méfaits de la civilisation industrielle (le Prisonnier d'usine inconnu, 1971 ; la Cité des femmes, 1981), tandis que David Malouf (né en 1934) analyse la condition australienne en faisant revivre le passé récent (Harland's Half Acre, « Harland et son domaine », 1984).
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