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libido

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Présentation

libido (du latin libido, « plaisir », « désir »), dans la théorie psychanalytique, énergie psychique des pulsions sexuelles.

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Une définition mouvante

Sigmund Freud utilise le concept de libido tout au long du développement théorique de sa pensée, ce qui rend difficile d’en donner une définition stable. Il y a fondamentalement recours pour rendre compte de la manifestation du sexuel dans la vie psychique, et la définit plus généralement comme « l’énergie de ces pulsions qui ont à faire avec tout ce qu’on peut regrouper en tant qu’amour » (Psychologie des masses et Analyse du moi [Massenpsychologie und Ich-Analyse], 1921). En outre, même si sa pensée évolue, il s’oppose durablement, et fermement, à la théorie développée par le psychiatre suisse Carl Jung, qui élargit le concept de libido à une forme d’énergie psychique générale, non limitée à la visée d’un objet sexuel. Tout en réservant le nom de libido aux « tendances de la vie sexuelle », le père de la psychanalyse revient constamment sur les contours de la notion, dans le cadre de ses avancées sur le développement de la sexualité et parallèlement aux évolutions de sa théorie des pulsions, auxquelles la notion de libido est étroitement liée. Ainsi, avec la deuxième théorisation des pulsions, qui oppose pulsions de vie et pulsions de mort, Freud tend à appeler libido « toute l’énergie de l’Éros », soit l’ensemble des pulsions de vie (qui recouvrent les pulsions sexuelles et les pulsions d’autoconservation).

La théorie de la libido ne connaît pas de développements ultérieurs majeurs, les successeurs de Freud privilégiant la notion de pulsion.

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Les stades du développement libidinal

La notion de libido est au cœur de l’approche freudienne de la sexualité, soit une conception élargie qui ne se réduit pas à la génitalité et à la procréation, et s’apparente à l’obtention d’une satisfaction. En ouverture des Trois Essais sur la théorie sexuelle (Drei Abhandlungen zur Sexualtheorie, 1905), Freud introduit la libido pour rendre compte des besoins sexuels de l’homme et la compare à la faim : comme la faim est la force avec laquelle se manifeste la pulsion d’alimentation, la libido désigne la force avec laquelle se manifeste la pulsion sexuelle. Cette énergie sous-tend les désirs humains, dès la sexualité infantile : le suçotement du nourrisson et la satisfaction qu’il lui procure relèvent du sexuel. Dans la théorie freudienne du développement sexuel, la libido vient se fixer sur des objets successifs, se déplaçant d’un objet à l’autre, l’objet étant le moyen par lequel la pulsion sexuelle trouve à se satisfaire. Lors des révisions successives des Trois Essais, Freud établit une typologie de l’organisation libidinale, en fonction de la zone érogène à laquelle l’activité sexuelle est reliée et du choix de l’objet. Il définit ainsi trois degrés d’organisation prégénitaux : le stade oral, le stade anal et le stade phallique. Selon lui, le quatrième stade, le stade génital, n’est atteint qu’à la puberté. À chacun des trois premiers stades correspond un objet que l’on peut dire partiel : le sein, les fèces et le pénis ou phallus, soit des parties du corps réelles ou fantasmées. Ce n’est qu’avec l’organisation génitale que l’objet est une personne totale.

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Libido d’objet et libido du moi

L’étude des psychoses amène Freud à distinguer deux modes d’investissement de la libido : l’investissement d’objet en tant qu’objet extérieur au sujet, et l’investissement du moi. Dans ce dernier cas, le sujet prend sa propre personne pour objet d’amour : la libido du moi renvoie donc au narcissisme. Dans « Pour introduire le narcissisme » ([« Zur Einführung des Narzissmus »], in la Vie sexuelle, 1914), Freud développe le fonctionnement de ces deux modes et relève que ces deux types d’investissement de la libido perdurent tout au long de la vie, et fonctionnent selon le principe de la balance : lorsque la libido se porte sur l’objet, le moi est moins investi, et à l’inverse, une fixation de la libido sur le moi entraîne un désinvestissement de l’objet.

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