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Plan de l'article
Présentation ; Des débuts difficiles ; Les Lettres de mon moulin ; Tartarin de Tarascon ; Daudet romancier : écrire « d’après nature » ; Les Contes du Lundi et autres écrits
Daudet, Alphonse (1840-1897), romancier et conteur français, chantre de la Provence, auteur des Lettres de mon moulin (1869) et de Tartarin de Tarascon (1872). Ces succès populaires ont en partie éclipsé son œuvre romanesque qui brosse un vaste tableau réaliste des mœurs des années 1860-1880.
Né à Nîmes, Alphonse Daudet passe son enfance dans l’entreprise de soierie paternelle. Il fait ses études secondaires à Lyon où la famille, ruinée, s’est exilée. Il doit quitter le lycée à seize ans pour un emploi de maître d’études au collège d’Alès. Il rejoint ensuite son frère à Paris pour tenter une carrière littéraire, mais y mène une vie difficile et misérable. Il publie un recueil de vers, les Amoureuses (1858), qui obtient un succès mondain, place quelques chroniques dans des journaux et devient secrétaire particulier du duc de Morny, personnage influent du second Empire. Ce poste lui assure une aisance financière et lui laisse beaucoup de loisirs pour écrire. Il effectue des voyages rendus nécessaires par une santé compromise — il a contracté la syphilis — dans le Midi, en Corse et en Algérie.
Après la mort du duc de Morny en 1865, Alphonse Daudet décide de vivre uniquement de sa plume. En 1867, il épouse Julie Allard qui s’avère être une collaboratrice précieuse et dévouée — Daudet écrit des années plus tard « Pas une page qu'elle n'ait revue et retouchée ». Julie Daudet publie d’ailleurs par la suite de nombreux livres sous le pseudonyme de Karl Steen. Le voyage dans le Midi inspire à Alphonse Daudet ses premières chroniques provençales et il obtient de Villemessant, le directeur du journal l'Événement, de les publier en feuilleton pendant tout l'été 1866. Ce feuilleton, remanié et augmenté, constitue le recueil des Lettres de mon moulin publié en 1869. L'ouvrage est porté par la mode du provençal, que Frédéric Mistral a lancée peu auparavant. Le 12 septembre 1869, Mistral écrit d'ailleurs à Daudet : « Tu as résolu avec un merveilleux talent ce problème difficile : écrire le français en provençal. Ainsi tu pourras désormais t'abstenir de signer tous tes livres. Tout le monde les reconnaîtrait à la frappe, comme ces admirables monnaies grecques qui portent la tête de Massilia ». Outre une évocation de Mistral (« le Poète Mistral ») et deux ballades en prose (« la Mort du dauphin » et « le Sous-Préfet aux champs »), le recueil contient vingt et un récits (précédés de « l’Installation » de l’auteur en son moulin provençal), dont certains figurent parmi les histoires les plus célèbres de la littérature populaire : « la Chèvre de M. Seguin », « les Trois Messes basses », « l'Élixir du révérend père Gaucher » et « l’Arlésienne » que Daudet porte à la scène, et pour lequel Bizet compose une musique (1872).
Daudet transpose également son voyage en Algérie dans Tartarin de Tarascon (1872), premier volume d’une trilogie de romans burlesques comprenant également Tartarin sur les Alpes (1885) et Port-Tarascon (1890). L’exubérance méridionale reparaît ici avec une verve ironique, caricaturale, haute en couleur. Vaniteux et vantard, Tartarin de Tarascon tient sa réputation considérable de récits plus ou moins inventés. Prompt à se lancer, en imagination, dans les aventures les plus folles, il s’en tient en fait dans la réalité à un bon sens très prosaïque.
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