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Comédie-FrançaiseArticle
Plan de l'article
Au xixe siècle, Alexandre Dumas, Alfred de Vigny ou Victor Hugo entrent au répertoire, Mademoiselle Mars triomphe sur scène, dans le rôle de Doña Sol, tandis qu’éclate la bataille d’Hernani. Première comédienne du Théâtre français, Mademoiselle Rachel est la plus grande tragédienne du début du xixe siècle. Le prince Louis Napoléon nomme, en 1849, un administrateur général dépendant du ministère de la Culture, pour gérer les fonctions administratives et financières du théâtre ; il rétablit par ailleurs la censure. En 1871, la troupe organise une tournée à Londres, renflouant ainsi ses caisses. Sous l’administration du metteur en scène Émile Perrin (1871-1885), le Français se dote de vedettes telles Sarah Bernhardt, Mounet-Sully ou Benoît Constant Coquelin. Émile Perrin inaugure par ailleurs le système d’abonnements. La troupe connaît de nombreuses crises financières et les comédiens s’associent aux premiers pas du cinématographe et de la radiophonie.
Le xxe siècle voit la Comédie-Française privilégier la mise en scène, avec notamment de grands noms (Louis Jouvet, Gaston Baty, Jacques Copeau, Pierre Dux ou Jean-Louis Barrault) et le répertoire s’enrichit de textes contemporains français mais aussi étrangers. Sous l’administration de Maurice Escande (1960-1970) le Français ouvre ses portes à de nouveaux comédiens et à des metteurs en scènes extérieurs. Sous le mandat de Jacques Lassalle (1990-1993), le théâtre du Vieux-Colombier est réouvert et attribué à la Comédie-Française. En 1994, une grande exposition des trésors (costumes, maquettes, tableaux, etc.) du Français est organisée à l’occasion de travaux de modernisation du théâtre. L’année suivante, le théâtre devient un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) sous la tutelle du ministère de la Culture. En 1996, la Comédie-Française bénéficie d’un nouvel espace, le Studio-Théâtre, au Carrousel du Louvre ainsi que de la création d’une théâtrothèque et de salons littéraires.
La Comédie-Française est traditionnellement dirigée par un administrateur général, rémunéré par l’État. Mais son organisation interne reste essentiellement celle de la compagnie de Molière, qui elle-même était issue d’une corporation d’acteurs parisiens du xve siècle. Les jeunes stagiaires, recrutés pour la plupart dans les rangs du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, rejoignent la compagnie comme « pensionnaires », ou membres salariés ; c’est parmi eux que sont nommés les « sociétaires », ou membres à part entière. Ceux-ci ont un statut d’actionnaires ; ils sont associés aux principales décisions artistiques et budgétaires, à la répartition des bénéfices selon un certain barème, et peuvent se retirer avec une pension annuelle après vingt ans de maison. Au nombre des sociétaires qui ont marqué les trois siècles d’existence de la Comédie-Française, on distingue Adrienne Lecouvreur, François-Joseph Talma, Mademoiselle Rachel, Mademoiselle Mars, Marie Bell, Jeanne Samary, Sarah Bernhardt, le couple Seigner, Robert Hirsch, Michel Aumont, ou plus récemment Catherine Hiegel, Philippe Torreton et Denis Podalydès. Parmi les récents administrateurs figurent Jacques Toja (1979-1983), Jean-Pierre Vincent (1983-1985), Jean le Poulain (1985-1988), Antoine Vitez (1988-1990), Jacques Lassalle (1990-1993), Jean-Pierre Miquel (1993-2001) et Marcel Bozonnet (2001-2006). Membre de la troupe du Français depuis 1985 et sociétaire depuis 1988, Muriel Mayette prend la direction de la Troupe en août 2006 pour un mandat de cinq ans : c’est la première femme nommé à ce poste depuis la création du Français.
Au xixe siècle, la perte de son monopole sur les nouveaux spectacles avait conduit la Comédie-Française à se spécialiser dans les représentations de pièces classiques, comme celles de Jean Racine, de Molière et de Corneille, tout en présentant également des créations importantes, avec des œuvres de Victor Hugo, Alexandre Dumas père ou Alexandre Dumas fils. Au xxe siècle, le répertoire s’enrichit avec les pièces d‘auteurs étrangers comme William Shakespeare, Gabriele D’Annunzio, Henrik Ibsen. Cette orientation, combinée à l’ouverture vers des auteurs contemporains, se poursuit après-guerre (Paul Claudel, Henry de Montherlant, Eugène Ionesco, Bertolt Brecht, Jean-Paul Sartre, Jean Genet entrent au répertoire). Elle s’accompagne d’une ouverture à des metteurs en scène novateurs, impulsée dès 1936 par l’administrateur Édouard Bourdet qui confie plusieurs spectacles au « Cartel » formé par Jacques Copeau, Charles Dullin, Louis Jouvet et Gaston Baty. Ces tendances se confirment par la suite avec les pièces de Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Bernard-Marie Koltès, Witold Gombrowicz ou Harold Pinter. La Comédie-Française reste une institution très respectée, pour sa fidélité à une double vocation : reprendre les grandes œuvres du répertoire français et étranger, à l’aide d’une troupe solidement rompue à l’art classique, et, en faisant appel à des auteurs contemporains (Marie N’Diaye, Valère Novarina ou Gao Xingjiang), témoigner d’un constant renouvellement.
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