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  • LA REVOLUTION RUSSE DE 1917 - La Riposte

    Pour la transformation socialiste de la société, analyses et perspectives marxistes ... La révolution russe fut l’un des plus grands événements de l’histoire de l ...

  • Révolution russe - Wikipédia

    La Révolution russe est l’ensemble des événements de 1917 ayant conduit en février au renversement spontané du régime tsariste de Russie, puis en octobre à l ...

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Révolution russe de 1917

Article
Médias
Nicolas IINicolas II
Plan de l'article
1

Présentation

Révolution russe de 1917, série d’événements qui se déroulèrent en 1917 en Russie et qui entraînèrent la chute du régime tsariste, la prise du pouvoir par les bolcheviks et la création de la République socialiste soviétique fédérative de Russie, premier élément de ce qui devint en 1922 l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

Les deux révolutions de 1917 (Février et Octobre) furent les moments clés de la révolution russe : celle de Février débuta par des grèves et des manifestations à Petrograd (actuelle Saint-Pétersbourg) du 23 au 27 février et déboucha sur l’abdication du tsar et la fin de la monarchie impériale autocratique. Celle d’Octobre, appelée aussi Révolution bolchevique, commença les 24 et 25 octobre par l’insurrection armée organisée par les bolcheviks contre le Gouvernement provisoire : elle bouleversa toutes les données économiques, politiques et sociales de la société russe. Le gouvernement soviétique ayant adopté le calendrier grégorien le 31 janvier 1918 à la place du calendrier julien, les dates données dans l’exposé qui suit proviennent du calendrier en vigueur au moment des événements auxquels elles sont associées.

2

Origines

2.1

Une société écartelée entre archaïsme et modernité

Depuis des siècles, un régime tsariste, autocratique et répressif, était en place en Russie, maintenant l’immense majorité de la population dans des conditions économiques et sociales très dures. Or, depuis la fin du XIXe siècle, l’économie du pays connaissait un essor spectaculaire, sous l’effet d’une industrialisation tardive et très brutale : de 1900 à 1914, l’économie russe eut le taux de croissance le plus fort d’Europe. D’où un grand essor urbain, surtout de la capitale Petrograd et de Moscou, et une grande effervescence culturelle : Petrograd fut sans doute, à la veille de la Grande Guerre, le foyer culturel le plus créatif d’Europe (voir Saint-Pétersbourg).

Mais cette brutale modernisation avait ébranlé le vieil ordre social, heurté les mentalités et aggravé les inégalités et les difficultés des classes les plus pauvres : la paysannerie, majoritaire (85 p. 100 des Russes vivaient à la campagne), libérée du servage depuis les réformes d’Alexandre II (1861), mais ne possédant pas les terres qu’elle travaillait, était toujours très misérable et peu instruite ; le prolétariat, surexploité par les besoins nouveaux des industries, était principalement concentré dans les villes (Petrograd, Moscou) et dans certaines régions fortement industrialisées comme celle de Bakou. Cependant, après l’effort de scolarisation entrepris dans les années 1880, une partie des ouvriers fut conquise par le marxisme et d’autres idéologies révolutionnaires ; depuis cette date en particulier, l’anarchisme progressait et de nombreux attentats scandaient la vie politique.

Toutes ces mutations économiques et tous ces changements radicaux ne s’accompagnèrent pas d’une évolution politique. Au contraire, ils se heurtèrent à l’immobilisme du pouvoir tsariste, aggravé depuis l’avènement de Nicolas II (1894), homme très attaché aux signes extérieurs de l’autocratie. Durant le XIXe siècle et au début du XXe, divers mouvements, organisés par des étudiants, des ouvriers, des paysans ou des membres de la noblesse, avaient tenté de renverser ce gouvernement oppressif ; parmi ces révoltes, les plus importantes furent celle de 1825 contre Nicolas Ier et surtout la révolution de 1905 : toutes deux avaient essayé d’instaurer une monarchie constitutionnelle (voir Russie).

2.2

De l'effondrement militaire à la révolution

La participation de la Russie à la Première Guerre mondiale fut le catalyseur du phénomène révolutionnaire. Au début du conflit, tous les partis, à l’exception d’un petit groupe de sociaux-démocrates, les bolcheviks, dirigés par Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine, étaient en faveur de la participation à la guerre. Le gouvernement reçut l’aide de comités de volontaires, qui comprenaient des représentants du monde des affaires et du monde ouvrier.

Mais contre une Allemagne puissante et fortement industrialisée, les structures économiques et industrielles de la Russie ne permirent au pays de soutenir un effort de guerre intense qu’au prix d’immenses sacrifices. Et bien que la main-d’œuvre russe fût quasi inépuisable, l’industrie se révéla incapable d’armer, d’équiper et d’approvisionner les quelque 15 millions d’hommes mobilisés. Les usines n’étaient ni assez nombreuses ni assez productives ; le réseau ferroviaire était nettement insuffisant. De plus, la mobilisation perturbait la production industrielle et agricole. Les vivres vinrent à manquer et le système de transport se désorganisa rapidement.

Les premières défaites sanctionnèrent ces lacunes (février 1915 : 100 000 prisonniers russes après la bataille des lacs de Mazurie). Dans les tranchées, dès 1915, les soldats avaient faim, ils manquaient bien souvent de chaussures ou de munitions quand ce n’était pas d’armes. Aussi, des mutineries éclatèrent dans l’armée. Les pertes russes furent plus importantes que celles subies par n’importe quelle armée au cours des précédentes guerres : 2 millions de tués, 4 millions de mutilés à la fin de 1916.

À l’arrière du front, les marchandises se faisaient rares et les prix augmentaient. Plus la guerre durait, plus la famine menaçait les grandes villes, provoquant des « émeutes de la faim ». Le mécontentement se répandit et le moral de l’armée, qui était déjà bien bas, fut complètement sapé par une nouvelle série de défaites pendant l’hiver 1915-1916. Beaucoup attribuèrent ces revers à la traîtrise apparente de l’impératrice Alexandra et de son cercle d’amis qui subissaient l’influence du moine paysan Grigori Iefimovitch Raspoutine.

Alors que la vague de mécontentement s’amplifiait, que l’économie russe, coupée du marché européen, se révélait de plus en plus incapable de fournir aux populations nourriture et biens de consommation, la douma, la Chambre basse du Parlement russe, dans laquelle les partis libéraux et progressistes étaient majoritaires depuis 1915, consciente du risque d’explosion révolutionnaire, mit en garde Nicolas II en novembre 1916 contre le désastre qui s’abattrait sur le pays si les traîtres n’étaient pas chassés de la cour et si une forme de gouvernement constitutionnel n’était pas mise en place. Mais le tsar ignora l’avertissement. En fait, en 1916, le pouvoir, trop centralisé, ne maîtrisait déjà plus la situation. Partout dans le pays, les gens s’organisaient en comités pour gérer ce qui pouvait l’être au niveau local. À la fin de décembre, un groupe d’aristocrates mené par le prince Félix Ioussoupov assassina Raspoutine dans l’espoir que le tsar changerait de politique. Mais celui-ci réagit au contraire en favorisant les disciples de Raspoutine. Parmi les grands de la cour, on se mit alors à parler de révolution de palais afin de prévenir le bouleversement plus important qui se préparait.

3

Révolution de Février

3.1

Les Cinq Jours

La révolution de 1917 se développa à partir d’une importante vague de grèves qui secoua Petrograd pendant le mois de février. L’hiver avait été particulièrement rigoureux. L’institution des cartes de ravitaillement, la pénurie alimentaire, la lassitude face à la guerre furent les causes immédiates de cette réaction populaire spontanée. Le 23 février, des rassemblements et des manifestations eurent lieu pour réclamer du pain. Ces mouvements furent soutenus par les quelque 90 000 hommes et femmes qui étaient en grève dans les usines de la capitale depuis le 14. Les accrochages avec la police furent nombreux, mais les ouvriers refusèrent de se disperser et continuèrent à occuper les rues. La tension monta progressivement, mais on ne déplora aucune victime.

Le jour suivant, le 24 février, l’agitation grandit, touchant la moitié de la population ouvrière de Petrograd. Les slogans devinrent plus audacieux. « À bas la guerre ! », « À bas l’autocratie ! ». Le 25 février, les grèves se généralisèrent dans la capitale. Pendant ces deux jours, de violents affrontements avec la police firent des victimes des deux côtés. La redoutable troupe des cosaques, venue renforcer la police, montrait peu d’enthousiasme à disperser les manifestations. Les ouvriers s’armèrent en pillant les postes de police.

Le 26 février, les troupes de la garnison de Petrograd furent appelées par le tsar pour mater la révolte. Quand les ouvriers et les soldats se retrouvèrent face à face dans les rues, les ouvriers essayèrent à plusieurs reprises de fraterniser avec les troupes. Mais celles-ci tirèrent sur ordre, tuant plusieurs personnes. Malgré cette tuerie, les ouvriers, qui tentaient de s’enfuir, n’abandonnèrent pas les rues. Dans la nuit du 26 au 27, les régiments qui avaient tiré sur la foule se mutinèrent et rejoignirent les insurgés, qui purent ainsi s’armer. Le tsar avait dissous la douma le 26 février. Les députés élurent un comité provisoire chargé d’agir à la place de la douma.

Le jour même, la révolution triompha. Les uns après les autres, les régiments de la garnison de Petrograd se rangèrent aux côtés du peuple. En vingt-quatre heures, la totalité de la garnison, à peu près 150 000 hommes, rejoignit la révolution. Les soldats et les ouvriers prirent alors ensemble le contrôle de la ville. La révolte fit 1 500 victimes. Les premières élections au soviet des ouvriers de Petrograd eurent lieu le 27 février dans plusieurs usines, sur le modèle du soviet de 1905, formé pendant la révolution de cette année-là, à la fin de la guerre russo-japonaise (1904-1905). Le gouvernement impérial fut rapidement dissous : le 2 mars, Nicolas II abdiquait au profit de son frère, Michel, lequel, le lendemain, renonça au trône. Le tsarisme était mort.

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