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Révolution russe de 1917

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Nicolas IINicolas II
Plan de l'article
5.2. 2

L’application des Thèses d’avril

Les décisions concernant la question des terres furent prises sous forme de décrets : « Le droit à la propriété privée des terres est à jamais aboli ; le droit de propriété des propriétaires fonciers est annulé immédiatement, sans indemnités d’aucune sorte. » Toutes les terres, les avoirs fonciers des monastères et des églises devinrent la propriété de l’État et furent placés sous la protection de comités locaux et de soviets de paysans. Les avoirs fonciers des paysans pauvres et des hommes de troupe cosaques échappèrent à la confiscation. L’emploi d’ouvriers agricoles fut interdit, mais le droit de chaque citoyen à cultiver la terre par son propre travail fut confirmé. Le Congrès des soviets établit le principe selon lequel « l’utilisation de la terre doit être égalisée, c’est-à-dire que la terre doit être partagée entre les paysans selon les conditions locales et sur la base de standards de main-d’œuvre et de consommation ». Ces principes ayant déjà été mis en œuvre sur le terrain par les bolcheviques, les décrets ratifièrent plus un fait accompli qu’ils n’apportèrent de changements. Le Congrès nationalisa toutes les banques et confia le contrôle de la production aux ouvriers. L’industrie fut nationalisée graduellement.

Les décisions du Congrès des soviets sur la paix et la terre apportèrent un soutien populaire important au nouveau gouvernement et jouèrent un rôle décisif dans les victoires que remportèrent les bolcheviks dans les villes et les provinces. Le 3 novembre, le soviet des commissaires du peuple proclama le droit des peuples à l’autodétermination, ce qui incluait le risque de la séparation volontaire des nationalités rattachées par la force à l’Empire tsariste d’avec la Russie. Néanmoins, le Congrès fit bien comprendre qu’il espérait que les « masses laborieuses » des différentes nationalités décideraient de rester avec la Russie.

Enfin, dès le 13 novembre, les bolcheviks demandèrent l’armistice qui aboutit, le 7 décembre, à l’ouverture de négociations de paix à Brest-Litovsk.

L’Assemblée constituante librement élue qui se réunit à Petrograd le 5 janvier 1918 et dans laquelle les bolcheviks étaient minoritaires fut dissoute par la force par le nouveau gouvernement, dans l’indifférence populaire. Le « communisme de guerre » se fondait donc sur le refus d’une autre légitimité que celle des soviets.

5.3

La guerre civile : la paix gagnée

Sous le contrôle des bolcheviks, et après une offensive allemande foudroyante en février 1918, le nouveau gouvernement mit fin à la participation de la Russie à la Première Guerre mondiale en signant le traité de Brest-Litovsk le 3 mars 1918. Selon les termes du traité, les bolcheviks abandonnaient les Pays baltes, la Finlande, la Pologne, une partie de la Biélorussie, reconnaissaient l’indépendance de l’Ukraine, restituaient Batoumi, Ardahan et Kars à la Turquie et devaient verser des indemnités de guerre. Il s’agissait pour Lénine de « perdre de l’espace pour gagner du temps ».

En effet, dès le mois de novembre, la guerre civile avait été déclenchée par Kalédine dans le sud de la Russie. Les pertes provoquèrent une forte indignation, et l’opposition au Parti bolchevique (qui était devenu le Parti communiste russe) s’accrut. La guerre civile dura de 1918 à la fin de 1920.

Le gouvernement de Lénine, opérant depuis Moscou, la nouvelle capitale, mit en place une politique de répression contre toute forme d’opposition ; les communistes russes installèrent la « terreur rouge ». La Tchéka, la police politique, fut créée en novembre 1917 et les tribunaux spéciaux en janvier 1918. Toutes les personnes suspectées d’anticommunisme, les « blancs », furent arrêtées, jugées et exécutées. Bien que les paysans fussent devenus hostiles aux communistes, ils les soutinrent, craignant qu’une victoire des Russes blancs ne ramène la monarchie. Mal organisés et peu soutenus, les blancs furent vaincus par l’Armée rouge en 1920. Durant toute cette période, les bolcheviks crurent que la révolution russe n’était que la première phase de la révolution mondiale. Au printemps 1919, ils créèrent la IIIe Internationale qui appela à la révolution socialiste.

Lénine et le Parti communiste russe maintinrent le pays sous contrôle. Les grèves ouvrières, contre la misère et la dictature bolchevique, les émeutes paysannes, contre les réquisitions et la famine, et la révolte des marins (insurrection de Kronstadt, mars 1921) furent rapidement écrasées. L’attente de la révolution mondiale se révélait vaine, aussi une réforme s’imposait, pour pacifier le pays et briser l’isolement du Parti communiste : en 1921, Lénine établit la Nouvelle Politique Économique (NEP) pour relever le pays, ruiné par sept années de tourmente et de déclin économique. Le 30 décembre 1922, l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) fut officiellement formée quand les différentes nationalités de l’ancien Empire russe rejoignirent la République socialiste soviétique fédérative de Russie.

La Révolution de 1917, d’abord russe et populaire, ensuite bolchevique et politique, inaugura une expérience qui fascina tout le XXe siècle et essaima dans le monde entier. Créatrice de répulsions quasi pathologiques et d’admirations fanatiques, source d’une dictature sanglante et d’un espoir démesuré, elle demeure aujourd’hui que semble achevée l’expérience soviétique l’objet de débats historiques et politiques dont la virulence est à la hauteur des enjeux que cet événement sut mobiliser.

Voir aussi Communisme ; Socialisme.

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