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Plan de l'article
Présentation ; Développement historique ; La dynastie Shang (v. 1750-v. 1027 av. J.-C.) ; La dynastie Zhou (v. 1027-221 av. J.-C.) ; Les dynasties Qin, Han et les Six Dynasties du Sud (221 av. J.-C.-589 apr. J.-C.) ; La dynastie Tang (618-907) ; La dynastie Song (960-1279) ; La dynastie Yuan (1279-1368) ; La dynastie Ming (1368-1644) ; La dynastie Qing (1644-1912) ; L’art chinois depuis le xxe siècle
chinois, art, production artistique et architecturale de la Chine, des origines à nos jours. Un principe d’équilibre harmonieux sous-tend la culture chinoise : il s’illustre dans son art, un subtil dosage de traditions et d’innovations, d’idées chinoises et étrangères, d’images religieuses et profanes.
Les empereurs de Chine ont été parmi les premiers protecteurs des arts. Historiquement, la plupart des artistes et des architectes sont des fonctionnaires, qui travaillent sur commande impériale. À l’inverse, les artistes amateurs (wenren), souvent des lettrés retraités ou bannis, sont affranchis des contraintes du contrôle de la cour ; leur œuvre reflète ainsi un individualisme qui diffère des conventions impériales. L’avènement comme le déclin d’une dynastie affectent profondément l’évolution artistique ; toutefois, tous les empereurs ont eu à cœur de préserver la tradition. Ceux qui fondent une nouvelle dynastie veillent à établir leur légitimité en continuant les réalisations artistiques des dynasties passées : ils obtiennent ainsi le soutien de leurs sujets. De nouvelles influences, venues de l’Inde ou du Moyen-Orient, sont acceptées par la cour, mais toute idée nouvelle (artistique, religieuse ou philosophique) est soigneusement incorporée dans le tissu préexistant de la vie chinoise. Avec les dynasties royales Shang et Zhou, puis les premières dynasties impériales Qin et Han (c’est-à-dire entre 1750 av. J.-C. environ et 220 apr. J.-C.), l’art chinois prend son essor. Dès l’âge du bronze, il est centré sur le culte des morts. Pour s’assurer l’éternité et un voyage sans risque vers l’au-delà, les souverains et leurs fonctionnaires se font bâtir et décorer des tombeaux somptueux en forme de fosses, dont beaucoup demeurent inviolés. De la vaisselle de bronze ouvragée, des armes, des jades sculptés et des objets de céramique sont placés près du cercueil ; ils assurent confort et protection dans l’autre monde. Les murs de la chambre funéraire sont décorés de scènes peintes ou sculptées représentant des légendes populaires ou des activités de la vie quotidienne. Les travaux archéologiques (qui se sont intensifiés en Chine depuis les années 1950) ont mis au jour des trésors d’objets antiques. Les troubles politiques et les contacts étrangers affectent le caractère de l’art chinois durant les siècles qui suivent l’effondrement de la dynastie Han, en 220 apr. J.-C. Le bouddhisme, introduit au ier siècle apr. J.-C., connaît un grand essor à partir du iiie siècle. Il apporte depuis l’Inde de nouveaux styles dans les domaines de l’architecture, de la peinture et de la sculpture. La doctrine bouddhiste met l’accent sur la capacité de l’esprit humain à transcender la mort. Elle provoque le déclin des coutumes funéraires fastueuses. Lorsque la Chine est unifiée par la dynastie Tang au viie siècle, la peinture de paysage et le portrait prospèrent. Aux préoccupations artistiques traditionnelles s’ajoutent désormais des aspects cosmopolites et matérialistes ; l’architecture profane atteint une splendeur sans précédent. Sous les Tang, les progrès techniques de la céramique amènent le développement de la porcelaine. Les productions artistiques des Tang se raffinent et se développent au cours des dynasties suivantes. Avec les Song du Nord (à partir du xe siècle), la peinture acquiert un statut comparable à celui de la calligraphie, considérée comme un art à part entière depuis les Han. On réalise en quantité, pour les collections impériales, des tableaux d’oiseaux et de fleurs, d’animaux et d’enfants — sujets de prédilection de l’art chinois. La peinture de paysage devient le moyen d’expression artistique et philosophique préféré des wenren, peintres amateurs lettrés exerçant hors de la cour. À côté des arts picturaux, la poterie et la porcelaine chinoises — l’une des formes les plus développées et les plus persistantes de l’art oriental — atteignent de nouveaux sommets de splendeur esthétique et technique. Les empereurs et les sujets fortunés décorent leurs résidences avec des laques, des tapisseries tissées, des sculptures sur ivoire, des jades sculptés ou de l’orfèvrerie. À partir de la dynastie Song, l’architecture progresse en raffinement jusqu’aux Ming. De nombreux édifices des périodes Ming (1368-1644) et Qing (1644-1912) subsistent encore à Pékin. Durant toute l’histoire de la Chine, les artistes ont reçu une formation très poussée dans chacun de leurs domaines spécifiques. À l’exception des artistes amateurs, ils sont membres d’ateliers bien organisés et de taille importante. Les familles transmettent aux générations successives la connaissance des matériaux et des techniques. Les artistes chinois utilisent des outils relativement simples, comme les brosses de bambou ou les peignes de bois, mais la conception des métiers à tisser, des fours à céramique et des fonderies révèle la maîtrise des processus de production complexes. Le tour de potier « à grande vitesse » inventé à l’âge néolithique, les remarquables résultats de la fonte du bronze durant la dynastie Shang témoignent d’un haut degré de compétence technique chez les artistes de la Chine archaïque.
La civilisation Shang résulte de l’évolution qui se dessine lors de la période néolithique (v. 4000-2000 av. J.-C.), époque importante dans l’histoire de la Chine archaïque. Les débuts de l’agriculture et de la domestication des animaux favorisent l’organisation de l’habitat en villages. Avec ce nouveau mode de vie apparaissent les premiers rites funéraires chinois ; des objets de la vie quotidienne, enterrés avec les défunts, ont ainsi été conservés. Les tombes néolithiques ont livré une grande diversité de céramiques, dont les plus remarquables sont de grandes jarres peintes, probablement des vases d’offrandes funéraires, ainsi que des vases à pieds d’argile noire polie, façonnés sur un tour de potier. Des outils de jade et de pierre ont été exhumés. Il est en outre vraisemblable que les Chinois de la période néolithique possédaient des connaissances en métallurgie. La dynastie Shang trouve son origine dans un clan de villageois du néolithique, dans la province chinoise du Henan. Son histoire est divisée en deux périodes, celle qui précède et celle qui suit l’installation de la capitale à Anyang, au xiiie siècle av. J.-C. Des cités Shang sont fondées avant celle d’Anyang. Dans les tombes de ces sites ont été découverts la plupart des objets fabriqués de cette période : céramiques, jades et vases de bronze. Ces objets attestent l’existence de rituels nécessitant des récipients spéciaux pour la nourriture et pour les alcools. Les cérémonies, suscitant une demande de vases de plus en plus raffinés dans leur décoration, ont stimulé les progrès techniques de la métallurgie. La période postérieure à la fondation d’Anyang correspond aux deux cent cinquante dernières années de la domination des Shang. Elle est connue grâce aux travaux archéologiques entrepris dans les environs de cette ancienne capitale. Les inscriptions oraculaires trouvées sur des os d’animaux (divination par la scapulomancie) et les vases de bronze attestent que les souverains sont soucieux d’assurer leur éternité. Ils pratiquent le culte des ancêtres, ce qui nécessite des offrandes d’aliments et de boissons dans leurs temples et permet d’expliquer la présence de vases aux formes adaptées. Les Shang vénèrent plusieurs idoles. La surface de ces bronzes rituels est entièrement décorée de monstres et d’oiseaux, parfois même d’une silhouette humaine. Convaincus qu’ils peuvent emporter leurs biens matériels dans l’autre monde, les membres de la famille royale se font enterrer accompagnés de leurs serviteurs (esclaves ou prisonniers de guerre) et d’une partie de leurs richesses personnelles. En 1975, des archéologues chinois ont découvert, aux environs d’Anyang, la tombe de l’épouse préférée d’un souverain Shang. L’inventaire a relevé plus de 400 vases et armes de bronze, ainsi que 600 objets de jade et de pierre. Des bronzes d’animaux et d’oiseaux, et des figurines de jade soigneusement sculptées témoignent encore de la précocité et de la valeur de l’art dynastique de la Chine archaïque.
Les Shang ne parviennent pas à endiguer l’invasion des Zhou, tribu vivant à leur frontière occidentale, qui attaquent Anyang puis établissent le siège de leur dynastie près de l’actuelle ville de Xi’an (dans le Shaanxi). Dans les premiers temps, ils préservent la culture des Shang. Les bronzes et les jades du début des Zhou, appelé période des Zhou occidentaux (v. 1027-771 av. J.-C.), ressemblent à ceux de la dynastie précédente. Mais les vases rituels de bronze, autrefois utilisés dans les temples, deviennent également des présents offerts par l’empereur à des sujets puissants. Ils commémorent des victoires à la guerre ou l’attribution d’une terre. Ces bronzes portent en général de longues inscriptions expliquant l’événement commémoré. La dynastie Zhou, soumise aux attaques ennemies, doit transférer sa capitale à Luoyang (dans le Henan) en 770 av. J.-C., année qui marque le début de la période des Zhou orientaux (770-221 av. J.-C.). La rupture géographique se reflète nettement dans l’art des bronzes qui sont offerts en cadeaux de mariage pour la décoration des intérieurs. Une ornementation abstraite et colorée, incrustée d’or et de pierres semi-précieuses, remplace les images d’animaux et de monstres totémiques. Les cloches de bronze et les miroirs sont également appréciés. Des peintures sur soie, premiers spécimens du genre, ont été découvertes dans les tombes des Zhou orientaux. La sculpture sur bois, le travail du laque et la poterie vernissée témoignent de nouvelles techniques et de nouveaux styles, apparus au cours de la dernière période Zhou.
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