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Plan de l'article
tonalité, organisation d’un certain nombre de sons de différentes hauteurs autour d’une note, appelée tonique, qui sert de centre de gravité. Une tonalité est définie par les relations entre les notes d’une gamme (majeure ou mineure) et les accords réalisés avec ces notes (telles quelles ou altérées).
La gamme actuelle, formée de sept notes, définit la tonalité. Si la première tierce se compose de deux tons, la tonalité est dite « majeure » ; en revanche, si la première tierce ne comporte qu’un ton et demi, la tonalité est dite « mineure ». La tonique a des rapports étroits avec la sous-dominante (4e degré de la gamme) et avec la dominante (5e degré de la gamme), qui sont à égale distance, de quinte inférieure ou supérieure, avec la fondamentale. Par exemple, dans la tonalité de do majeur, le fa (sous-dominante) est en rapport de quinte inférieure avec le do, sa tonique, et le sol (dominante) se trouve à une quinte supérieure du do (voir intervalle). La tonalité se définit également par son accord parfait, majeur ou mineur. Une pièce dite « classique » commence souvent par l’accord parfait majeur et se termine de même.
La tonalité a toujours obéi à des systèmes rigoureux, qui ont cependant fini par évoluer. De l’Antiquité au Moyen Âge, la musique étant essentiellement vocale, donc mélodique (avec ou sans instrument), le terme de tonalité n’a aucune raison d’être. C’est avec la musique d’Église qu’apparaissent des modes nouveaux, dits « modes ecclésiastiques ». Depuis cette période jusqu’au xxe siècle, la tonalité a constitué le système harmonique dominant de la musique occidentale (voir histoire de la musique). À partir du xviie siècle, la tonalité est réservée aux modes majeur et mineur. Dans les deux livres du Clavier bien tempéré (1722-1744) de Jean-Sébastien Bach, toutes les tonalités, majeures et mineures, se trouvent représentées sous forme de préludes ou de fugues. La notion de « basse fondamentale » (ou « basse continue »), qui a engendré la science des accords, est quant à elle définie par Jean-Philippe Rameau dans son Traité de l'Harmonie, en 1722. Au xixe siècle, l’usage du chromatisme provoque l’élargissement de la tonalité. Puis au xxe siècle apparaissent la bitonalité (par exemple chez Darius Milhaud), la polytonalité (chez le compositeur américain Charles Ives) et l’atonalité (chez Arnold Schoenberg, à partir de 1907). Dans la musique atonale (dodécaphonique ou sérielle), la notion de basse fondamentale et la hiérarchie absolue entre les différents sons n’existent plus. Toutefois, malgré ces tentatives d’échapper à la tonalité, celle-ci est encore présente chez certains compositeurs contemporains : l’Estonien Arvo Pärt l’a notamment remise à l’honneur.
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