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Jacob, Max

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Jacob (Max), le CygneJacob (Max), le Cygne
Plan de l'article
1

Présentation

Jacob, Max (1876-1944), écrivain et peintre français dont l’œuvre, à la fois humoristique et profondément mystique, est saluée par les surréalistes.

2

La bohème montmartroise

Né à Quimper où sa famille, juive d’origine allemande, s’est installée en 1806 — son père Lazare Alexandre choisit, en 1888, de prendre pour patronyme le nom de sa femme, Jacob —, Max Jacob suit des études classiques tout en s’adonnant au dessin et à la musique et en se passionnant pour la littérature symboliste. Après de brillantes études secondaires, il obtient en 1894 une bourse d’études et entreprend de préparer l’École coloniale à Paris. Il s’en détourne au profit de la critique d’art, faisant des chroniques sur diverses expositions dans le Moniteur des arts. Il partage alors la vie de bohème, « cette vie de privations et de souffrances », de l’avant-garde artistique, regroupée autour du Bateau-Lavoir à Montmartre — c’est lui qui est à l’origine de ce nom, qu’il choisit en hommage aux bateaux dans lesquels les lavandières lavaient leur linge. Il se lie d’une amitié sincère et fidèle avec la plupart des écrivains et artistes du moment, dont Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, Francis Carco ou André Salmon, qui se retrouvent au Bateau-Lavoir que Picasso appelle désormais « Au rendez-vous des poètes ». Max Jacob devient ainsi le témoin privilégié de la naissance du cubisme. Esprit anticonformiste, souvent déconcertant, aux talents éclectiques, il pratique la peinture, s’intéresse au théâtre, à la chiromancie, à l’astrologie et compose des livres pour enfants (Histoire du roi Kaboul Ier et du marmiton Gauvain, 1903 ; le Géant du soleil, 1904).

3

L’évidence religieuse

Deux apparitions du Christ (la première sur le mur de sa chambre en 1909, la seconde en 1914) marquent sa « naissance spirituelle » et le convainquent d’abandonner la religion juive pour la foi catholique. Il raconte la première apparition dans la Défense de tartuffe (1919) : « Il y avait sur mon mur un Hôte. Je tombai à genoux. […] dès que mes yeux eurent rencontré l’Être Ineffable, je me sentis déshabillé de ma chair humaine, et deux mots seulement m’emplissaient : mourir, naître. » « Il a une robe de soie jaune et des parements bleus. Il se retourne et je vois cette face paisible et rayonnante ». Il se fait baptiser en 1915 sous le nom de Cyprien, avec Pablo Picasso pour parrain. Il relate ses expériences mystiques dans la trilogie intitulée Saint Matorel (Saint Matorel, mystère chrétien, 1909 ; les Œuvres burlesques et mystiques du frère Matorel, mort au couvent de Barcelone, 1912 ; le Siège de Jérusalem, 1912). Cette foi est contrebalancée par sa vie nocturne agitée, foisonnante, et il est souvent considéré comme fantaisiste. Lucide, dans l’une de ses lettres à René Rimbert (1936), il dit : « les tentations et même nos chutes acceptées comme des humiliations seront aussi des mérites si nous savons offrir nos faiblesses à Dieu avec des larmes ». Sa conversion est également, avec son homosexualité, l’un des points de rupture avec André Breton et le surréalisme.

4

Le cornet à poèmes

En 1917, Max Jacob réunit de courts poèmes en prose dans un recueil célèbre intitulé le Cornet à dés, avec lequel il entend participer à l’esprit de son temps, à ce qu’on a appelé par la suite, en se référant aux expériences de Picasso sur le collage, le « cubisme littéraire ». L’ouvrage, imaginatif et souvent cocasse, influence durablement les surréalistes. « Tu n’as qu’à chantonner et à mettre des mots dessus. Tu prends un mot, tu le casses, tu le retournes, tu le retournes. Ainsi le Cormoran, le corps Morand… », explique-t-il à Yvon Bélaval. Le théoricien dès lors ne cesse de dialoguer avec les poètes les plus novateurs, tels Guillaume Apollinaire ou Pierre Reverdy (Art poétique, 1922 ; Conseils à un jeune poète, posthume, 1945). Après les poèmes et les proses autobiographiques paraissent les poèmes lyriques et fantaisistes du Laboratoire central (1921).

Il revient également à ses origines bretonnes en livrant en 1911, sous le pseudonyme de Morven le Gaélique, la Côte, recueil de chants celtiques, qu’il enrichit au fil des années (Poèmes de Morven le Gaélique, posthume, 1953). Parallèlement à son œuvre d’écrivain, Max Jacob se consacre à la peinture. Ses gouaches inspirées par des paysages de Bretagne, de Paris, du Val de Loire ou par des scènes de cirque lui assurent les revenus que ne lui procure pas l’écriture. Il expose pour la première fois en 1926 chez Bernheim. Il enlumine également ses manuscrits.

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