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Jacob, MaxArticle
Plan de l'article
Présentation ; La bohème montmartroise ; L’évidence religieuse ; Le cornet à poèmes ; La retraite ; Témoin et martyr
Durant la Première Guerre mondiale, Max Jacob fait la connaissance de Amedeo Modigliani, qui réalise son portrait, et de Jean Cocteau. En 1921, il quitte Paris et fait une première retraite à l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où il compose, dans la veine de Cinématoma, fragments des Mémoires des autres (1920) et des nouvelles du Roi de Béotie (1921), récit de son séjour pénible à l’hôpital Lariboisière après qu’il a été renversé par une voiture. Il produit également l’essentiel de son œuvre romanesque (le Cabinet noir, 1922 ; Filibuth ou la Montre en or, 1923 ; le Terrain Bouchaballe, 1923), qui distille des portraits satiriques de la petite bourgeoisie. Sa poésie se nourrit alors de ferveur religieuse (Visions infernales, 1924 ; les Pénitents en maillots roses, 1925 ; le Fond de l’eau, 1927).
Max Jacob renoue un temps à Paris avec le cours d’une vie mondaine et dissolue, écrit pour le théâtre et compose de nouveaux poèmes, avant de reprendre le chemin de l’abbaye. En 1938, paraissent les poèmes de Ballades. Pénitent hanté par le pressentiment d’une mort tragique, il appréhende la guerre. Les siens sont durement touchés : sa sœur aînée succombe en 1942 puis son frère et sa plus jeune sœur sont déportés. Bien que converti au christianisme, il est contraint de porter l’étoile jaune. Il est alors arrêté le 24 février 1944, par la Gestapo (« J’ai ta peau ») et est emprisonné à la prison d’Orléans puis déporté au camp de Drancy. Il y meurt le 5 mars 1944 d’une pneumonie. Au lendemain de la guerre paraissent les Derniers poèmes en vers et en prose (1945), le Miroir d’astrologie (1949) et une abondante correspondance « extraordinaire de jaillissement et de style » (Jean Grenier), notamment avec Marcel Béalu, Yvon Bélaval, Jean Cocteau ou Marcel Jouhandeau. Raymond Queneau lui a rend un hommage dans « C’était il y a trente ans » (1974) : « Max fut un témoin de la poésie, un témoin aussi de sa religion. On ne le prit pas toujours au sérieux (il s’y prêtait d’ailleurs — par humilité ? par négligence ?). Il fut méconnu, méconnu par ses pairs, les poètes eux-mêmes […] par ses coreligionnaires […] Seuls le prirent au sérieux des persécuteurs qui […] lui donnèrent enfin — et hélas — la palme qu’il méritait, la palme réelle du martyr et du témoin véritable ».
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