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    Malevitch, Kazimir 1878-1935, peintre russe, pionnier de l’art abstrait, théoricien du suprématisme.

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Malevitch, Kazimir

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Malevitch, SuprematismMalevitch, Suprematism
Plan de l'article
1

Présentation

Malevitch, Kazimir (1878-1935), peintre russe, pionnier de l’art abstrait, théoricien du suprématisme.

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Une avant-garde en éruption

Né à Kiev, Kazimir Severinovitch Malevitch est issu d’une famille polonaise déportée en Ukraine. Il étudie à l’école d’art de Kiev, puis à l’académie privée de Rerberg, à Moscou : ses premières œuvres sont exécutées sous l’influence du néo-impressionnisme (il est notamment marqué par Claude Monet), du fauvisme et de Paul Cézanne. En 1910, il présente ses œuvres à l’exposition d’avant-garde russe, « le Valet de Carreau », à travers laquelle, selon ses propres termes, « la couleur sidérait en enflammant le cerveau habitué à la peinture tranquille et monotone ». De cette exposition naît une association d’artistes homonymes qui est « le premier volcan en éruption sur la clairière du sommeil séculaire de l’art plastique ». En 1912, il participe à l’exposition futuriste « Noir et Blanc » organisée à Munich par Der Blaue Reiter. Analysant les apports du futurisme et du formalisme à travers les poètes Vladimir Maïakovski, Alexeï Kroutchenykh et Velimir Khlebnikov, puis du cubisme, il produit des toiles où le morcellement géométrique de formes cylindriques est à la source du motif. Jusqu’en 1913, Kazimir Malevitch, quel que soit le style en « -isme » qu’il explore, continue à exploiter la représentation figurative avant de la brouiller peu à peu, passant de « l’alogisme » (présence de quelques éléments figuratifs dans une toile) à son effacement.

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Naissance du suprématisme

Kazimir Malevitch met ensuite en place un style proche du cubisme synthétique en y agrégeant, à l’aide d’une palette très colorée, une combinatoire complexe d’éléments dont le lien n’est plus la raison figurative, mais la réalité purement plastique du monde des objets : l’Aviateur (1914) en témoigne. Il fonde sa démarche sur la « suprématie de la pure sensibilité ».

En décembre 1915, à Petrograd, durant l’exposition « O,10 » organisée par le peintre Jean Pougny, Kazimir Malevitch expose ses premières toiles abstraites qu’il définit comme « suprématistes », notamment Carré noir sur fond blanc (1915) à propos de laquelle il affirme « le carré égale la sensation, le fond blanc égale le Rien en dehors de cette sensation ». Il explique en 1916 : « Je me suis transfiguré dans le zéro des formes et suis allé au-delà du zéro vers la création, c’est-à-dire vers le suprématisme, vers le nouveau réalisme pictural, vers la création non-figurative ». Il tend alors vers une éclipse totale du figuratif au profit d’une abstraction pure. Il publie à la même époque le Manifeste du suprématisme. Les autres toiles présentées déclinent cette forme première en des rectangles, triangles, cercles et croix. Kazimir Malevitch analyse, par cette abstraction de l’épure, les tensions de l’objet pictural avec l’espace réel du monde.

Le suprématisme évolue vers un arrangement de formes primaires dans le plan du tableau, sans dénier la présence d’aplats géométriques de couleur. En 1918, il achève son parcours absolu avec une série de Blancs sur blanc : d’un signe insinuant l’espace, le tableau devient alors une composante matérielle de celui-ci en même temps qu’une ultime allusion à la vérité physique de l’acte de peindre. Les activités de Kazimir Malevitch se multiplient et il applique ses théories à l’architecture, voulant introduire le suprématisme dans la vie quotidienne.

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Le suprématisme : une synthèse

La réelle production abstraite de Kazimir Malevitch ne couvre que quelques années de sa vie, de 1915 à 1920. Tout le reste de sa production est figurative. Mais la radicalité de cette période tranche tellement sur le reste de sa production qu’elle est retenue comme représentation du « suprématisme ». Il ne faut cependant pas croire que l’exploration des différents styles artistiques y est totalement étrangère, car le suprématisme de Kazimir Malevitch est avant tout une analyse et une synthèse de l’histoire de l’art. L’innovation et l’originalité de son œuvre consistent dans l’usage de la lumière comme principe : lumière qui crée l’existence même d’une chose, d’une forme dans l’espace. Les objets sont découpés par la tranche des rais de lumière. Les mains, les pieds, les têtes disparaissent puisqu’ils ne sont que des corps géométriques sujets à la décomposition et à la dislocation totale dans l’espace. Ce qui sépare Kazimir Malevitch de Wassily Kandinsky ou Piet Mondrian, c’est que ces derniers sont parvenus à l’abstraction par étapes successives, peinture après peinture, dans une lente maturation. Chez Kazimir Malevitch, la découverte a été quasi spontanée. Le monde vivant se vide de ses objets, vers l’au-delà du zéro, vers des « espaces de rien ». Ses toiles sont d’une totale planéité, le volume ainsi que la perspective disparaissent. Elles peuvent êtres regardées dans n’importe quel sens, il n’y a ni haut ni bas, ni droite ni gauche, selon l’axiome que « l’univers n’a ni plafond, ni sol, ni fondation, ni horizon. » Ses théories suprématistes, formalisées à l’aide du poète russe Vladimir Maïakovski, ont d’abord été publiées dans des brochures à partir de 1915, puis en Allemagne, en 1928, sous le titre Die Gegenstandslose Welt (« le Monde sans substance »).

En 1919, Kazimir Malevitch s’installe à Vitebsk (aujourd’hui en Biélorussie) et fonde, notamment avec El Lissitzky, l’Ounovis, la première école consacrée à l’art moderne (1919-1922). De 1923 à 1926, à Pétrograd, il reprend les rênes de l’Institut national de la culture artistique (Ghinkhouk). Cette période pédagogique, pendant russe du Bauhaus, est suivie par un retour à la figuration et au modelé classique traitant de sujets divers, notamment christiques et politiques, dénonçant le régime totalitaire, surtout après son emprisonnement « pour liaison avec l’étranger » en 1930.

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