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BurkinaArticle
Plan de l'article
Le développement économique du Burkina est handicapé notamment par l’enclavement du pays et par la pauvreté de son sol latéritique qui ne retient pas l’eau. L’approvisionnement en eau constitue un problème crucial à la fin de chaque saison sèche et, sauf dans le Sud, les possibilités d’irrigation sont réduites. Environ 17,9 p. 100 du territoire sont cultivés, parfois de façon itinérante, et 37 p. 100 sont couverts de pâturages. Le sous-sol, en revanche, offre des possibilités : le Burkina, réputé autrefois pour ses petits gisements d’or et le travail de ses forgerons (l’alimentation des bas fourneaux pour la réduction du minerai de fer a pu contribuer au déboisement du pays), possède aussi des gisements de manganèse, de cuivre, de fer, de cassitérite (minerai d’étain) et de phosphates.
La population du Burkina était de 14,3 millions d'habitants en 2007, pour une densité de 52,3 habitants au km². Les difficultés naturelles entraînent une forte émigration vers les plantations de café ou de cacao de la zone forestière et vers les ports de Côte d’Ivoire, où vivent près de 2 millions de Burkinabés, vers ceux du Ghana, du Togo, et même du Nigeria. Cette émigration peut être saisonnière, les hommes quittant leur village plusieurs mois par an, durant la longue saison sèche au cours de laquelle toute vie agricole est arrêtée. Le taux de mortalité infantile s’élevait en 2007 à 89,8 p. 1 000 ; l’espérance de vie était estimée à 49 ans. Les Lobi, les Gourounsis et les Sénoufo seraient parmi les premiers habitants du pays. Les Mossi constituent la moitié de la population et donnent au pays une cohésion culturelle et politique ; ils se sont installés au cours de migrations anciennes ainsi que les Bobos, les Gourmantchés et d’autres groupes de langue mandé. Les pasteurs peul vivent en symbiose économique avec les agriculteurs traditionnels. Dans le Nord, les grands troupeaux des éleveurs touareg et peul parcourent une steppe frappée par les sécheresses avant d’être convoyés vers le sud pour nourrir les pays méridionaux (Côte d’Ivoire, Ghana) où la trypanosomiase (ou maladie du sommeil) représente un obstacle à l’élevage. Un quart seulement de la population burkinabé habite les villes. Ouagadougou (709 736 habitants), la capitale, est la plus grande ville, Bobo-Dioulasso (309 771 habitants), le grand centre économique. Le Burkina est divisé en 45 provinces.
Le français est la langue officielle. Les langues de la famille soudanaise, comme le moré (mossi) et le dyula, la langue des commerçants dyula, sont parlées par la majeure partie de la population. Environ 65 p. 100 des Burkinabés pratiquent les religions traditionnelles animistes qui imprègnent l’islam (25 p. 100 de la population) et le catholicisme (10 p. 100).
Le niveau d’alphabétisation demeure très insuffisant ; un peu plus d’un habitant sur quatre sait lire et écrire. L’école est gratuite et obligatoire pour les enfants de 7 à 12 ans, mais, en raison du manque d’enseignants et du caractère rural du pays, un tiers seulement des enfants peut en bénéficier réellement. Malgré des efforts importants de la part des pouvoirs publics, le taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire est seulement de 10 p. 100 (2000-2001). Moins de 1 p. 100 des jeunes Burkinabés suivent un cursus dans l’enseignement supérieur, à l’université de Ouagadougou et dans les établissements d’enseignement professionnel. Des bourses permettent à certains étudiants de compléter leur formation dans des universités européennes et africaines plus importantes (au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en France notamment).
Les émissions radiophoniques sont produites en français et dans la dizaine de langues nationales. Le pays possède une presse vivante au ton parfois mordant (4 quotidiens et plusieurs hebdomadaires) qui reflète une vie politique et syndicale traditionnellement animée. Ouagadougou accueille, tous les deux ans, le Fespaco, festival panafricain du cinéma qui s’est imposé sur le marché mondial. Le pays a développé sa propre filière cinématographique, avec une école nationale du cinéma et une société de production privée (voir cinéma africain). L’expression artistique des Mossi et des Bobos est proche de celle des peuples de la savane occidentale. L’art contemporain s’inspire de ces cultures traditionnelles mais est également marqué par l’influence islamique et a développé une créativité originale autour de la récupération d’objets manufacturés (voir art d’Afrique noire).
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