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Arrivée d'immigrants à Ellis Island (New York, États-Unis)Arrivée d'immigrants à Ellis Island (New York, États-Unis)
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Les migrations intérieures

La définition des migrations intérieures est relativement simple puisque les déplacements s’effectuent sans passer une frontière nationale. Il convient tout de même d’en distinguer deux types : les migrations saisonnières ou temporaires et les migrations de longue durée ou définitives.

3.1

Les migrations intérieures saisonnières ou temporaires

Quoique de durée limitée et de caractère cyclique, les migrations saisonnières ou temporaires diffèrent des migrations pendulaires par leurs causes. Elles sont souvent caractéristiques de sociétés rurales en proie à des difficultés d’ajustement dans les calendriers d’économie agricole ; les migrants fournissent alors une main-d’œuvre d’appoint à certains moments de l’année. Ces migrations saisonnières ont, à quelques rares exceptions près, totalement disparu des pays industrialisés. Très répandues jusqu’à la fin du xixe siècle, elles concernaient essentiellement les régions connaissant un trop-plein démographique : ouvriers agricoles du Haut-Piémont se déplaçant vers la plaine du Pô ou vendangeurs du sud du Massif central vers les vignobles du Languedoc. Aujourd’hui, cette main-d’œuvre agricole, bien moins nombreuse du fait de la modernisation des campagnes, est surtout étrangère (Marocains, et plus récemment Européens de l’Est).

Dans de nombreux pays du tiers-monde, ce type de migrations demeure important, notamment en Tanzanie pour la récolte du sisal, au Sénégal et au Mali vers les zones productrices d’arachides ou encore au Brésil vers les régions sucrières ou caféières. Cette migration de pauvres, uniquement masculine, ne rapporte généralement guère à ceux qui la pratiquent car les salaires sont maigres, mais reste néanmoins un appoint indispensable à la survie de certaines familles.

3.2

Les migrations intérieures définitives ou de longue durée

De tous les types de migrations qui se produisent dans le monde, les migrations intérieures définitives ou de longue durée sont de loin les plus importantes. Les déplacements des campagnes vers les villes (voir exode rural) constituent le flux principal. Si les pays développés ont été les premiers concernés (dès la fin du xviiie siècle pour l’Angleterre et au milieu du xixe siècle en France), les pays en voie de développement connaissent actuellement le même type d’évolution structurelle. Parmi les campagnes les plus touchées figurent les zones proches des grands centres urbains et les régions dont les populations sont mal enracinées ou qui comportent une forte proportion de paysans sans terre. Au Brésil, le système latifundiaire (qui repose sur de grandes propriétés agricoles privées d’exploitation archaïque) a ainsi longtemps représenté un obstacle à toute réforme agricole, participant par là-même à la croissance de grandes métropoles comme São Paulo ou Brasilia.

Dans les pays développés, les migrations des campagnes vers les villes demeurent certes toujours une composante non négligeable des migrations intérieures, mais le phénomène de rurbanisation — déplacement des populations vers des zones périurbaines plus ou moins éloignées de la ville — est également courant. Parallèlement, les mouvements migratoires d’une zone urbanisée vers une autre prennent une ampleur croissante. Les villes minières ou de vieilles structures industrielles perdent ainsi leurs habitants au profit des villes à dominante tertiaire et les villes moyennes pour les capitales régionales.

3.3

Les causes des migrations intérieures

En dépit de la diversité des facteurs qui pèsent sur la décision de migrer, les considérations économiques sont probablement les plus influentes. Les « champs migratoires » intérieurs, de la même façon que les champs de la migration internationale, donnent ainsi une illustration des inégalités régionales ; aux États-Unis, des études ont montré que les migrations se faisaient essentiellement des États à faible revenu moyen par tête vers des États à revenu élevé (selon la terminologie sociologique : facteurs push et pull, d’expulsion et d’attraction).

D’autres facteurs, non économiques, peuvent également intervenir, dont les raisons familiales ; le mariage demeure en effet une raison importante de déplacement, aujourd’hui comme par le passé, ainsi que les départs en retraite. Le climat et plus généralement l’agrément qu’offrent certaines régions semblent alors jouer un rôle primordial, à l’instar de la Côte d’Azur en France, les îles Baléares et la Costa del Sol en Espagne ou encore la Californie et la Floride aux États-Unis, régions particulièrement propices à l’accueil de personnes appartenant à cette catégorie (retraités).

3.4

Caractéristiques des migrants intérieurs

Dans les pays en développement, les migrants possèdent des caractéristiques communes aux personnes ayant quitté l’Europe au xixe siècle. Jeunes, puisqu’une majorité a entre quinze et vingt-quatre ans (les 2/5e en Thaïlande, et les 3/4 au Nigeria), ce sont également le plus souvent des hommes célibataires. En Afrique, de nombreux jeunes partent ainsi en ville afin de pouvoir payer la dot qui conditionne leur mariage ; la plupart sont agriculteurs, éleveurs, paysans sans terre ou petits propriétaires.

Dans les pays développés, les migrants sont également jeunes. Le taux de mobilité atteint son maximum à l’âge des études et du premier emploi ; à Paris ou à Londres, plus de la moitié des migrants ont entre quinze et vingt-neuf ans et ils sont plus de 75 p. 100 à Turin et à Oxford. Le nombre de femmes est sensiblement identique à celui des hommes et les couples mariés sont nombreux. Quant aux distances parcourues, elles sont habituellement plus importantes que dans les pays du tiers-monde, les zones de « recrutement » de chaque ville dépassant largement leur zone d’influence proprement dite.

3.5

Les migrations pendulaires ou alternantes

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