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Plan de l'article
Présentation ; Un patriote italien… ; …dans l’action révolutionnaire ; Un républicain contre des monarchistes ; Une riche postérité
Mazzini, Giuseppe (1805-1872), patriote et révolutionnaire italien, qui a combattu pour la réalisation de l’unité italienne.
Né à Gênes, dans une famille de patriotes francophiles, Giuseppe Mazzini étudie la philosophie (1819-1822), puis le droit (1822-1827), obtient sa licence en 1827 et entre au barreau. Dès cette époque, il affirme que la « patrie d’un Italien n’est ni Rome, ni Florence ou Milan, mais l’Italie tout entière » ; et pour faire triompher ses idées unitaires, il adhère à la charbonnerie. Il s’y fait ardent propagandiste des idées révolutionnaires et démocratiques et crée de nouvelles loges, comme à Livourne en 1830. Poursuivi par la police sarde pour son activité de carbonaro, il est arrêté et emprisonné à Savone. Libéré en février 1831, il doit s’exiler et gagne la Suisse, puis la France, où il se fixe à Marseille. De là, il écrit une lettre publiée par de nombreux journaux et adressée au roi de Piémont-Sardaigne, Charles-Albert, dans laquelle il l’enjoint à prendre la tête du mouvement national italien. Cette demande n’aboutissant pas, Mazzini fonde, en juillet 1831, le journal et le mouvement Jeune-Italie (Giovine Italia), qui compte bientôt des sections dans de nombreuses villes italiennes. Déterminé à chasser les Autrichiens d’Italie, pour réaliser l’unité politique de la péninsule, et à installer la république, Mazzini se fait le promoteur de l’action révolutionnaire.
Jusqu’en 1848, sa vie est jalonnée de tentatives révolutionnaires, d’échecs, de nouveaux exils. Condamné à mort par contumace en 1832 après l’échec d’une conspiration d’émigrés patriotes en Piémont-Sardaigne, il se réfugie en Suisse où il crée, en 1834, le mouvement Jeune-Europe (Giovine Europa). Les associations que Mazzini fonde doivent non seulement organiser des révolutions, mais aussi éduquer le peuple : il estime en effet que l’Italie pourra s’unifier seule, sans aide étrangère, à la condition que l’inertie de la population soit vaincue. C’est en ce sens qu’il rédige de nombreux ouvrages politiques, tels que Foi et Avenir (1835), Devoirs de l’homme (1837), République et royauté en Italie ou Proses politiques de G. Mazzini (1849). Il fait du couple « pensée et action » son slogan. Il réfléchit également au concept de l’État, qu’il conçoit comme une communauté morale : la morale doit guider ses actes pour améliorer l’humanité, l’amener sur la voie du progrès et du bonheur. Cette dimension mystique prend tout son essor dans sa vision de l’humanité, unie par des droits et des devoirs communs. C’est une mission qu’il fixe à la « Troisième Rome », celle qui doit succéder à la Rome impériale et à la Rome pontificale. En 1837, Mazzini reprend la route de l’exil pour la Grande-Bretagne, où il est accueilli par les milieux libéraux anglais. De Londres, il se fait connaître des milieux patriotiques en lançant un (vain) appel au pape Pie IX, enjoignant ce dernier de prendre la tête d’un mouvement émancipateur (8 septembre 1847). Rentré en Italie à la faveur du « Printemps des peuples » de 1848, Mazzini dirige l’insurrection napolitaine puis se rend à Rome où il participe à la révolution. Le 9 février 1849 est proclamée la République romaine dont il devient l’un des triumvirs, avec Saffi et Armelli. Néanmoins, il doit céder devant les troupes françaises du général Oudinot (juillet 1849) et repart pour l’exil. Depuis Londres, il tente vainement de susciter des soulèvements républicains à Mantoue (1852), à Milan (1853), à Gênes (1857) et à Livourne (1857).
Le républicanisme de Mazzini apparaît de plus en plus extrémiste aux yeux des partisans d’une monarchie fédérative et libérale qui voient dans la maison de Savoie le garant de l’Unité italienne. Durant son exil anglais, il perd peu à peu le contact avec la population italienne et avec ses aspirations. Revenu en Italie en 1859, Mazzini tente encore de s’opposer à la proclamation du royaume d’Italie en 1861, au profit de Victor-Emmanuel II, revendiquant toujours la République. Vivant alors dans la clandestinité, sous un faux nom, il est impliqué dans les soulèvements de Venise (1862) et de Rome (1863) : il est emprisonné à Gaète (août-octobre 1870). À sa libération, il s’installe à Pise, où il meurt.
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