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Indépendance américaine, guerre de l'Article
Plan de l'article
Présentation ; Aux origines du conflit ; Le déroulement de la guerre ; Traités de Paris et de Versailles
La situation explose le 21 juin 1768, lorsque les officiers des douanes saisissent le bateau Liberty de John Hancock, un marchand de Boston. Des milliers de Bostoniens se rebellent. Quand la nouvelle de l’émeute du Liberty est connue à Londres, quatre régiments de l’armée britannique (soit 4 000 soldats environ) sont détachés à Boston pour protéger les commissaires aux douanes, menacés par les habitants. Le mépris dont font preuve les troupes britanniques à l’égard des colons mène inévitablement à la violence. Le 5 mars 1770, un drame éclate entre les troupes britanniques et les citoyens de Boston, qui huent et conspuent les soldats. L’armée tire, tuant cinq personnes. Le massacre de Boston fait naître une grande rancœur dans la colonie. Pour répondre aux boycotts économiques des colonies, le Parlement de Londres, guidé par le nouveau Premier ministre, lord Frederick North, abroge les lois Townshend en 1770, mais conserve la taxe sur le thé pour favoriser la Compagnie des Indes orientales britannique. À Philadelphie et à New York, les colons interdisent aux navires britanniques de décharger le thé. Lors de la célèbre Tea Party de Boston, un groupe de citoyens, déguisés pour la plupart en Amérindiens, aborde le bateau du capitaine Hall et jette les caisses de thé à la mer.
En représailles, le Parlement adopte, en 1774, les lois de coercition — rebaptisées par les colons « lois intolérables ». L’une des mesures consiste en la fermeture du port de Boston. Pour surveiller l’application de ces lois, le Parlement nomme, au titre de gouverneur du Massachusetts, le général de corps d’armée Thomas Gage, commandant en chef de l’armée britannique en Amérique du Nord. Bon nombre de colons pensent que les lois de coercition visent, une nouvelle fois, à bafouer leurs droits et à confondre autorités civile et militaire.
Du fait des lois de coercition, le Massachusetts reçoit le soutien et la solidarité de toutes les autres colonies. L’assemblée de Virginie convoque une réunion des treize colonies et du Canada pour envisager une action commune contre l’immixtion du Parlement dans les droits coloniaux. Le rassemblement, connu sous le nom de premier Congrès continental, a lieu à Philadelphie en septembre 1774. Le Congrès se compose de représentants de douze des treize colonies — la Géorgie n’étant pas présente. Le Congrès ne cherche pas la rupture avec le Royaume-Uni, mais essaie de définir les droits des colonies d’Amérique, de fixer les limites du pouvoir du Parlement, et de s’accorder sur la tactique à suivre pour résister aux lois de coercition. En octobre 1774, les délégués adoptent une Declaration of Rights and Grievances (Déclaration des droits et des doléances), qui rejette le droit du Parlement de taxer les colonies ou de légiférer à leurs propos, et affirme que seules les assemblées coloniales disposent de ce pouvoir. Ils concèdent à contrecœur au Parlement le droit de régler le commerce. Le Congrès rédige l’association continentale, accord demandant aux colonies de cesser toutes relations commerciales avec la métropole jusqu’à l’abrogation des lois de coercition par le Parlement. Le Congrès lève la séance en prévoyant un deuxième rassemblement, en mai 1775. À cette date, cependant, les hostilités ont déjà commencé entre le Royaume-Uni et ses colonies.
La première confrontation armée de la guerre de l’Indépendance a lieu dans le Massachusetts, et engage les quelque 3 500 hommes des forces britanniques de Boston. Le général Gage sait que les membres des milices des villes avoisinantes s’entraînent et s’organisent en sections actives, prêtes à une intervention immédiate (les minutemen). Les munitions et les ravitaillements sont rassemblés sous la direction d’un Comité de sécurité agissant pour le compte de l’assemblée provinciale. La nuit du 18 au 19 avril 1775, Gage reçoit l’ordre de lord North d’envoyer environ 800 hommes pour saisir les munitions rassemblées à Concord, à une trentaine de kilomètres de Boston. Le mouvement n’échappe pas à la vigilance du Comité de sécurité dont les messagers à cheval, notamment un orfèvre local du nom de Paul Revere, sillonnent la campagne pour donner l’alarme. Les compagnies de milice d’au moins vingt-trois villes prennent part aux combats qui se déroulent d’abord à Lexington puis près de Concord, ce qui n’est ni plus ni moins qu’une levée d’armes de toute la campagne contre les Britanniques. L’offensive des colons ne se termine pas avec la fuite des Britanniques à Boston ; les forces miliciennes continuent d’arriver à l’annonce de la « victoire » — atteignant plus de 20 000 hommes —, et encerclent la ville qui reste assiégée du 20 avril 1775 au 17 mars 1776, date de l’évacuation britannique.
Le second Congrès continental se réunit à Philadelphie le 10 mai 1775 dans un esprit de résistance accrue. Les délégués décident de faire du Congrès le gouvernement central des « Colonies unies d’Amérique », d’accepter que les troupes engagées dans le siège de Boston deviennent l’« armée continentale américaine » et de nommer, par un vote unanime le 15 juin, George Washington commandant en chef. C’est une manœuvre habile de nommer un homme de la Virginie qui amènera très probablement le soutien du Sud à un conflit mené par une armée composée en majorité de miliciens de la Nouvelle-Angleterre. Malgré tous les préparatifs de guerre, la plupart des colons britanniques espère toujours une réconciliation avec le Royaume-Uni. Dans cette optique, le Congrès adopte la motion d’Olive Branch, qui réaffirme la loyauté des colonies à George III et demande, dans une adresse de conciliation au roi, de désavouer les mesures de ses émissaires.
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