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Indépendance américaine, guerre de l'Article
Plan de l'article
Présentation ; Aux origines du conflit ; Le déroulement de la guerre ; Traités de Paris et de Versailles
Les ministres du roi George III conçoivent une nouvelle stratégie : conquérir une à une toutes les colonies du Sud, en commençant par la Géorgie. Après avoir établi un gouvernement civil allié, les Britanniques avanceront vers le nord, en élargissant la base de leurs opérations. Toute cette stratégie repose sur un élément clé : la participation active des loyalistes sudistes qui, croit-on, se soulèveront, aideront à combattre les rebelles et prendront la tête de nouveaux gouvernements civils. Le 29 décembre 1778, une expédition navale britannique de 3 500 hommes, partie de New York, prend Savannah, puis reprend le contrôle d’autres villages en Géorgie. Plus à l’ouest, une expédition américaine, sous les ordres de George Rogers Clark, commence l’année 1779 en prenant le fort britannique de Vincennes (aujourd’hui dans l’Indiana). Ce succès consolide le pouvoir américain dans toute la région nord de la vallée de l’Ohio. Quelques temps après, George Washington envoie une solide force sous les ordres du général John Sullivan dans l’ouest de l’État de New York, pour dévaster les terres et détruire les villages de la Confédération des Iroquois. Le général espère ainsi mettre fin aux raids que commanditent les Britanniques aux Amérindiens sur les villages des confins des États de New York et de Pennsylvanie. La capture surprise de l’avant-poste britannique à Stony Point, sur le fleuve Hudson, par le général « Mad Anthony » Wayne (juillet 1779) est suivie par celle d’une petite garnison britannique opérée par le commandant Henry Lee à Paulus Hook, sur la rive du Jersey (août 1779). Dans le Sud, la guerre se développe. Le Congrès a envoyé le général de division Benjamin Lincoln à Charleston (Caroline du Sud) pour prendre la direction du département des affaires du Sud. Le 9 octobre 1779, ce dernier rejoint les forces françaises du comte d’Estaing lors d’une attaque hâtivement préparée de Savannah (Géorgie) qui, contrée par les Britanniques, provoque de lourdes pertes chez les alliés. D’Estaing vogue ensuite vers la France, conformément aux ordres de Paris. Les 3 500 hommes de Lincoln sont assiégés à Charleston par une force navale britannique de 8 000 hommes, commandée par le général Clinton. Les Patriotes doivent se rendre. Sur ce, Clinton rentre à New York, laissant le général de corps d’armée Charles Cornwallis, second des forces britanniques du roi en Amérique du Nord, avec quelque 7 000 soldats de métier et des troupes de loyalistes pour terminer la conquête des Carolines. Ce dernier met en déroute un corps américain commandé par le général Gates à Camden (Caroline du Sud) le 16 août 1780, mais une lutte partisane se déploie de nouveau aux Carolines. Deux colonnes britanniques sont écrasées au cours de la bataille de Kings Mountain (7 octobre 1780) et à Cowpens (17 janvier 1781). En mars 1781, Cornwallis mène un sanglant combat à l’issue indécise à Guilford Courthouse (Caroline du Nord) contre le général de division Nathanael Greene, successeur de Gates au département des affaires du Sud. À court de ravitaillement, Cornwallis se replie ensuite à Wilmington (Caroline du Nord). Par la suite, il se déplace vers le nord pour gagner la Virginie et fortifie une position à Yorktown, sur la péninsule s’avançant dans la baie de Chesapeake, entre les fleuves York et Gloucester. Pendant ce temps, le général Greene débarrasse l’arrière-pays des Carolines des forces britanniques et bloque les derniers éléments à Charlestown. Il ne gagne aucune bataille, mais parvient néanmoins à conserver le contrôle de la région. Dans le Nord, George Washington est fortement encouragé par l’arrivée, en juillet 1780 à Newport (Rhode Island), d’environ 6 000 soldats français sous les ordres du lieutenant général Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, vicomte de Rochambeau. Les Britanniques ont retiré leurs troupes de Newport un peu plus tôt dans l’année, de façon à rassembler des forces pour leur campagne du Sud. En septembre 1780, le général Washington met au jour la trahison du général Benedict Arnold, qui a proposé de céder la forteresse clé de West Point aux Britanniques. Dès qu’il sait sa conspiration découverte, Arnold s’enfuit sur un navire de guerre britannique par le fleuve Hudson.
Depuis deux ans, George Washington tente de trouver un moyen pour mettre un terme à la guerre. Un service de renseignements, conduit par Benjamin Franklin (l’un des émissaires américains à Paris), l’informe en permanence de ce qui se passe en Angleterre et en France. À la lecture de ces rapports, le général Washington est convaincu que l’opinion publique britannique s’oppose nettement à la poursuite du conflit américain. Il sait également que les armées britanniques ne peuvent pas rester très longtemps à l’intérieur du pays, et qu’il leur faut toujours rejoindre les côtes pour se ravitailler. Il a patiemment essayé de coincer l’armée britannique entre les forces terrestres américaines et une flotte française au large de la côte. Si ce piège peut durer assez longtemps, les forces américaines seront en mesure de contraindre les Britanniques à se rendre en masse. Benjamin Franklin a bien fait comprendre l’importance de cette idée au gouvernement français. En septembre 1779, les flottes et les armées de France et d’Espagne attaquent la forteresse britannique de Gibraltar. Le Royaume-Uni ne peut pas se permettre, d’un point de vue stratégique et économique, de perdre ce contrôle d’accès à la Méditerranée. La tactique habituelle que les Britanniques appliquent en cas de guerre avec la France est de maintenir des flottes d’une puissance écrasante à l’entrée des deux principaux ports français : Brest sur l’Atlantique, et Toulon sur la Méditerranée. Quand une flotte française prend la mer, elle est impitoyablement poursuivie. En 1781 cependant, la Royal Navy n’a pas suffisamment de vaisseaux de ligne pour, à la fois, assurer le blocus des ports français et ravitailler la garnison de Gibraltar. Pour assurer ce ravitaillement, il faut systématiquement entrer en lutte pour passer les flottes hispano-françaises au large de ce port. Preuve manifeste de la faiblesse navale des Britanniques, la flotte française parvient à quitter Toulon en 1778. En 1781, au moment où Gibraltar connaît un harcèlement continuel, l’amirauté anglaise doit abandonner la surveillance de Brest. C’est ainsi que vingt-neuf vaisseaux de ligne peuvent, sous le commandement du lieutenant général François Joseph Paul, marquis de Grasse-Tilly, comte de Grasse, quitter Brest le 22 mars en direction des Antilles, mais avec l’ordre de se trouver au large des côtes américaines en juillet et en août. George Washington apprend le départ de la flotte française le 22 mai 1781 et, avec l’aide de Rochambeau, décide d’attaquer Clinton à New York. En juin, les troupes françaises sont rappelées de Newport pour venir rejoindre les forces de Washington. Néanmoins, l’attaque de New York ne s’est jamais concrétisé car les bataillons de Clinton, renforcés par 3 000 mercenaires de la Hesse, sont trop forts, et parce que la milice de la Nouvelle-Angleterre n’arrive pas à intervenir en nombre suffisant.
Le 14 août 1781, George Washington apprend que le comte de Grasse amène la flotte française dans la baie de Chesapeake. Il décide immédiatement d’attaquer Cornwallis à Yorktown (Virginie). Les hommes et l’artillerie de Washington et de Rochambeau se dirigent à marche forcée vers le sud, tout en laissant à une troupe le soin d’observer Clinton à New York. La flotte du comte de Grasse arrive à l’entrée de la baie de Chesapeake le 30 août, met en fuite une flotte britannique commandée par l’amiral Thomas Graves et établit un blocus autour de l’armée de Cornwallis. Sous le commandement de Washington, quelque 16 000 soldats américains et français, accompagnés de miliciens de Virginie, font le siège de Yorktown. Cornwallis essaie à plusieurs reprises de forcer les lignes alliées, mais il doit se rendre le 19 octobre 1781.
La reddition de Yorktown marque la fin des hostilités. Début mars 1782, la Chambre des communes autorise l’ouverture de négociations avec les insurgés. Celles-ci restent secrètes à la demande des Américains, qui s’étaient engagés auprès de leur allié français à ne pas traiter seuls avec la Couronne britannique. Les Américains se méfient en effet des Français, craignant que ceux-ci (en tant que détenteurs de l’immense territoire de la Louisiane) ne cherchent à s’opposer à l’expansion des Américains vers l’ouest, et ne favorisent les intérêts de leur allié espagnol. Les négociations anglo-américaines aboutissent à la signature d’un traité préliminaire, le 30 novembre 1782, dans lequel le Royaume-Uni reconnaît l’indépendance totale de ses anciennes colonies, et leur abandonne même tous ses territoires au sud des Grands Lacs jusqu’au Mississippi. Les négociations ouvertes de paix se déroulent l’année suivante, et se terminent par le traité de Paris entre les Britanniques et les Américains le 3 septembre 1783, puis par le traité de Versailles entre le Royaume-Uni et les autres belligérants. La France obtient des concessions coloniales, de même que l’Espagne, qui reçoit la Floride. Les Américains souhaitant rester sujets britanniques partent pour le Canada, territoire de la Couronne. Le tracé des frontières des nouveaux États-Unis d’Amérique déterminé lors de ces traités est une source de discordes entre les Français et les Américains. Elles sont ainsi définies : la rivière Sainte-Croix, la ligne de partage des eaux entre le Saint-Laurent et l’océan Atlantique, le 45e parallèle, le milieu des Grands Lacs, le Mississippi et le 31e parallèle. Les treize colonies britanniques sont ainsi les premières à acquérir leur indépendance vis-à-vis de leur métropole européenne, et constituent le premier pays à se doter d’une Constitution écrite. Toutefois, l’indépendance politique acquise ne remet pas pour autant en cause les rapports économiques et commerciaux privilégiés avec la Couronne britannique.
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