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Guerre mondiale, Première

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Général Pershing, message aux AméricainsGénéral Pershing, message aux Américains
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8.4. 2

La reddition de l’Afrique-Orientale allemande

Dans les colonies africaines, n’ayant pu repousser l’offensive des forces alliées (britanniques, sud-africaines et portugaises) placées sous le commandement du général Jan Christiaan Smuts, les troupes du général Lettow-Vorbeck se sont retirées en 1916 dans le sud-est de la colonie portugaise du Mozambique. Si, en novembre 1918, elles pénètrent en Rhodésie (aujourd’hui Zimbabwe), Lettow-Vorbeck se rend trois jours après la signature de l’armistice en Europe.

8.4. 3

Le sabordage de la flotte allemande

Suivant les termes de l’armistice, les Allemands remettent aux Alliés la plus grande partie de leur flotte, soit 10 navires de combat, 17 croiseurs, 50 torpilleurs et plus de 100 sous-marins. Toute la flotte à l’exception des sous-marins est rassemblée à Scapa Flow en novembre 1918, les officiers et les équipages allemands restant à bord. Selon les termes du traité de Versailles — dont le texte est adressé au gouvernement allemand le 17 juin 1919 —, tous les navires capturés doivent devenir la propriété permanente des Alliés, ceux encore en possession de l’Allemagne devant également leur être remis. En réaction à ces mesures, le 21 juin 1919, les Allemands sabordent leur flotte retenue à Scapa Flow.

8.4. 4

Les traités de paix

Dans l’ensemble, les traités de paix de Versailles (pour l’Allemagne, 28 juin 1919), de Saint-Germain (pour l’Autriche, 10 septembre 1919), de Neuilly (pour la Bulgarie, 27 novembre 1919), du Trianon (pour la Hongrie, 4 juin 1920) et de Sèvres (pour l’Empire ottoman, 10 août 1920) sont en fait de véritables diktats imposés par les puissances victorieuses. Ils provoquent de profonds ressentiments et des troubles sociaux parmi les vaincus — voire chez certains vainqueurs dont les revendications ne sont pas entièrement satisfaites, comme l’Italie. La volonté de révision des traités de la part de ces pays va provoquer, à terme, la résurgence d’un militarisme et d’un nationalisme agressif.

9

Bilans de la guerre

9.1

Bilan technique

La Première Guerre mondiale est avant tout une guerre de tranchées, particulièrement sur le front occidental, celui qui emporte la décision en 1918, mais aussi sur les fronts russo-turc et austro-italien. Guerre de position, elle voit s’affronter les adversaires jusqu’à l’épuisement des infanteries (mutineries de 1917). Les innovations techniques (artillerie mobile, sous-marins, chars et aviation) font pourtant de ce conflit la première « grande guerre moderne ». Son achèvement rapide lors des campagnes de France, en 1918, s’explique en partie par l’emploi généralisé de ces techniques, qui redonnent au front sa mobilité. La Première Guerre mondiale est une guerre industrielle, et la victoire revient finalement à l’alliance disposant du plus puissant appareil industriel. Le maintien intact de l’appareil de production allemand au lendemain de l’armistice laisse aux vainqueurs le sentiment d’une guerre inachevée.

La Première Guerre mondiale voit l’essor prodigieux de la production d’avions, de ballons stationnaires et de dirigeables à des fins militaires ; pour exemple, la France dispose de 162 avions en 1914 et de 11 836 en 1918 (les autres pays connaissant une évolution comparable). Ces appareils répondent à un double usage : l’observation et le bombardement. Les belligérants font un usage extensif du ballon captif pour observer les fronts stationnaires, les dirigeables servent à la reconnaissance en mer, tandis que les avions sont utilisés pour les reconnaissances côtières. En liaison avec les opérations militaires terrestres, l’aviation sert à observer les dispositifs de défense des adversaires ou à bombarder les lignes ou les troupes ennemies en action. Les avions et les dirigeables effectuent également de nombreux raids sur les villes et les usines situées loin derrière les lignes ennemies.

Le premier raid aérien sur Paris a eu lieu le 30 août 1914. Au Royaume-Uni, il a eu lieu à Douvres le 21 décembre 1914 et à Londres le 28 novembre 1916. En 1915 et en 1916, les dirigeables allemands (les zeppelins) ont effectué 60 raids dans l’est de la Grande-Bretagne et sur Londres.

Dès le milieu de l’année 1915, les combats entre escadrilles aériennes deviennent fréquents. Les Allemands conservent la maîtrise des airs d’octobre 1915 à juillet 1916, puis la suprématie passe dans l’autre camp. Avec l’entrée en guerre des États-Unis, la supériorité alliée devient écrasante. Au moment de l’armistice, les 45 escadrilles américaines présentes sur le front comprennent près de 800 avions et 1 200 officiers. L’histoire a retenu le nom des pilotes les plus célèbres, des « as de guerre » dont les exploits ont fait la une des journaux, tels le Français Georges Guynemer, le Britannique Mick Mannock, l’Américain Eddie Rickenbacker, le Canadien William Avery Bishop et le baron allemand Manfred von Richthoffen.

9.2

Bilan humain

Alors que tous les belligérants avaient imaginé une guerre courte, la Première Guerre mondiale a commencé le 28 juillet 1914 et pris fin le 11 novembre 1918, après plus de quatre années de combats. Son coût financier total est estimé à 2 500 milliards de francs-or. Le nombre des morts s’élève à plus de 8,5 millions de militaires (voir le tableau Première Guerre mondiale : armées) et plus de 13 millions de civils. Avec près de 1,8 million de morts, l’Allemagne paie le plus lourd tribut, suivie par la Russie (1,7 million), la France (plus de 1,3 million) et l’Autriche-Hongrie (1,2 million). Les pertes sont particulièrement sévères en France, laquelle a supporté sur son sol les plus violents combats (7 p. 100 du territoire ravagé). Dans tout le nord-est du pays, les infrastructures urbaines, industrielles et agricoles sont totalement détruites. La mort d’un quart des Français âgés de dix-huit à vingt-sept ans engendre des conséquences démographiques à long terme.

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