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Guerre mondiale, Première

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Général Pershing, message aux AméricainsGénéral Pershing, message aux Américains
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3.2

Les ultimes manœuvres diplomatiques

Le 23 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie envoie à Belgrade un ultimatum en dix points, exigeant le châtiment des complices éventuels de l’assassin (Gavrilo Princip) et l’arrêt de la propagande anti-autrichienne en Serbie. Le 25 juillet, sous la pression des Britanniques et des Russes, la Serbie accepte de se plier à toutes ces exigences, à l’exception de la participation d’officiers autrichiens à l’enquête (considérée comme une incursion dans les affaires intérieures du pays) ; l’Autriche juge cette réponse insatisfaisante. Les Russes tentent alors de persuader les Autrichiens de modifier les termes de l’ultimatum, les menaçant de mobiliser leurs troupes en cas d’attaque contre la Serbie. Le 26 juillet, le ministre britannique Edward Grey propose de régler le conflit par une conférence réunissant le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Allemagne ; cependant, cette dernière rejette l’offre, estimant que l’équilibre militaire lui permet de régler le conflit serbe.

3.3

La cascade des déclarations de guerre

Le 28 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie, assurée du soutien de l’Allemagne, déclare la guerre à la Serbie. La Russie riposte le lendemain par une mobilisation partielle. L’Allemagne avertit la Russie que les deux nations entreront en guerre si cette mobilisation se poursuit, et incite l’Autriche-Hongrie à négocier avec Moscou une modification de l’ultimatum à la Serbie. Devant le refus russe de démobiliser, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1er août.

La mobilisation française commence le même jour et, le 3 août, l’empereur allemand Guillaume II déclare la guerre à la France. Répliquant à l’entrée en Belgique de troupes allemandes, le Royaume-Uni lance un ultimatum à Berlin le 4 août, exigeant le respect de la neutralité belge. Devant le refus de l’Allemagne, elle lui déclare la guerre le jour même. Le 6 août, la Serbie déclare la guerre à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie ayant fait de même la veille avec la Russie. Le 11 août, la France déclare la guerre aux Habsbourg d’Autriche, imitée le lendemain par le Royaume-Uni. Le 5 septembre, par le pacte de Londres, la France, le Royaume-Uni et la Russie s’engagent à ne pas signer de paix séparée.

Le Japon, qui a des ambitions sur les possessions germaniques d’Extrême-Orient, déclare la guerre à l’Allemagne le 23 août. Le 2 novembre, la Russie (suivie le lendemain par le Royaume-Uni et la France) déclare la guerre à l’Empire ottoman qui a signé un pacte secret avec l’Allemagne. L’Italie reste neutre jusqu’au 23 mai 1915, date à laquelle elle se désolidarise de la Triple-Alliance et déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie pour satisfaire ses revendications territoriales. Le caractère mondial du conflit est bientôt accru avec l’entrée en guerre des États-Unis, le 6 avril 1917, puis de la Chine, le 14 août suivant.

3.4

La mobilisation

Les forces de paix ne peuvent résister à l’atmosphère nationaliste exacerbée par les événements : il en est ainsi du socialiste pacifiste Jean Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914 (veille de la mobilisation française). Les refus de rejoindre les armées sont très rares, et l’on n’a même pas besoin en France d’appliquer le carnet B (arrestation préventive des leaders pacifistes). Cependant, les élans patriotiques, bien que réels, sont surévalués par les propagandes alliées. La mobilisation se fait partout dans le calme, avec sérieux ou résignation, et surtout avec l’idée que la guerre sera courte.

4

1914 : la guerre de mouvement

Les opérations militaires commencent en Europe sur trois fronts principaux : le front de l’Ouest (ou front franco-belge), le front de l’Est (ou front russe) et le front du Sud (ou front serbe). Elles s’exercent également sur mer et dans les colonies.

4.1

Front de l'Ouest

4.1. 1

La stratégie allemande de la Blitz Krieg

La stratégie allemande initiale est de mener une guerre éclair (Blitz Krieg) sur le front de l’Ouest, en France, tandis qu’une petite partie de l’armée allemande et la totalité de l’armée austro-hongroise doivent garder le front de l’Est, pas immédiatement menacé du fait de la lenteur supposée de la mobilisation des Russes. La défaite de la France doit être acquise en six semaines grâce au plan Schlieffen (du nom du chef d’état-major allemand de 1891 à 1906). De puissantes armées doivent pénétrer en Belgique (violant ainsi sa neutralité) pour prendre les Français à revers dans un mouvement rapide, puis faire volte-face pour les encercler et les anéantir. Une fois la victoire acquise, les armées allemandes doivent se concentrer sur la Russie et l’écraser.

Mis en œuvre en automne 1914 par le chef d’état-major Helmuth von Moltke après quelques modifications, le plan Schlieffen semble tout d’abord fonctionner comme prévu.

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