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Guerre mondiale, Première

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Général Pershing, message aux AméricainsGénéral Pershing, message aux Américains
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4.1. 2

La « bataille des frontières »

La première phase de la guerre est une guerre de mouvement. L’incursion éclair en Belgique au début du mois d’août 1914 ne rencontre guère d’obstacles. L’armée belge abandonne les places fortes de Liège et de Namur, et fait retraite dans la forteresse d’Anvers (15 août). Les Allemands poursuivent leur avancée et entrent sur le territoire français : ils vainquent les Français lors de la bataille des Ardennes (22 août) puis celle de Charleroi (21-23 août), et défont une armée britannique à Mons (23 août). Sur toute la ligne de front belge et luxembourgeoise, les Alliés reculent. Simultanément, les Allemands reprennent la Lorraine envahie par les Français.

Les troupes franco-britanniques se replient précipitamment, mais en ordre, sur la Marne. Ils sont pourchassés par trois armées allemandes qui parviennent à franchir la rivière, mais ne peuvent isoler l’aile gauche franco-britannique. L’attaque de Paris semblant imminente, le gouvernement français est transféré à Bordeaux (2 septembre), la capitale étant laissée sous le gouvernement militaire du général Joseph Gallieni. Mais, contre toute attente, les Allemands n’avancent pas directement vers Paris ; ils pivotent (toujours conformément au plan Schlieffen) en direction du sud-est pour encercler les armées françaises.

4.1. 3

La première bataille de la Marne

Averti des mouvements allemands, le 5 septembre 1914, le général Gallieni donne l’ordre aux soldats de la garnison de Paris de se précipiter vers la Marne, en réquisitionnant environ 600 véhicules (les « taxis de la Marne »). Le lendemain, le général Joseph Joffre (commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est) lance une offensive générale contre l’aile droite de la Ire armée allemande, commandée par le général Von Kluck.

Au cours de la première bataille de la Marne (6-13 septembre 1914), le général Joffre bloque la progression de l’armée de Von Kluck — lequel, ayant distancé les deux autres armées allemandes, ne peut espérer leur soutien. En outre, le haut commandement allemand est affaibli par des divisions et les erreurs de Von Moltke : croyant la victoire acquise à l’ouest, celui-ci a prélevé six corps d’armée le 25 août pour parer à une attaque russe sur le front oriental. Soutenus sur leur gauche par les Britanniques, les Français attaquent le flanc droit des Allemands et contraignent l’armée de Von Kluck à battre en retraite. L’ensemble des forces allemandes se replie sur l’Aisne, puis se fixe le long des Ardennes et de l’Argonne. En raison de l’échec du plan allemand, Von Moltke est destitué, remplacé à la tête de l’état-major allemand par Erich von Falkenhayn, le 14 septembre.

Les Français, épuisés, engagent une série de batailles dans l’Aisne, la Somme et en Artois, sans parvenir à déloger les Allemands. Ceux-ci réussissent à étendre leurs lignes vers l’est jusqu’à la Meuse, au nord de Verdun.

4.1. 4

La « course à la mer »

Au nord-ouest du front occidental, une course à la mer s’engage alors des deux côtés, visant à déborder l’ennemi pour le contrôle des ports français de la Manche (en particulier Dunkerque et Calais), lieux de débarquement des renforts britanniques. Le 16 octobre 1914, peu après la prise d’Anvers (10 octobre) s’engage la bataille de l’Yser que les Allemands, malgré une résistance héroïque des forces franco-belges, parviennent à franchir cinq jours plus tard ; le souverain belge Albert II décide alors de l’ouverture des écluses, provoquant une inondation de la région et le repli des Allemands. Ces derniers reportent leurs efforts plus au sud, vers Ypres, où sont stationnées des divisions britanniques et franco-belges. Les Allemands tentent une percée lors de la sanglante « mêlée des Flandres », mais ils se heurtent à la résistance des troupes alliées (voir première bataille d’Ypres, 30 octobre-24 novembre). En décembre, celles-ci contre-attaquent sur toute la longueur du front, de Nieuport (à l’ouest) à Verdun (à l’est), mais n’emportent pas de victoire décisive.

La première bataille d’Ypres marque la fin de la guerre de mouvement et des combats à découvert sur le front occidental, qui se stabilise sur près de 800 km, de la Suisse à la mer du Nord. À la fin de l’année 1914, les deux camps établissent des tranchées, faute de vainqueur : la guerre qui devait être courte menace d’être longue. Le front, en effet, ne va pratiquement pas bouger pendant les trois années suivantes, chaque camp assiégeant et pilonnant les tranchées adverses et tentant par des offensives de les investir et de les franchir.

4.2

Front de l'Est

4.2. 1

La bataille de Tannenberg

Sur le front oriental, le tsar Nicolas II lance l’offensive dès le quinzième jour de la guerre (nettement plus rapidement que les prévisions allemandes). Les Allemands ayant laissé leur frontière orientale relativement peu défendue, deux armées russes pénètrent en Prusse-Orientale. Les troupes tsaristes remportent une victoire à Gumbinnen (19-20 août 1914) sur une armée allemande numériquement inférieure ; cette dernière est sur le point d’évacuer la région lorsque des renforts, commandés par le général Paul von Hindenburg, remportent sur les Russes une victoire décisive à Tannenberg (26-30 août), que confirme, le 15 septembre, celle des lacs Mazures (en Prusse-Orientale). Les Russes sont alors contraints à se replier vers leur frontière.

4.2. 2

La percée russe en Autriche

Dans le même temps, quatre armées russes entrent dans la province autrichienne de Galicie. Face aux troupes autrichiennes mal équipées, les Russes progressent régulièrement : ils s’emparent de Lvov (3 septembre 1914) et de la Bucovine, et sortent victorieux de la bataille de Lemberg (11 septembre). Ils repoussent l’ennemi jusque dans les Carpates, où le front se stabilise en novembre.

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