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Guerre mondiale, PremièreArticle
Plan de l'article
Présentation ; Les causes de la guerre ; L’embrasement ; 1914 : la guerre de mouvement ; 1915 : l'enlisement du conflit ; 1916 : l'impasse ; 1917 : crise morale et entrée en guerre des États-Unis ; 1918 : la victoire des Alliés ; Bilans de la guerre
Sur le front de l’Ouest, l’année 1915 est marquée par l’enlisement du conflit dans la guerre des tranchées et par une forte poussée allemande sur le front russe. Des combats opposent l’Empire ottoman au Royaume-Uni dans le détroit des Dardanelles pour désenclaver la Russie, et de nouveaux fronts s’ouvrent avec l’entrée en guerre de l’Italie (du côté des Alliés) et de la Bulgarie (aux côtés des Empires centraux).
Au cours de l’année 1915, des tranchées sont aménagées en système de défense inexpugnable. Elles sont, au fur et à mesure, organisées en lignes de défense successives et reliées entre elles par des boyaux d’accès. Les premières lignes sont séparées du camp adverse par une zone de « no man’s land », rendue infranchissable par un réseau de fils de fer barbelés et de champs de mines. Les soldats de première ligne, soumis aux bombardements et vivant dans des conditions d’hygiène déplorables, subissent une pression continuelle. Mais le front n’apparaît pas encore totalement figé : chaque camp espère percer le front adverse. Les Alliés mènent plusieurs offensives pour rompre la défense allemande et libérer les territoires occupés.
Au début de l’année 1915, les Français tentent en vain une percée en Champagne. En mars, les Britanniques attaquent victorieusement Neuve-Chapelle (Artois), mais ne peuvent prendre que la ligne avancée des Allemands. Entre le 22 avril et le 25 mai, ces derniers lancent une offensive dans les Flandres, où ils expérimentent pour la première fois une nouvelle arme militaire : un gaz mortel suffocant et vésicant, bientôt appelé ypérite ou « gaz moutarde » (voir deuxième bataille d’Ypres). C’est la première fois dans l’histoire qu’apparaît à grande échelle la guerre chimique.
Entre mai et septembre 1915, une attaque franco-britannique en Artois, entre Neuve-Chapelle et Arras, permet aux troupes de progresser de 4 km à l’intérieur du système de défense allemand. Les Britanniques à Lens et les Français sur la crête surplombant Vimy tentent deux attaques simultanées. La percée n’est toutefois pas décisive (voir première bataille d’Artois). Au cours de l’automne, les Français lancent une grande offensive en Champagne, sur un front d’environ 25 km entre Reims et la forêt d’Argonne. Ils s’emparent de la première ligne de tranchées allemandes, mais sont arrêtés par la seconde. Les combats de 1915 se soldent par de très lourdes pertes (1,4 million de tués, blessés et prisonniers), essentiellement pour l’artillerie française. S’ils ne se traduisent pas par une avancée significative du front (les lignes établies à l’ouest en fin d’année 1914 restant pratiquement inchangées en 1915), ils permettent toutefois de soulager la Russie en difficulté.
En 1915, les Allemands tirent les conclusions de l’échec du plan Schlieffen, et changent de stratégie : profitant de la stabilisation du front de l’Ouest, ils concentrent leurs efforts sur le front oriental dans l’espoir de pousser les Russes à une paix séparée. Au terme de la seconde bataille des lacs Mazures (février 1915), les troupes tsaristes doivent abandonner la Prusse-Orientale où ils laissent plus de 100 000 prisonniers. En avril, les Russes, qui menacent la Hongrie, sont repoussés par l’armée autrichienne et chassés des Carpates. En mai, les Allemands lancent avec le soutien des Autrichiens une vaste offensive en Galicie, et remportent à Gorlice une victoire qui contraint les Russes à abandonner la Galicie et la Bucovine, puis la Pologne, la Lituanie et la Courlande, ainsi que toutes leurs places fortes frontalières.
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