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Présentation ; Un Tudor jouant de l’hostilité entre Valois et Habsbourg ; Du divorce d’avec Catherine d’Aragon ; Le schisme anglican ; « Barbe bleue » ou une vie conjugale mouvementée
Henri VIII (1491-1547), roi d’Angleterre (1509-1547). Souverain de la Renaissance, contemporain de François Ier de France et de l’empereur Charles Quint, Henri VIII est passé à la postérité comme étant le roi aux six épouses, un « Barbe bleue » auteur de nombreuses exécutions (notamment conjugales), l’ennemi juré de la France et le principal initiateur du schisme religieux qui a introduit la religion anglicane en son royaume.
Né au palais de Greenwich à Londres, Henri est le fils du roi Henri VII d’Angleterre, prince Tudor imprégné des idées de la Renaissance, et d’Élisabeth d’York. Le 21 avril 1509, à la suite de la mort de son père, il accède au trône d’Angleterre — son frère aîné, Arthur, étant lui-même décédé en 1502. Désireux d’affirmer le rôle de l’Angleterre dans le jeu européen, alors dominé par l’Espagne et la France, Henri VIII épouse la veuve d’Arthur, Catherine d’Aragon, grâce à une dispense papale obtenue en 1503. En 1511, Henri se joint à la Ligue, alliance des couronnes d’Espagne, du Saint Empire romain germanique et de la papauté — contre le royaume de France. Après une campagne victorieuse dans le nord de la France, abandonné par ses alliés, il arrange un mariage, en 1514, entre sa sœur Marie et le roi Louis XII de France, avec lequel il contracte une alliance. Henri VIII adopte une politique plus distante à l’égard du successeur de Louis XII, François Ier, qu’il rencontre au Camp du Drap d’or, le 24 juin 1520. Malgré les incitations du monarque français, Henri VIII opte pour une politique extérieure favorable au rival de François Ier, Charles Quint, empereur germanique et neveu de Catherine d’Aragon. Néanmoins, en 1525, Henri VIII renonce à combattre le souverain français, sensible aux revers militaires de François Ier, prisonnier de l’empereur après sa défaite à Pavie ; il se détache même des affaires européennes et n’intervient pas lorsque les lansquenets de Charles Quint entreprennent le sac de Rome en 1527. Au contraire, encouragé par le cardinal Wolsey, Henri consacre son énergie à affirmer le rang extérieur de l’Angleterre bien que le financement des guerres fasse peser un poids toujours plus lourd sur la population du royaume — qui se révolte lorsque le roi veut imposer de nouvelles taxes (1525). À cette préoccupation s’en ajoute une autre, celle de la succession royale.
Après les guerres civiles du XVe siècle (voir guerre des Deux-Roses entre les Lancastre et les York), Henri VIII est le premier monarque anglais qui n’a pas eu à défendre sa couronne contre d’autres prétendants. Mais Catherine d’Aragon ne lui a pas donné d’héritier mâle et, lorsque les fiançailles de leur fille Marie (future Marie Tudor) et de Charles Quint sont rompues, il redoute de voir les querelles de succession renaître. Il annonce son désir de divorcer en 1527, prétextant que la dispense papale pour son mariage avec Catherine est invalide. Aux raisons politiques s’ajoute la volonté du roi d’officialiser sa passion pour Anne Boleyn, une jeune et belle dame de compagnie de la reine. Charles Quint, dont la puissance lui permet d’imposer ses vues à Rome, s’oppose avec force à la rupture de l’union. En 1528, le pape Clément VII accepte cependant de confier à Thomas Wolsey et à Lorenzo Campeggio, légat du pape, la charge de trancher le cas dans un tribunal ecclésiastique anglais. Mais, sous la pression de Charles Quint, Clément VII réexamine l’affaire à Rome. L’annulation semblant de plus en plus improbable, Henri VIII renvoie Wolsey — qu’il remplace par Thomas More — puis rompt les liens avec la papauté.
Avec l’appui du Parlement, Henri VIII s’assure d’abord du contrôle du clergé anglais, forçant celui-ci à le reconnaître comme chef de l’Église d’Angleterre (1532). En janvier de l’année suivante, il épouse secrètement Anne Boleyn, qui est couronnée reine après que l’archevêque de Canterbury, Thomas Cranmer, a déclaré nul le mariage avec Catherine d’Aragon. Un acte de succession confirme la déclaration de l’archevêque et établit les enfants d’Anne comme héritiers du trône. Henri VIII est immédiatement excommunié par l’autorité pontificale. Le schisme religieux est consommé par l’Acte de suprématie en 1534, annulant toute juridiction papale et déclarant le roi Henri VIII détenteur de l’autorité ecclésiastique suprême en Angleterre. Le peuple anglais doit reconnaître sous serment cette suprématie d’Henri et l’acte de succession. En juillet 1535, Thomas More est exécuté pour avoir refusé de se soumettre. Les ordres monastiques sont dispersés et les catholiques pourchassés. Henri VIII ne cherche cependant pas à imposer la doctrine protestante. L’intégrité du dogme est maintenue et confirmée en 1539. L’autorisation d’une traduction anglaise de la Bible, la publication de la litanie de Cranmer et la traduction en anglais de certaines parties de l’office liturgique traditionnel sont les seuls changements religieux effectués durant son règne.
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