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Plan de l'article
Présentation ; Historique ; Principe de rétroaction ; Automatisation et informatique ; Automatisation et société
L’automatisation s’est aussi répandue dans des activités dites de services, notamment dans le secrétariat où elle s’associe à la Bureautique. Les micro-ordinateurs, qui équipent la plupart des postes de travail, permettent d’accomplir des tâches qui étaient auparavant réalisées à l’aide d’une machine à écrire. Munis d’un logiciel de traitement de texte et reliés à une imprimante, ces ordinateurs se révèlent d’une efficacité bien supérieure, et ont renvoyé la machine à écrire au stade de la préhistoire en moins de vingt ans. La productivité du travail en bureau s’en est trouvée là encore améliorée (la comptabilité, le suivi de la facturation, l’édition des fiches de paie, sont autant d’exemples de travaux dont la réalisation s’est simplifiée et accélérée).
Les techniques d’automatisation décrites jusqu’ici permettent de faire effectuer par des machines des tâches manuelles entrant dans le processus de production. Les systèmes experts peuvent être considérés comme le prolongement de ces techniques, qui tentent de modéliser et d’automatiser des travaux de nature intellectuelle. Ces systèmes informatiques se composent de bases de données associées à un ordinateur : une base d’expertise est élaborée qui consiste en un ensemble de faits décrivant de manière précise des types de situations reliées entre elles par un moteur d’inférence capable de proposer face à une situation inédite une solution appropriée, en effectuant des déductions à partir des faits en s’aidant des règles contenues dans la base d’expertise. Il est certain que les progrès attendus dans le domaine des systèmes experts et plus généralement de l’intelligence artificielle permettront de franchir de nouvelles étapes dans l’automatisation des tâches techniques.
L’utilisation toujours croissante de l’automatisation a influencé en profondeur la vie quotidienne et l’évolution générale de la société. Tout au long de l’histoire industrielle, cette automatisation a en effet permis une augmentation constante de la productivité du travail, ce qui a permis de réduire considérablement le temps de travail nécessaire à la production. Ce faisant, la pénibilité des tâches d’exécution s’est, elle également, considérablement réduite. Cette évolution de la nature et des cadences de travail a permis une augmentation du niveau de vie général de la population.
L’élévation du niveau de vie de la grande majorité des travailleurs des pays industrialisés, qui s’est avant tout traduite par la croissance du pouvoir d’achat, est d’abord due à une meilleure productivité du travail. Celle-ci n’est pas la conséquence d’un effort plus important de travail, mais bien davantage la résultante de l’utilisation de techniques de production plus efficaces. Ce progrès technique est avant tout le résultat des avancées scientifiques qui ont permis l’automatisation. Cette évolution qui s’est considérablement accélérée au début de ce siècle, et plus encore durant les quarante années qui viennent de s’écouler, dont personne ne conteste les effets bénéfiques sur la nature du travail, a cependant pu être critiquée sur certains points.
La progression du taux de chômage demeure aujourd’hui la principale critique formulée contre le développement des tâches automatisées. L’introduction de nouvelles techniques de production reposant sur l’automatisation a une incidence sur le niveau de l’emploi. En permettant une croissance de la production à un moindre coût, l’introduction d’une machine à la place d’un ou de plusieurs postes de travail, s’il réduit la pénibilité des tâches exécutées, supprime nécessairement, dans un premier temps du moins, des emplois. Face à ce constat, un contre-argument est fréquemment avancé : en permettant de créer de nouveaux produits, l’automatisation et le progrès technique engendrent l’apparition d’activités nouvelles, elles-mêmes génératrices d’emplois. Ceci est certes vrai, toutefois, il faut constater que l’évolution technique est, aujourd’hui, globalement destructrice d’emploi. La raison en est simple : l’automatisation ne recrée pas au niveau de son utilisation le niveau d’emploi qu’elle crée du fait de son introduction. Substituer une machine qui remplit les tâches nécessitant l’intervention de dix salariés, n’aboutit pas mécaniquement à la création de dix emplois nouveaux. Si cette évolution est génératrice de nouveaux emplois (par exemple en employant un technicien afin de contrôler l’exécution du travail réalisé par la machine nouvelle), la nouveauté tient davantage à la nature de l’emploi (qui par définition est plus qualifié) qu’à son volume. C’est cette distorsion qui est cause de chômage. Cela montre par ailleurs que les compétences et le niveau de formation de la main-d’œuvre joue dans ce phénomène un rôle important. À terme — et la question fait aujourd’hui l’objet de débats passionnés —, il semble que ce soit la relation de l’Homme au travail qui devra être repensée. L’association de techniques toujours plus productives et élaborées, nécessite pour mise en œuvre un volume d’emploi toujours plus faible à mesure qu’il devient de plus en plus intellectuel. Comment occuper ceux qui ne peuvent alors s’insérer sur ce nouveau marché du travail ? La réponse à cette question, simple à formuler, excessivement complexe à résoudre, orientera dans un futur proche l’évolution des sociétés industrielles du siècle prochain.
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