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Jefferson, Thomas

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Thomas JeffersonThomas Jefferson

Jefferson, Thomas (1743-1826), écrivain politique et homme d'État américain, troisième président des États-Unis (1801-1809).

Né le 13 avril 1743 à Shadwell au sein d'une grande famille de Virginie, Thomas Jefferson se forma à des disciplines variées (botanique, géologie, cartographie, grec, latin, droit, histoire, philosophie) et, après ses études de droit, fut admis au barreau (1767) et élu à l'Assemblée de Virginie (1769). Nourri des œuvres des philosophes du siècle des Lumières, il rédigea en 1774 son célèbre Aperçu sommaire des droits de l'Amérique britannique, rapport destiné aux délégués de Virginie du premier Congrès continental, qui se réunissait pour discuter des griefs des colonies à l'égard de la Grande-Bretagne. En raison du contenu du texte, il fut contraint de le publier anonymement ; lorsque l'on découvrit son auteur, celui-ci se trouva projeté au devant de la scène politique. En 1776, c'est à lui qu'il revint de rédiger une grande partie de la Déclaration d'Indépendance.

Gouverneur de Virginie (1776-1781), Jefferson fut le promoteur de la législation qui réduisait les restrictions à l'accès à la propriété privée et contribua à la réforme du code pénal de Virginie. Le statut de liberté religieuse, énoncé en 1779, mais qui ne fut réellement voté qu'en 1786, interdisait tout financement par l'État de l'instruction religieuse.

Jefferson ne parvint pas à empêcher les Britanniques d'envahir la Virginie. Après avoir quitté son poste, il se retira à Monticello pour écrire les Notes sur l'État de Virginie qui sont devenues un classique. Ces Notes, destinées à informer un correspondant français, traitaient de la vie sociale, politique et économique au XVIIIe siècle.

Après la mort de sa femme en 1782, Jefferson redevint délégué au Congrès puis, de 1784 à 1789, fut ambassadeur en France, où il assista, avec un vif intérêt, aux premières étapes de la Révolution française.

Secrétaire d'État de 1789 à 1794, pendant les mandats de George Washington, Jefferson reprit une proposition qu'il avait faite lorsqu'il était membre du Congrès en 1783 : elle visait à établir des accords commerciaux réciproques avec les nations continentales d'Europe et, face aux restrictions apportées par les Britanniques au commerce des États-Unis, à en refuser le bénéfice à la Grande-Bretagne. Cette proposition fut rejetée par le Congrès.

Après avoir quitté son poste, Jefferson critiqua la bienveillance croissante de l'administration à l'égard de la Grande-Bretagne et la politique du secrétaire au Trésor Alexander Hamilton. En 1796, il accepta à contrecœur d'être présenté comme candidat à la présidence par le parti d'opposition républicain. Il se classa second sur quatre candidats et, selon le système électoral alors en usage, devint en 1797 vice-président de John Adams, le candidat du Parti fédéraliste.

Pendant son mandat, il s'insurgea contre les menées des fédéralistes, qui profitèrent des sentiments anti-français pour créer une armée de terre placée sous le contrôle de son ennemi Alexander Hamilton, et pour faire voter les Alien Acts, restreignant la liberté des étrangers qui étaient réputés prorépublicains, et le Sedition Act, qui permettait de poursuivre toute personne qui publiait des informations visant à discréditer les hauts fonctionnaires. Jefferson et James Madison contestèrent la constitutionnalité de ces lois et attribuèrent aux États le rôle de rempart contre les attaques visant les libertés individuelles.

Élu président en 1800, Jefferson dut, comme Adams avant lui, faire face à l'opposition d'une faction intransigeante de son propre parti aussi bien qu'à celle des fédéralistes. Il manœuvra habilement entre ces deux extrêmes, nommant plusieurs fédéralistes compétents à des postes importants et refusant toute purge générale des fonctionnaires hérités de l'administration d'Adams. Il soutint le rejet de l'Acte judiciaire de 1801, qui avait créé un troisième niveau, coûteux, de cours d'appel fédérales, mais s'opposa à tout démantèlement du système judiciaire, sous domination fédéraliste ; les trois personnes nommées par Jefferson à la Cour Suprême, entre 1804 et 1807, étaient des patriotes convaincus et des partisans de l'indépendance judiciaire.

Pendant son premier mandat, son intérêt constant pour les relations franco-américaines permit, en 1803, l'achat à la France de la Louisiane, l'ensemble des territoires de l'Ouest irrigués par le Missouri et le Mississippi : l'expédition Lewis et Clark (1804-1806) fut organisée pour explorer ces territoires. La politique étrangère du second mandat de Jefferson fut moins réussie. Cherchant à contraindre les Britanniques à respecter la neutralité des États-Unis sur les mers pendant les guerres napoléoniennes, il persuada le Congrès de voter, en 1807, un embargo commercial à l'encontre du Royaume-Uni, initiative qui eut de graves conséquences sur l'économie américaine et affaiblit la Nouvelle-Angleterre, qui vivait du commerce extérieur.

Après avoir terminé son mandat en 1809, il se retira à Monticello, où il vécut jusqu'à sa mort le 4 juillet 1826, correspondant avec John Adams à propos des grands problèmes politiques et constitutionnels, essayant de préserver les restes de son domaine pour ses filles face à ses créditeurs, et dénonçant les effets pernicieux de l'esclavage, sans pour autant libérer ses propres esclaves pour des raisons financières ; il était par ailleurs en désaccord avec ses amis abolitionnistes qui soutenaient que les Noirs étaient égaux aux Blancs.

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