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Plan de l'article
Présentation ; Les origines ; Le style napolitain ; La domination de l’opéra italien ; Les périodes préclassique et classique ; Le romantisme ; La fin du XIXe siècle et le début du XXe ; Tendances modernes ; Production et diffusion de l’opéra au XXe siècle
opéra, composition musicale dramatique dans laquelle tout ou partie des dialogues sont chantés, comprenant des ouvertures, des interludes et des accompagnements instrumentaux. Le genre compte plus de 25 000 titres, pour moitié en langue italienne. Il existe d’autres types de théâtre musical apparentés à l’opéra, dont la comédie musicale et l’opérette.
L’opéra est né en Italie à la fin du XVIe-début XVIIe siècle. Parmi les ancêtres de l’opéra, figurent les madrigaux italiens, qui mirent en musique des situations avec des dialogues, mais sans jeu de scène. Les mascarades, les ballets de cour, les intermezzi, ainsi que d’autres spectacles de cour de la Renaissance, faisant intervenir des figurants, de la musique et de la danse, sont autant de précurseurs. L’opéra proprement dit émane d’un groupe de musiciens et d’intellectuels qui s’étaient donné le nom de Camerata (« salon » en italien). La Camerata, appelée aussi Camerata fiorentina ou encore Camerata de’Bardi, s’était fixée deux objectifs principaux : faire revivre le style musical du théâtre grec antique et s’opposer au style contrapuntique de la musique de la Renaissance. En particulier, ils souhaitaient que les compositeurs s’attachent à ce que la musique reflète, simplement et mot pour mot, la signification des textes. La Camerata pensait reprendre en cela les caractéristiques de la musique grecque antique. La Camerata a développé un style de musique vocale appelé monodie (qui, en grec, signifie « chant soliste »). Elle se composait de lignes mélodiques simples respectant exactement les intonations et l’accentuation de la voix parlée et du texte. La mélodie était accompagnée et soutenue par une basse continue, c’est-à-dire une série d’accords joués au clavecin ou sur un autre instrument. Deux membres de la Camerata, Giulio Caccini (v. 1550-1618) et Jacopo Peri (1561-1633), pensèrent que la monodie pouvait être appliquée aux monologues et dialogues d’une pièce de théâtre. En 1597, Peri mit ce principe en application en écrivant son premier opéra, Dafne. En 1600, il fit donner Euridice à Florence. Le premier compositeur de génie à écrire des opéras fut l’Italien Claudio Monteverdi. Ses opéras (l’Orfeo, 1607 ; le Retour d’Ulysse, 1640 ; le Couronnement de Poppée, 1642), non seulement adoptèrent le style monodique, mais offrirent également des chansons, des duos, des chœurs et des parties instrumentales. Les éléments non monodiques présentaient une certaine cohérence fondée sur des relations purement musicales. Monteverdi apportait ainsi la preuve qu’on pouvait utiliser une grande variété de procédés et de styles musicaux dans l’opéra pour améliorer le drame et l’action. L’opéra se répandit rapidement dans toute l’Italie. Le principal centre de l’opéra en Italie au milieu et à la fin du XVIIe siècle était Venise. Le second en importance était Rome, où l’on fit pour la première fois une différenciation nette entre l’aria (qui traduisait les sentiments et les émotions) et le récitatif (dérivé de la monodie et utilisé pour faire avancer l’intrigue). Le genre proprement dit de la monodie s’éteignit, même si son principe resta influent. Les principaux compositeurs romains étaient Stefano Landi et Luigi Rossi. Le public vénitien, quant à lui, aimait les mises en scène généreuses et les effets spectaculaires, tels que des tempêtes et les apparitions de divinités. Les principaux compositeurs vénitiens de cette époque furent Monteverdi, Pier Francesco Cavalli (1602-1676) et Marc’Antonio Cesti (1623-1669).
Alessandro Scarlatti développa, à la fin du XVIIe siècle, un nouveau type d’opéra à Naples. Les Napolitains appréciaient particulièrement les solos, ce qui incita les compositeurs napolitains à faire la distinction entre différents styles de chants. Ils instaurèrent deux sortes de récitatifs : le recitativo secco, uniquement accompagné par une basse continue et le recitativo accompagnato, utilisé pour les moments de tension, accompagné par l’orchestre. Ils sont également à l’origine de l’arioso, style qui combinait une mélodie proche de l’aria avec le rythme parlé d’un récitatif. Au début du XVIIIe siècle, le style napolitain, qui privilégiait la musique divertissante et harmonieuse, s’établit dans pratiquement toute l’Europe, sauf en France où le compositeur d’origine italienne Jean-Baptiste Lully, musicien de Louis XIV, fonda une école française d’opéra. Les chœurs majestueux et lents aussi bien que les épisodes instrumentaux de ses opéras reflètent le faste et la splendeur de la cour. Le ballet avait une place beaucoup plus importante dans les opéras français de Lully que dans les opéras italiens. Ses livrets s’inspiraient de la tragédie française classique et la mélodie respectait la prosodie particulière de la langue française. Lully créa également un type d’ouverture, l’ouverture à la française. Alceste (1674), Roland (1685), Armide (1686), Acis et Galatée restent ses chefs-d’œuvre. Rameau, avec Hippolyte et Aricie (1733), les Indes galantes (1735), Castor et Pollux (1737) et les Boréades (1764), Charpentier, avec Médée (1693) et David et Jonathas(1684), Campra Achille et Déidamie (1735) enrichirent à leur tour l’héritage de Lully.
À la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe, l’opéra allemand, alors naissant, fut submergé par l’opéra italien. Le centre d’activité le plus important était Hambourg, où un opéra s’ouvrit en 1678. Reinhard Keiser y composa plus de cent ouvrages. Après la mort de Keiser, les compositeurs et chanteurs italiens s’imposèrent dans tous les opéras d’Allemagne. L’opéra italien fut extrêmement populaire en Angleterre. Cependant, deux opéras écrits avant 1700 par les compositeurs anglais étaient fréquemment donnés : Venus and Adonis de John Blow et Didon et Énée de Henry Purcell. Ces œuvres trouvaient leur origine dans la mascarade, divertissement de cour anglais. Elles incorporaient des éléments italiens et français, notamment l’écriture instrumentale de Lully et les récitatifs et arias pleins d’émotion des italiens. C’est en Angleterre que le compositeur d’origine allemande Georg Friedrich Haendel fut le plus apprécié. Il écrivit quarante opéras dans le style italien pendant les années 1720-1730, après quoi il se tourna vers l’oratorio. Au XVIIIe siècle, les idéaux de la Camerata étaient loin et l’opéra avait adopté un grand nombre d’artifices. Par exemple, beaucoup de garçons italiens étaient castrés pour que leur voix soit conservée et reste aiguë. Une telle voix de garçon associée à un développement d’adulte donnait une qualité d’aigu et une agilité technique extrêmement prisées. Ces chanteurs, qui jouaient des rôles de femmes, étaient appelés des castrats. Comme tous les autres chanteurs, ils étaient plus admirés pour la beauté de leur voix que pour leurs qualités de comédiens. Les opéras finirent par devenir de simples séries d’arias spectaculaires. Les arias eux-mêmes respectaient une structure unique A-B-A, appelée da capo (qui signifie « depuis le début » en italien) et incluaient des variantes qui étaient improvisées par le chanteur lorsqu’il reprenait la partie A.
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