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Plan de l'article
Présentation ; Les précurseurs de la bande dessinée ; La bande dessinée américaine ; La bande dessinée franco-belge ; L’avenir de la bande dessinée
bande dessinée, récit fondé sur la succession d’images dessinées, accompagnées le plus souvent de textes. La bande dessinée est un mode d’expression propre au xxe siècle, bien qu’il soit né antérieurement ; il se distingue nettement des genres narratifs qui lui sont pourtant apparentés, tels le roman ou le roman-photo. Les bandes dessinées sont publiées sur des supports extrêmement divers : dans la presse généraliste, qui peut leur consacrer une fraction de page (une simple bande, que l’on appelle un « strip ») ou plusieurs pages — voire des suppléments spéciaux —, dans des magazines spécialisés, ou sous forme d’albums contenant une ou plusieurs histoires. Souvent humoristique, surtout à ses débuts (d’où son nom de « comics » en anglais), la bande dessinée s’est élargie aux genres les plus divers : l’aventure, le policier, l’espionnage, le western, le fantastique, l’érotisme, etc. Au cours du xxe siècle, elle s’est imposée comme le 9e art, aux côtés du cinéma (7e art) et de la photographie (6e art).
On peut considérer comme premières bandes dessinées, au sens moderne du terme, les réalisations de William Hogarth, qui utilise la gravure satirique pour ridiculiser les vices et les travers de la société de son époque (la Carrière de la prostituée, 1732 ; la Carrière du libertin, 1735) et publie une série de pamphlets moralisateurs sous la forme d’une suite d’estampes s’enchaînant à la manière d’un récit. Hogarth a de nombreux successeurs en Grande-Bretagne, notamment Thomas Rowlandson (1756-1827), qui crée en 1809 le personnage du docteur Syntax.
En 1827, s’inspirant en partie des gravures de Hogarth et du docteur Syntax de Rowlandson, dont il existe une traduction en français, le Suisse Rodolphe Töpffer (1788-1846), maître de pensionnat à Genève, commence à écrire l’Histoire de M. Jabot, récit humoristique composé de lithographies. Il réserve d’abord ses créations à ses élèves et à ses amis, puis, à partir de 1833, encouragé par les éloges de Goethe, il les édite (les Amours de M. Vieuxbois, 1839 ; Histoire de M. Cryptogramme, 1845). Töpffer est également l’un des premiers théoriciens de ce nouveau genre, qu’il analyse dans son Essai de physiognomonie (1845). Ses albums sont par la suite traduits, mais également largement copiés et plagiés : dès le xixe siècle, les illustrateurs français Cham (Histoire de M. Lajaunisse, 1839), Gustave Doré (les Travaux d’Hercule, 1847) et Caran d’Ache (les Courses dans l’Antiquité, 1881) reprennent le principe des « histoires en images », principe que l’on retrouvait déjà dans les images d’Épinal diffusées par la maison Pellerin depuis le milieu du xviiie siècle.
À la suite de Töpffer, l’Allemand Wilhelm Busch (1832-1908) publie à partir de 1865, dans le journal munichois Fliegende Blätter, les aventures de Max und Moritz, une série d’histoires mettant en scène un duo de garnements jouant des tours pendables à leur entourage. Son style est largement imité, en particulier par le Britannique Charles Henry Ross, créateur en 1867, avec la scénariste française Marie Duval, du personnage d’Ally Sloper, un héros paresseux et roublard conçu pour le journal Judy. Très populaire, Ally Sloper devient en 1884 la vedette d’un hebdomadaire bon marché, le Ally Sloper’s Half Holiday. En Grande-Bretagne, la série est considérée comme la première bande dessinée moderne.
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