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Révolution de juillet 1830Article
Plan de l'article
Présentation ; Les origines de la Révolution ; De la crise à la Révolution ; La Révolution de 1830, mémoire et modèle
Le 26 juillet 1830, l’indignation agite les milieux journalistiques. À l’initiative des rédacteurs du National, une pétition est lancée et paraphée par quarante-quatre journalistes. Ce défi fait également des émules parmi les typographes. À leur tour, ils influencent le milieu ouvrier parisien, excédé par le manque de libertés et l’absence de représentativité politique du régime. Dans le même temps, industriels et patrons d’ateliers pactisent avec leurs employés. Eux aussi souhaitent obtenir une existence dans l’échiquier politique. Libérés et encouragés, les ouvriers se joignent alors à la foule des émeutiers, menée par les imprimeurs. Des étudiants, lassés du carcan moral et religieux dans lequel l’enseignement supérieur est enfermé, les rejoignent. En réponse, les autorités nomment l’impopulaire maréchal Marmont au commandement des troupes militaires de Paris. L’insatisfaction qui s’ensuit favorise l’extension de l’émeute qui, le 27 juillet, devient une réelle insurrection, avec la levée en masse des quartiers populaires de l’Est et du Nord-Est parisiens. Dans la nuit du 27 au 28 juillet, les barricades s’érigent. Le lendemain, les insurgés prennent l’Hôtel de Ville et les troupes de Marmont subissent une débandade. Le 29 juillet, maîtres des Tuileries et du Louvre, les émeutiers dominent la capitale. Un groupe de députés nomment La Fayette commandant de la Garde nationale. C’est un choix emblématique et réfléchi ; La Fayette a traversé les différents régimes — Révolution, Empire, Restauration — et, derrière son nom, l’unanimité peut se faire, une unanimité renvoyant aux cris de la foule célébrant à la fois la République et Napoléon. Au terme des Trois Glorieuses, le peuple est maître de Paris. La bataille a fait 1 000 morts (dont 800 chez les insurgés) et les partisans d’une rupture radicale avec la monarchie peuvent croire en une vraie révolution. Mais déjà, en coulisses, les partisans d’un réformisme timide et favorable au duc d’Orléans, futur Louis-Philippe, agissent dans le cadre de la Commission municipale fondée le 29 juillet.
Lorsque la Révolution éclate, la bourgeoisie d’affaires et les orléanistes qui ont souhaité le renversement des Bourbons nourrissent en effet la plus grande méfiance à l’égard d’une solution républicaine. Leur alliance tacite avec les insurgés est simplement conjoncturelle. Pour eux, l’idéal républicain et ses principaux corollaires (abaissement du cens et suffrage universel) présentent plus d’inconvénients que d’avantages. Aussi s’emploient-ils à prendre de vitesse les insurgés : la solution orléaniste semble la meilleure. Le duc est susceptible de garantir au mieux un compromis écartant aussi bien le spectre de la monarchie d’Ancien Régime que l’ombre sanglante des excès révolutionnaires de 1793-1794. Il profite en outre d’une réelle popularité liée à son passé. Il apparaît donc comme un roi-citoyen libéral, ni rétrograde ni révolutionnaire. Dès le départ précipité du roi Charles X et à l’instigation d’Adolphe Thiers, de La Fayette, de Jacques Laffitte et de Casimir Perier, la lieutenance générale du royaume lui est proposée (30 juillet). Pour l’avoir acceptée, le 31 juillet, Louis-Philippe est solennellement présenté au peuple de Paris depuis le balcon de l’Hôtel de Ville. Ce « couronnement populaire », judicieuse mise en scène dans une ville encore hérissée de barricades, ne suscite pas l’engouement populaire. Il doit éviter les risques de dérapage en dédiant cette nomination au peuple lui-même. Et cependant, à l’instant même où La Fayette embrasse le duc sous les ovations du peuple, il « étouffe la République ». Le 9 août 1830, Louis-Philippe, qui prête serment à une Charte révisée, est déclaré « roi des Français » par les députés. L’abaissement du cens, la liberté de la presse et la réintroduction du drapeau tricolore sont trois de ses dispositions importantes et / ou symboliques. Toutefois, la Révolution est rapidement confisquée par le roi-citoyen. À son tour, il entre dans une logique conservatrice qui mène à la désagrégation de la « monarchie de Juillet » et à la Révolution de février 1848.
La Révolution de 1830 est une étape importante dans l’histoire du sentiment républicain, bien que son issue reste libérale et, surtout, nationale. Sur le premier point, elle participe à la profonde imprégnation de l’idéal républicain dans les milieux ouvriers et de la petite et moyenne bourgeoisie. La crise endémique de la monarchie de Juillet ne fait, plus tard, que conforter ce sentiment républicain et nourrir le souvenir héroïque de juillet 1830, jusqu’à l’insurrection de février 1848. À l’étranger, la Révolution devient un modèle, symbolisé par une expression particulière : la terminologie « roi des Français » rend justice au peuple insurgé et suppose a priori que le pouvoir royal ressort de la volonté de la nation. Or, à l’heure où l’Europe est agitée par des mouvements libéraux et nationaux, cette expression sert, tout comme les événements des 27-29 juillet, de catalyseur à l’accentuation des revendications unitaires en Allemagne et en Italie, autonomistes en Belgique, Pologne et Grèce. En somme, la chute de la branche aînée des Bourbons engage les Européens spoliés par les conclusions du congrès de Vienne de 1815 à entrer en dissidence, au nom du droit du peuple et des nations à disposer d’eux-mêmes.
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