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Résultats avec Windows Live® Search Goya y Lucientes, Francisco deArticle
Plan de l'article
Présentation ; Formation et premiers projets ; Peinture de cour ; Eaux-fortes et peintures tardives ; Dernières œuvres
Goya y Lucientes, Francisco de (1746-1828), peintre et graveur espagnol, considéré, avec le Greco et Vélasquez, comme l’un des plus grands artistes de son pays. De même qu’il a été un grand admirateur de l’art de Vélasquez, Francisco Goya est à son tour devenu une référence pour Manet et pour Picasso.
Francisco José de Goya y Lucientes naît dans la petite ville aragonaise de Fuentetodos (près de Saragosse), d’un père peintre et maître doreur et d’une mère issue de la petite noblesse régionale. On sait peu de choses de son enfance. Il fréquente les Escuelas Pias à Saragosse et commence sa formation artistique à l’âge de quatorze ans, comme apprenti dans l’atelier d’un maître local, José Luzan, où il passe quatre années. En 1763 et en 1766, il participe, en vain, aux concours destinés à obtenir une bourse d’études à l’académie San Fernando de Madrid, fondée en 1752. S’il échoue, il fait cependant la connaissance de Francisco Bayeu, artiste originaire d’Aragon, travaillant à la cour d’Espagne dans le style académique importé par le peintre allemand Anton Raphael Mengs. Cette rencontre marque le point de départ de la carrière artistique de Goya. Bayeu, qui va devenir son beau-frère, le fait participer à une importante commande officielle, la réalisation de fresques pour l’église Nuestra Señora del Pilar à Saragosse (l’Adoration du nom de Dieu, 1771, reprises en 1780-1782). En 1771, Goya part pour l’Italie, où il reste environ une année. Il passe quelques mois à Rome et prend part au concours de l’académie de Parme, qu’il réussit (Annibal passant les Alpes, 1771). De retour en Espagne, il commence à réaliser une série de gravures à partir de tableaux de Vélasquez, qui est, avec Rembrandt, son modèle. Il collabore par ailleurs à plusieurs projets, notamment la réalisation en 1774 de fresques pour la chartreuse d’Aula Dei, près de Saragosse, qui préfigurent celles qu’il exécute dans l’église San Antonio de la Florida, à Madrid, en 1798. Il dessine également plusieurs séries de cartons pour la manufacture royale de tapisseries (l’Ombrelle, 1778 ; le Marchand de vaisselle, 1780), et est reçu à l’académie de San Fernando en 1780.
À partir de juillet 1786, Goya est engagé au service du roi Charles III avant d’être nommé premier peintre de la cour en 1799. Les cartons de tapisserie qu’il réalise entre la fin des années 1780 et le début des années 1790 lui valent des éloges marqués pour la vision qu’ils offrent de la vie quotidienne espagnole. Des années 1780 datent également quelques-uns de ses plus beaux portraits qu’il fait de ses amis, des membres de la cour et de la noblesse (la Famille de l’infant Don Luis, 1784, fondation Magnani Rocca, Parme) ou des personnages en vue (l’Architecte Ventura Rodríguez, 1784, Stockholm). Certaines œuvres, comme la Marquise de Pontejos (v. 1786, National Gallery of Art, Washington), révèlent un Goya au style élégant et à la facture assez proche de celle de son contemporain britannique Thomas Gainsborough.
Durant l’hiver de 1792, alors qu’il est en visite dans le sud de l’Espagne, Goya contracte une maladie qui le laisse presque totalement sourd. Cette surdité infléchit dès lors profondément le sens de son inspiration. S’il continue à peindre la société madrilène dans ses aspects les plus pittoresques (Comédiens ambulants, 1794, musée du Prado, Madrid), il s’attache de plus en plus à exprimer, dans un style tour à tour dramatique et moqueur, sa révolte contre la folie, l’oppression et la sorcellerie. Entre 1797 et 1799, il réalise les premiers croquis de la série gravée des Caprices, satire des mœurs sociales et des superstitions de l’époque. L’ensemble comporte 80 eaux-fortes. Puis l’invasion de l’Espagne par les armées de Napoléon en 1808 et la guerre qui s’ensuit lui inspirent deux puissants chefs-d’œuvre, 2 mai à la Puerta del Sol (Dos de Mayo) et les Fusillades du 3 mai (Tres de Mayo), achevés en 1814 et conservés au musée du Prado : bien qu’en contact avec les cercles libéraux favorables à la France, Goya y dénonce avec une fougue sans précédent la violence du conflit, ses répressions sanglantes et le martyre du peuple espagnol. Dans ces deux tableaux, comme dans ses toiles postérieures, Goya peint par touches épaisses de couleurs sombres, illuminées de jaune brillant et rehaussées de rouge. Il fixe également sa vision désespérée de ces événements — et de l’humanité — dans les Désastres de la guerre, série gravée en 1810. Une certaine candeur — mêlée cependant d’une sincérité sans détour — n’est pas absente des derniers portraits espagnols de Goya, comme celui de la Famille de Charles IV (1800, musée du Prado), qui confine à la caricature et montre la famille royale sans la moindre idéalisation.
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