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LibyeArticle
Plan de l'article
Des efforts importants ont été réalisés pour apprendre à lire et à écrire à une population largement analphabète à la veille de l’indépendance. L’enseignement primaire a été rendu gratuit et obligatoire. En 2005, plus de 84,2 p. 100 de la population adulte étaient alphabétisés. Au début des années 1990, près de 80 p. 100 des jeunes de douze à dix-sept ans étaient scolarisés. 18 p. 100 de la classe d’âge concernée poursuivaient leurs études dans le troisième degré. La bibliothèque d’État et les Archives nationales se trouvent à Tripoli, mais la bibliothèque la plus importante, riche de plus de 300 000 volumes, se trouve à Benghazi. Les ruines romaines spectaculaires qui se situent sur le territoire libyen, sont peu valorisées, l’activité touristique étant elle-même peu importante. Le musée de Leptis Magna à Al-Khums abrite néanmoins d’imposantes ruines romaines. Tripoli possède des musées d’archéologie, d’histoire naturelle, d’épigraphie, de préhistoire et d’ethnographie.
Porté au pouvoir par un coup d’État militaire en 1969, Muammar al-Kadhafi instaure une République arabe et socialiste, sur le modèle de l’Égypte dirigée par Gamal Abdel Nasser. Elle est gouvernée par un Conseil révolutionnaire. En 1973 sont formés des comités populaires conçus comme lieux de l’exercice d’une démocratie directe. En 1977, une nouvelle Constitution institue la Jamahiriya (État des masses). Aux termes de la Constitution, le pouvoir exécutif est partagé entre le Guide de la révolution, Muammar al-Kadhafi, seize représentants du Congrès général du peuple (CGP), l’Assemblée nationale et son bureau politique. En fait, dans le texte constitutionnel, il existe une imbrication totale des pouvoirs exécutif, législatif voire judiciaire, dans la mesure où la justice est supposée être assurée par le peuple au sein du Comité du peuple pour la justice. Dans la pratique, le chef de l’État prend les grandes décisions, les comités populaires se chargeant de la gestion des affaires locales.
En 2004, la Libye entretenait une armée de terre de 45 000 hommes, une marine de 8 000 hommes et une armée de l’air de 23 000 hommes. Ses forces armées étaient ainsi plus importantes que celles de la Tunisie voisine, pourtant deux fois plus peuplée.
Avant la découverte du pétrole en 1958, l’agriculture constituait le fondement de l’économie libyenne même si les cultures étaient limitées aux régions côtières. L’élevage jouait un rôle important dans cette société de tradition nomade. L’exploitation pétrolière a profondément modifié l’économie : le produit national brut (PNB) est passé de 1,5 milliard de dollars en 1965 à 25,4 milliards en 1985. La chute du cours du pétrole s’est alors conjuguée avec les effets de l’embargo imposé par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1986 et prolongé en 1992. Cet embargo, motivé par les accusations dirigées par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis contre le régime de Tripoli, soupçonné d’être impliqué dans différents attentats terroristes, ne concerne pas les exportations pétrolières. Il alimente cependant l’inflation (30 p. 100 en 1994), contribue au développement d’un marché noir et prive le pays d’un accès à la technologie occidentale. En 1994, le PNB, en régression continue depuis 1991, était de 26 milliards de dollars. Les programmes de développement ont dû être revus à la baisse et le PNB par habitant a diminué d’au moins 25 p. 100 en une décennie pour atteindre 5 650 dollars en 1994.
La majeure partie de la terre arable et des pâturages se trouve en Tripolitaine. Quelque 250 000 ha sont irrigués et le projet de « rivière artificielle », dont la construction a commencé en 1984, a pour but d’en irriguer 180 000 autres. La première tranche, inaugurée en 1991, fournit moins du cinquième de la quantité d’eau initialement prévue, en raison de défaillances techniques et d’une forte évaporation. 15 p. 100 de la population active travaillent dans le secteur agricole qui réalisait, en 1995, 8 p. 100 du PNB. Les principales productions sont le blé (125 000 t par an), l’orge (10 000 t), les olives (72 000 t) et les dattes (76 000 t). L’élevage nomade tient une place très importante. Le cheptel comprenait, en 1993, 7,2 millions de têtes avec une prédominance des ovins. La pêche est, en revanche, peu développée, avec 8 800 t pêchées en 1993.
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