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roman, art

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Église Saint-Philibert (Tournus)Église Saint-Philibert (Tournus)
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1

Présentation

roman, art, production artistique de l’Occident médiéval s’étendant de la fin du Xe siècle au milieu du XIIe siècle.

La principale caractéristique de l’art roman — précurseur de l’art gothique — est que toute sa créativité et son originalité subissent l’influence de la religion chrétienne par le biais des ordres monastiques (Cluny puis Cîteaux).

2

L’architecture romane

2.1

La genèse ou le premier art roman

La fin du xe siècle et le premier tiers du xie siècle sont principalement caractérisés par une intense phase de recherches aboutissant à une nouvelle définition de l’architecture, à partir de l’héritage paléochrétien et carolingien, après transformation de chacun des éléments constituant le monument.

2.1. 1

Plan basilical des églises

Les églises romanes adoptent le plan basilical, une nef — flanquée ou non de bas-côtés — et un transept, que termine une abside (appelée chevet de l’extérieur). À partir des expériences menées précédemment dans les cryptes carolingiennes (comme celle de Saint-Germain d’Auxerre), les architectes romans élaborent essentiellement deux nouveaux types de plans de chevet : le chevet à chapelles échelonnées et le chevet à déambulatoire à chapelles rayonnantes.

Le plus ancien des chevets à chapelles échelonnées semble être celui de l’abbatiale de Cluny II, dans la seconde moitié du xe siècle. Il comprend un long chœur flanqué de cinq chapelles, de taille décroissante, et de deux annexes. Ce type de plan se retrouve dans de nombreux édifices des environs de l’an mil (abbatiale de Bernay en Normandie), mais souvent simplifié et ne comprenant plus, à de rares exceptions, que trois chapelles. Il connaît une très grande fortune dans la première moitié du xie siècle, pour se raréfier par la suite, même s’il se maintient jusqu’au xiie siècle dans le Berry (La Charité-sur-Loire, vers 1100, édifice présentant sept chapelles échelonnées) et surtout en Normandie.

Parmi les premiers chevets à déambulatoire et à chapelles rayonnantes, aux environs de l’an mil, figurent ceux de la cathédrale de Clermont (seulement connus par les fouilles) et de Saint-Philibert de Tournus. Dans les deux cas, un couloir semi-circulaire relie des chapelles de plan carré. Ce plan s’impose également rapidement, avec une préférence pour les chapelles semi-circulaires. À partir de la seconde moitié du xie siècle, le chevet à chapelles rayonnantes devient la formule la plus répandue dans le monde roman (abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire, v. 1080).

2.1. 2

Usage de la voûte

Remplaçant la colonne ou le pilier de tradition antique, la pile composée représente l’une des grandes inventions de l’architecture romane. Sa naissance ne semble pas être liée à l’adoption de la voûte. Effectivement, dans un premier temps, on la rencontre aussi bien dans des édifices voûtés (crypte de la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre, v. 1030) que charpentés (nef de Saint-Remi de Reims, entre 1039 et 1049).

Avec la généralisation de la voûte dans la seconde moitié du xie siècle, les colonnes ou pilastres engagés dans le noyau de pile composé permettent de canaliser jusqu’au sol les différents arcs. Pour l’élévation, la pile composée implique une nouvelle conception de l’espace, puisque la colonne montant de fond du côté du haut vaisseau permet de diviser le mur en travées clairement matérialisées (nef charpentée de Saint-Germain-des-Prés à Paris, milieu du xie siècle). Dans les édifices voûtés, la colonne divisant la paroi en travées correspond aux arcs doubleaux soutenant le berceau, conférant alors à l’édifice une division cellulaire, caractéristique de la conception spatiale romane.

Une autre innovation dans la plastique romane est l’adoption d’un niveau supplémentaire entre les grandes arcades et les fenêtres hautes. Celui-ci peut avoir uniquement un rôle plastique, comme les ouvertures sous comble et les arcatures aveugles (nef de l’abbatiale de Bernay, première moitié du xie siècle), ou structurel, avec des tribunes voûtées permettant de contrebuter la voûte du vaisseau central de la nef (Saint-Étienne de Nevers, v. 1070-1080). Un autre des grands apports de l’architecture romane est, à l’intersection des bras du transept et de la nef, la croisée régulière, limitée par quatre puissants piliers cruciformes et voûtée d’une coupole sur trompe (Romainmôtier dans le Jura suisse, première moitié du xie siècle).

Dans la première moitié du xie siècle, rares sont les églises entièrement voûtées et, quand elles le sont, leurs dimensions demeurent restreintes (abbatiale de Saint-Martin-du-Canigou, v. l’an mil). Le plus souvent, seul le chevet est voûté, alors que la nef demeure charpentée (Romainmôtier). C’est essentiellement dans la seconde moitié du siècle que le voûtement s’étend à l’ensemble du monument. Pour la nef centrale, à part quelques expériences sans lendemain comme à Saint-Philibert de Tournus (milieu du xie siècle) où l’architecte utilise une série de berceaux transversaux par rapport aux murs, la solution la plus fréquemment utilisée est le berceau continu, parfois épaulé par des collatéraux montant pratiquement aussi haut (abbatiale de Saint-Savin, v. 1070) ou, le plus souvent, contrebuté par des tribunes voûtées en demi-berceau (Saint-Étienne de Nevers).

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