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roman, art

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Église Saint-Philibert (Tournus)Église Saint-Philibert (Tournus)
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2.1. 3

Façade

Pour les façades, les architectes romans continuent parfois la tradition paléochrétienne en utilisant un simple mur écran, mais réalisent également de nouveaux types en simplifiant les massifs occidentaux des édifices carolingiens. L’un des plus fréquents, surtout dans le centre de la France et au nord de la Loire, est la tour-porche (ou clocher-porche). Assez réduite au sol, elle superpose plusieurs étages. Certaines tours-porches, très simples, ne possèdent qu’un espace unique à chaque niveau (Saint-Pierre de Chartres et Saint-Germain-des-Prés à Paris, fin du xe-début du xie siècle), alors que d’autres, à l’architecture plus ambitieuse, comportent plusieurs travées (Saint-Benoît-sur-Loire, v. 1025). La Bourgogne opte plus généralement pour la solution de l’avant-nef, beaucoup plus développée au sol et de structure souvent complexe, comme à Saint-Philibert de Tournus, comprenant une chapelle haute à deux niveaux au-dessus d’un rez-de-chaussée ouvrant sur la nef. Mais la solution promue au plus bel avenir est la façade à deux tours (ou façade harmonique), dont la Normandie élabore très tôt le modèle (Saint-Pierre de Jumièges, v. 1060 ; Saint-Étienne de Caen, fin du xie siècle), et qui est ensuite abondamment reprise par les grandes cathédrales de style gothique.

Dans le dernier tiers du xie siècle, on assiste à une phase de stabilité et d’exploitation des recherches menées précédemment (les églises dites de pèlerinage, Saint-Martin de Tours, Saint-Martial de Limoges, Sainte-Foy de Conques, Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Jacques de Compostelle) : le déambulatoire à chapelles rayonnantes s’impose ; l’édifice est entièrement voûté et divisé en cellules nettement individualisées à la fois sur la voûte, grâce aux arcs doubleaux, et par les colonnes engagées sur les parois. En outre, à chaque espace correspond un type de voûte déterminé : voûtes en berceau pour la nef centrale, les bras du transept et le déambulatoire ; voûtes d’arêtes pour les bas-côtés ; demi-berceau pour les tribunes ; cul-de-four pour l’abside et les absidioles et coupole sur trompe à la croisée du transept. Extérieurement, la silhouette du monument se caractérise par un étagement des masses que domine la tour de croisée.

2.2

La maturité ou le second art roman

Un peu avant 1100, l’architecture romane entre dans une nouvelle phase, marquée essentiellement par des innovations techniques, les réflexions se concentrant plus particulièrement sur la recherche de nouveaux types de voûtement et sur l’allégement du mur. En outre, on assiste à l’émergence de véritables groupes régionaux.

2.2. 1

Le roman bourguignon

En Bourgogne, nombre de monuments subissent l’attrait du modèle imposé par l’abbatiale de Cluny III, élevée à partir de la fin du xie siècle. L’élévation comprend trois niveaux : grandes arcades en arc brisé et piles composées pourvues de pilastres cannelés ; ouvertures sous comble ; fenêtres hautes. Une voûte en berceau brisé couvre le vaisseau central. Ces principaux traits se retrouvent à la basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial (v. 1100) et à la cathédrale Saint-Lazare d’Autun (v. 1110). Toutefois, l’abbatiale de la Madeleine à Vézelay est conçue sur un parti différent, avec une élévation à deux niveaux et une voûte en berceau à pénétration.

2.2. 2

Le roman tourangeau et poitevin

Les grands édifices de la vallée de la Loire sont caractérisés par l’allègement de la structure et les nombreux percements réduisant pratiquement le mur à un simple squelette (Fontgombault, v. 1120). Dans le chevet de Fontevraud (v. 1110-1120), les grandes arcades occupent les deux tiers de l’élévation, tandis qu’à Cunault (v. 1110-1120), elles montent jusqu’à la naissance de la voûte.

2.2. 3

Le roman auvergnat

L’Auvergne offre une série de monuments extrêmement proches les uns des autres jusque dans le détail (Notre-Dame d’Orcival, Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, Sainte-Austremoine à Issoire). Tous possèdent une structure parfaitement contrebutée, permettant un très grand allégement de l’édifice. La nef est à deux niveaux : grandes arcades et tribunes voûtées. Les supports sont très minces, même pour la croisée du transept. L’élévation du chevet — à déambulatoire — comprend des grandes arcades surhaussées, surmontées d’arcatures aveugles et de fenêtres hautes. Quant à la tour de la croisée transept, elle est contrebutée par un massif barlong. Ces monuments cultivent aussi certains archaïsmes : goût pour les espaces inarticulés (berceaux sans doubleaux), colonnettes en délit contre le mur extérieur du déambulatoire et, à l’extérieur, emploi d’un appareil décoratif inspiré du haut Moyen Âge.

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