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tambours, instruments à percussion formés d’un fût aux extrémités duquel sont tendues une ou deux peaux sur lesquelles on frappe à l’aide des doigts ou de baguettes prévues à cet effet. La vibration ainsi obtenue est amplifiée par le fût qui fait office de caisse de résonance. Fondamentalement tubulaire, la forme du fût peut varier. Il peut être cylindrique comme dans le cas de la grosse caisse, avoir la forme d’un tonneau (comme certains tambours de Chine et d’Inde), d’un vase sans fond, comme le darabuka (ou darbuqqa) à une seule membrane du Moyen-Orient, ou d’un sablier, comme le tsuzumi japonais à deux peaux. Les tambours dont le fût n’est pas suffisamment profond pour servir de caisse de résonance (comme le tambourin) sont dits « sur cadre ». Les timbales sont des tambours à fût semi-sphérique ; seuls tambours à produire des notes déterminées, elles nécessitent d’être accordées et sont traditionnellement jouées deux par deux. Depuis le XVIIIe siècle, l’orchestre symphonique classique compte plusieurs timbales (généralement cinq) qui peuvent jouer un grand rôle, notamment quand il s’agit de recréer une grande intensité dramatique. La famille des timbales comporte aussi les naqqâra des pays islamiques ainsi que leur parent médiéval, les nakers et les bamacrya, utilisées dans la musique classique indienne. Les fûts de tambour peuvent être en bois, en métal ou en terre cuite. La membrane, généralement en peau, est fixée à la caisse au moyen de clous, de colle, de boutons, de pinces, d’un laçage ou d’une corde recouvrant les bords de la peau tout autour de la caisse. Les tambours d’orchestre occidentaux à deux membranes, tels que la caisse claire, la caisse roulante et la grosse caisse, sont généralement pourvus de deux colliers (un pour chaque membrane) autour desquels sont enroulés les bords de la peau. Serrés l’un contre l’autre, ces deux colliers maintiennent la membrane tendue. Sur les tambours modernes, on préfère avoir recours à des vis de tension fixées au collier supérieur.
Le tambour existe dans la plupart des cultures. Les premières traces de l’existence de cet instrument remontent à 6 000 ans av. J.-C. Presque partout, les tambours revêtent un caractère cérémonial, sacré ou symbolique. Dans certains pays d’Afrique, ils symbolisent et protègent la royauté tribale et sont souvent placés dans des lieux sacrés. Dans toute l’Asie centrale, en Sibérie, et dans certaines tribus indigènes d’Amérique du Nord, les tambours sur cadre peu profonds, à une ou deux membranes, sont utilisés comme objets rituels. Le tambourin, tambour sur cadre à une seule membrane, muni ou non de cymbalettes, est un instrument traditionnellement réservé aux femmes dans les pays islamiques, comme il l’a été souvent dans l’Antiquité et dans l’Europe médiévale. Par ailleurs, le tambour est souvent utilisé comme moyen de communication. En Afrique, les tam-tams imitent les intonations de la voix humaine et permettent de transmettre des messages à plusieurs kilomètres à la ronde. Le tambour est parfois tellement entré dans les mœurs qu’il constitue une troisième forme de langage, aux côtés de la langue écrite et vocalisée. De la même façon, les roulements de caisse claire servaient autrefois à communiquer certaines instructions aux régiments d’infanterie européens. La fonction musicale des tambours varie, allant du simple marquage des temps aux rythmes et contre-rythmes les plus complexes. Dans la musique classique islamique et indienne, les tambours fournissent des rythmes très variés qui viennent enrichir la mélodie. En Afrique, les musiciens ont recours à des superpositions de rythmes élaborés dont la coordination est assurée par un tambour maître.
La musique occidentale utilise de nos jours de nombreux tambours d’origine, d’aspect et d’usage très variés. La caisse claire possède huit à dix boyaux, regroupés en une corde fixée sous la peau inférieure ou peau de timbre ; cette corde vibre contre les membranes lorsque celles-ci sont frappées. La caisse claire est apparentée au tabor, un tambour à deux membranes, souvent doté d’un boyau simple, joué en association avec un chalumeau à trois trous dans la musique populaire européenne « moderne », comme il l’a été au Moyen Âge. La grosse caisse de la musique militaire turque apparaît dans la musique européenne au XVIIIe siècle. Les bongos en forme de godets, que l’on joue par deux, et le conga cylindrique, ou en forme de tonneau, sont des tambours à une membrane provenant d’Afrique et de Cuba. Le tom-tom est un tambour à deux membranes peu profond, utilisé à l’origine par les tribus indiennes d’Amérique du Nord.
Les tambours font partie des instruments membranophones, ce qui signifie que leur son est produit par une membrane vibrante. Le tambour à friction (rommelpot) est membranophone, mais il ne fait pas partie des instruments à percussion. Il se compose d’une peau tirée sur le haut d’un pot et traversée par un bâton que l’on tire de bas en haut pour faire vibrer la membrane. Certains tambours tels que les tambours en acier des Caraïbes ne s’apparentent pas aux membranophones ; ils sont entièrement constitués de matériaux solides résonant, ce qui les apparente aux idiophones. Le tambour à fente qu’on retrouve dans de nombreuses cultures tribales est également un idiophone ; il est réalisé à partir d’un tronc d’arbre fendu dans sa longueur et évidé inégalement.
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