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Résultats avec Windows Live® Search Philippe II AugusteArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un roi de quinze ans ; La lutte contre les Plantagenêts ; L’expansion du pouvoir royal ; L’homme privé
Philippe II Auguste (1165-1223), roi de France (1180-1223), dont le règne, marqué par un affrontement permanent avec la dynastie des Plantagenêts, s’accompagna d’un renforcement considérable de la puissance royale et de l’élargissement continu de l’assise territoriale de la France.
Fils du roi Louis VII et de sa troisième épouse, Adèle de Champagne, Philippe, qui fut longtemps surnommé Dieudonné, naquit près de Paris, à Gonesse. Sacré du vivant de son père en 1179, il monta sur le trône l’année suivante. Peu décidé à subir l’influence de ses oncles, l’archevêque de Reims, Guillaume aux Blanches Mains, et ses frères les comtes de Champagne, de Blois et de Sancerre, ce roi de quinze ans conclut un accord sur le pays d'Artois avec un descendant des Carolingiens, le comte de Flandre, Philippe d’Alsace, dont il épousa la nièce, Isabelle de Vermandois. Cependant, l’influence flamande, de plus en plus pesante, finit par lasser le jeune roi, d’autant que Philippe d’Alsace refusait d’exécuter sa promesse de céder l’Artois et que, bientôt, ses troupes flamandes faisaient route vers Paris, dans une intention belliqueuse. Philippe II, par son adresse, sut rassembler derrière lui les grands féodaux du royaume et parvint, après plusieurs succès militaires, à faire signer au comte de Flandre l’accord d’Amiens (juillet 1185), qui apportait au domaine royal les seigneuries d’Amiens, de Montdidier et de Roye, ainsi que le Vermandois.
À vingt ans, auréolé de ses succès militaires, Philippe II savait qu’un autre danger menaçait son royaume, celui de la puissance anglaise. Si la rivalité entre les Capétiens et les Plantagenêts datait du règne précédent, elle s’augmentait du fait que le roi d’Angleterre, Henri II, cumulait les héritages normand (par sa mère, la reine Mathilde), angevin (comme fils de Geoffroy Plantagenêt) et aquitain (par son alliance avec Aliénor, fille de Guillaume X, dernier duc d’Aquitaine et de Poitou), de sorte qu’il menaçait directement la puissance royale à partir de ses vastes fiefs. Jouant sur les rivalités entre les fils du roi, encourageant leurs révoltes contre leur père et faisant usage de la force pour conquérir quelques seigneuries angevines, Philippe II réussit, après avoir attiré dans son camp Richard, duc d’Aquitaine (le futur Richard Ier Cœur de Lion), à faire signer par le père de ce dernier, quelques jours avant sa mort, la capitulation de Ballan (1189), par laquelle il renonçait à la possession du comté d’Auvergne, ainsi qu’aux châtellenies d’Issoudun et de Châteauroux. Cependant, dès que Richard eut succédé à son père, ses relations avec Philippe II commencèrent à se dégrader. Pourtant, en 1190, c’est ensemble que les deux rois s’embarquèrent pour participer à la troisième croisade. Sur place, cependant, la brouille qui éclata entre eux, patente après le refus de Richard d’honorer sa promesse d’épouser la sœur de Philippe II, détermina ce dernier, malade, à regagner la France dès 1191. Profitant de l’absence du souverain pour s’allier au frère de ce dernier, Jean sans Terre, dont il appuya le projet de s’emparer de l’Angleterre, le roi de France annexa alors le Vexin normand, les comtés d’Aumale et d’Eu, et une partie de la Touraine. Ayant eu vent de cette trahison, Richard Ier reprit le chemin de l’Europe mais, capturé par le duc d’Autriche, il fut remis à l’empereur germanique Henri VI qui ne le libéra qu’en 1194, contre une forte rançon. Fondant sur ses possessions françaises, le roi d’Angleterre infligea alors une série de défaites à son ancien allié, qui se trouvait fort affaibli lorsque la mort de son adversaire, survenue en avril 1199 devant Châlus, fit de Jean sans Terre le nouveau maître de l’Angleterre. Entre les deux hommes, autrefois alliés, une profonde mésentente ne tarda pas à s’installer : faisant du petit-fils d’Henri II, Arthur, fils de Geoffroy II Plantagenêt et de Constance de Bretagne, l’incarnation de la légitimité, Philippe Auguste n’accepta de reconnaître les droits de Jean sans Terre sur la Normandie qu’à condition que celui-ci abandonne, au traité du Goulet (1200), le Vexin normand, l’Évrecin et le Berry occidental, et donne son accord pour le mariage du fils du prince Louis de France (le futur Louis VIII) avec Blanche de Castille, fille d’Alphonse VIII et d’une sœur du roi d’Angleterre. Aucun des deux signataires, cependant, n’était décidé à respecter l’accord et, lorsque l’année suivante, Jean sans Terre enleva, au mépris de tous les usages féodaux, la fiancée de son vassal Hugues de Lusignan, Philippe Auguste saisit l’occasion pour le citer à comparaître devant la cour de France, ce que son adversaire se garda de faire. La cour put alors décréter la confiscation de ses fiefs français, dont une partie (la Bretagne, le Maine, l’Anjou et la Touraine) fut cédée à Arthur, contre reconnaissance de la suzeraineté du roi de France. L’enlèvement (août 1202) puis l’assassinat d’Arthur par les hommes de Jean sans Terre (avril 1203) permirent à Philippe II de faire exécuter la sentence : Rouen fut prise en 1204, le Maine, la Touraine, l’Anjou et la plus grande partie du Poitou furent bientôt conquis par les troupes royales, le roi d’Angleterre (qui y gagna son surnom de « sans terre ») ne conservant sur le continent que l’Aquitaine. Depuis son accession au trône, Philippe Auguste avait ainsi quadruplé la taille du domaine royal. Une telle expansion ne pouvait qu’inquiéter ses voisins, le comte de Flandre, Ferrand de Portugal, le comte de Boulogne, Renaud de Dammartin, mais aussi Othon de Brunswick, qui disputait le trône impérial à Frédéric II, fils d’Henri VI. Jean sans Terre trouva en eux les partenaires d’une puissante coalition, qui défit la flotte française à Damme en 1213. Mais l’année suivante, les victoires françaises sur les Anglais à La Roche-aux-Moines (2 juillet) et sur les coalisés à Bouvines (27 juillet) ouvrirent à Philippe Auguste le chemin de l’Angleterre. Débarquant en 1216 à la faveur d’une révolte des barons anglais, son fils Louis réussit à se faire couronner roi. Mais, le 19 octobre 1216, la mort de Jean sans Terre, désarmant l’opposition que seule sa personnalité suscitait, contraignit le prince français à regagner le continent.
Malgré cet échec relatif, la politique de conquête menée par Philippe Auguste avait donné des résultats impressionnants. L’année précédant Bouvines, un vassal du roi, Simon IV de Montfort, autorisé par lui à lancer la croisade contre les albigeois, avait vaincu à Muret Raymond VI, comte de Toulouse, et son puissant allié, Pierre II d’Aragon, et avait pu ainsi s’emparer d’une partie du Languedoc, dont il fit immédiatement hommage au roi de France, permettant à ce dernier d’affirmer son autorité dans le Midi. Ailleurs, en Auvergne, dans le Gâtinais ou en Flandre, le roi avait méthodiquement exploité toutes les possibilités d’agrandir son domaine, au moyen d’une fructueuse politique d’achats, d’alliances, de confiscations, d’échanges et de relèvement de fiefs tombés en deshérence. Remarquable organisateur, Philippe Auguste s’employa de plus à installer les linéaments d’une véritable administration. Recrutant clercs et juristes, s’entourant d’une armée permanente, forte de plus de 2 000 hommes, les « chevaliers de l’hôtel », il mit en place un système de surveillance des prévôts domaniaux par des administrateurs en mission, les baillis (appelés sénéchaux dans l’Ouest et le Midi), tout en réformant l’administration des impôts afin de pouvoir disposer en permanence d’une véritable trésorerie. Durant son règne, le centre du pouvoir royal se déplaça de l’Orléanais à Paris ; le roi, qui y installa le Trésor royal et les archives (qu’autrefois, l’on emmenait en campagne, au risque de les voir détruire, comme ce fut le cas à la bataille de Fréteval en 1194), fit compléter les fortifications de la ville, paver ses rues, et y entreprit la construction de la forteresse du Louvre, tandis que, dans le même temps, était entreprise l’édification de la cathédrale Notre-Dame. L’essor territorial s’accompagna d’une affirmation du pouvoir royal : peu à peu, comme le montre le sentiment de joie qui prévalut après la bataille de Bouvines, l’idée se répandit que le roi, au sommet de la hiérarchie féodale, n’était pas seulement un seigneur plus puissant que les autres, mais un souverain investi par son sacre d’une mission d’intérêt général, celle de maintenir la justice et la paix dans l’ensemble du royaume. Adroitement, le roi soutint les communes, accorda des franchises, principalement au détriment des seigneurs, tout en accordant des privilèges aux ordres religieux, bien souvent à l’origine des grands défrichements. Ces transformations politiques et sociales furent favorisées par une forte croissance agricole et par l’expansion du commerce (que symbolise l’essor des foires), qui contribuèrent à asseoir une relative prospérité.
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