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soprano, voix aiguë de femme ou d’enfant, autrefois de castrat. D’étendue générique de do 3 à si 4-do 5, elle peut atteindre le sol 5.
C’est la voix qui est au-dessus (sopra en italien), le superius de l’écriture polyphonique ancienne. En France, jusqu’au XVIIIe siècle, on parle plus volontiers de « dessus ». Le terme désigne également des instruments (par exemple, saxophone soprano).
À l’église, tant que les femmes n’y chantaient pas, les parties de soprano étaient tenues par des garçons, parfois des falsettistes hommes et, du XVIe au XIXe siècle en Occident, par des castrats. Dans l’opéra des XVIIe et XVIIIe siècles, la voix de soprano caractérise non seulement des personnages féminins, mais aussi beaucoup de personnages masculins, confiés à des castrats, de Nerone dans le Couronnement de Poppée de Claudio Monteverdi à Sesto dans la Clémence de Titus de Wolfgang Amadeus Mozart. S’il arrive assez souvent, surtout au XVIIe siècle, que des castrats, généralement jeunes, chantent des rôles féminins — comme Eurydice dans l’Orfeo de Monteverdi (1607) et encore, en 1721, les deux jeunes filles dans la Griselda d’Alessandro Scarlatti —, des rôles masculins de soprano peuvent aussi être confiés à des femmes (par exemple Sesto dans Jules César en Égypte de Georg Friedrich Haendel). La voix de soprano féminine, jusqu’au XVIIIe siècle, est surtout exploitée dans son médium, propice à la déclamation. On sollicite ensuite de plus en plus l’aigu, et même, après 1750, avec des compositeurs comme Carl Philip Emanuel Bach, Nicolas Dalayrac ou Mozart (qui demande le contre-sol dans l’air « Popoli di Tessaglia »), le suraigu. Le siècle suivant confirme cette importance de l’aigu, y ajoutant de plus en plus, surtout à partir de Giuseppe Verdi et Richard Wagner, des exigences de puissance. Les rôles travestis, désormais rares, ne disparaissent pas : Oscar (Un bal masqué de Verdi), le Compositeur dans Arianne à Naxos de Richard Strauss.
La nomenclature usuelle distingue les « emplois » de soprano léger (voix fine et souple, atteignant mi ou fa 5, comme Lakmé dans l’opéra-comique éponyme de Léo Delibes, ou Zerbinette dans Ariane à Naxos), lyrique léger (Nanetta dans Falstaff de Verdi, Sophie du Chevalier à la rose de Richard Strauss), lyrique (Mimi dans la Bohème de Giacomo Puccini, Agathe dans Der Freischütz de Carl Maria von Weber), lirico spinto (médium ample et aigu large comme Amelia, du Bal masqué de Verdi, ou Tosca), enfin dramatique (puissance, ampleur du medium et du grave, aigu tranchant d’Isolde ou Brünnhilde chez Wagner, Elektra chez Richard Strauss, Turandot chez Puccini). Notons que le terme colorature, définissant une voix agile, peut s’appliquer en principe à toute voix.
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