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Cocteau, Jean

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Cocteau : principales œuvresCocteau : principales œuvres
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Plénitude

La diversité de ses activités artistiques, son indépendance d’esprit et sa présence sur tous les fronts culturels déplaisent à beaucoup. On le traite souvent d’artiste superficiel et de mondain exhibitionniste. Indifférent à ces calomnies, Cocteau continue d’explorer le théâtre grec et les nouvelles formes de communication, puis reprend le journalisme avec des Portraits-Souvenirs (1935) destinés au Figaro, ainsi qu’avec une suite de reportages sur le pari de faire le tour du monde en quatre-vingt jours, comme le héros de Jules Verne, expérience dont il tire Mon premier voyage (1936). À partir de 1937, il devient chroniqueur régulier à Ce soir, et continue de publier dans les quotidiens et les hebdomadaires jusqu’à sa mort.

C’est en 1930 qu’il se lance dans la réalisation cinématographique avec le Sang d’un poète, film non narratif, truffé de trouvailles visuelles et sonores qui font date. Débordant d’activité, il multiplie ses productions : théâtre musical (Cantate avec Markevitch, 1930), essai (Essai de critique indirecte, 1932), chansons parlées pour Marianne Oswald, poésie (Énigmes, 1938), roman (la Fin du Potomak, 1940). C’est aussi la période de sa maturité comme dramaturge avec la Voix humaine (1930), bouleversant monologue d’une femme qui, pour la dernière fois, parle au téléphone avec son amant ; la Machine infernale (1934), les Chevaliers de la Table ronde (1937), qui retrace comme en blasons la geste du Graal, les Parents terribles (1938), sans doute son chef-d’œuvre dans ce registre, qui consacre son ami Jean Marais.

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Temps de guerre

En 1940, après l’exode, il remonte à Paris et se consacre d’abord au théâtre, avec notamment le Bel Indifférent (1940) — monologue déchirant écrit pour Édith Piaf —, la Machine à écrire (1941), puis à la poésie (Allégories, 1941 ; Léone, 1945). Il écrit plusieurs scénarios pour le cinéma : le Baron Fantôme, 1942), de Serge de Poligny, l’Éternel Retour (1943), de Jean Delannoy, et les dialogues des Dames du bois de Boulogne, de Robert Bresson (1945). Il réalise lui-même la Belle et la Bête (1946), d’après le conte de Mme Leprince de Beaumont. Cette féerie, magnifiée par Jean Marais dans un double rôle, fait aussitôt accéder Cocteau au rang de réalisateur majeur.

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Cinéma

Après la Seconde Guerre mondiale, le cinéma occupe désormais la majeure partie de son temps. Il rédige entièrement ou participe à l’écriture de scénarios, de dialogues ou de commentaires (Ruy Blas, de Pierre Billon, 1947 ; les Enfants terribles, de Jean-Pierre Melville, 1950 ; la Couronne noire, de Luis Saslavski, 1952 ; la Princesse de Clèves, de Jean Delannoy, 1961 ; etc.). Il réalise l’adaptation de sa pièce l’Aigle à deux têtes (1947), celle des Parents terribles (1948), où il abat les frontières entre cinéma et théâtre avec un génie qui fait date, puis triomphe avec Orphée (1950), œuvre fantastique et moderne sur la poésie et la mort pour, enfin, conclure son œuvre cinématographique par le Testament d’Orphée (1959), qui fait éclater les codes de représentation cinématographique avec une liberté admirable et un humour désenchanté. Ses inventions visuelles et son style poétique marquent aussi les auteurs de la Nouvelle Vague, qui revendiqueront franchement son influence. Il publie aussi des Entretiens autour du cinématographe (1951) avec André Fraigneau, qui deviennent une bible pour les artistes metteurs en scène.

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Consécration

Cocteau n’en poursuit pas moins son œuvre littéraire avec des poésies (la Crucifixion, 1946 ; le Chiffre sept, 1952 ; Appogiatures, 1953 ; Clair-Obscur, 1954 ; le Cordon ombilical, 1961 ; le Requiem, 1962), des mimodrames (le Jeune Homme et la Mort, 1946), des ballets (Phèdre, 1950), des pièces de théâtre (Bacchus, 1951), des essais (la Difficulté d’être, 1947 ; Lettre aux Américains, 1949 ; Modigliani, 1950 ; Jean Marais, 1951 ; Gide vivant, 1952).

Jean Cocteau a été membre de l’Académie française de 1955 à sa mort.

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