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    La République islamique de Mauritanie, communément appelée Mauritanie, est un pays d' Afrique de l'Ouest. Elle est située sur la côte nord-ouest du continent.

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Mauritanie

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Mauritanie : drapeau et hymneMauritanie : drapeau et hymne
Plan de l'article
5.6

Le régime du colonel Ould Taya (1984-2005)

Un nouveau changement à la tête de l’État a lieu en 1980, lorsque le Premier ministre Mohamed Ould Haidalla prend la présidence du pays et renforce la loi islamique. Il résiste à un coup d’État en 1981, mais est destitué en 1984 par son chef d’état-major, le colonel Maaouya Ould Sidi Ahmed Taya.

En 1989, des revendications pour un meilleur équilibre en faveur de la communauté négro-africaine entraînent une forte tension avec le Sénégal : des dizaines de milliers d’éleveurs noirs sont expulsés vers le Sénégal, qui renvoie parallèlement dans leur pays cent mille Mauritaniens vivant au Sénégal. Dans le même temps, les communautés s’affrontent violemment. Confronté aux critiques internationales pour le non-respect des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne la communauté négro-africaine dont un demi-millier d’officiers et de soldats est exécuté en 1991, le président Ould Taya fait promulguer une nouvelle Constitution et instaure le multipartisme la même année. Il est élu président en 1992, malgré une victoire contestée.

Membre de l’Union du Maghreb arabe, la Mauritanie demeure travaillée par des forces contradictoires : islamistes contre baasistes partisans de la laïcité, Maures contre Noirs du fleuve, émergence d’un mouvement protestataire des haratines (descendants d’esclaves) et en général des Noirs de langue hassanya. Dans ce contexte, le président Ould Taya renforce son régime empêchant de fait le déroulement du jeu démocratique ; les partis d’opposition légale sont tour à tour dissous et l’opposition divisée. Entachées de fraude, les élections qui se succèdent sont boycottées par l’opposition. Le président Ould Taya est reconduit au pouvoir en 1997. Si les partis de l’opposition font leur entrée à l’Assemblée nationale à l’occasion du scrutin législatif d’octobre 2001, l’hégémonie du Parti républicain démocratique et social (PRDS), au pouvoir, n’est jamais remise en cause.

Le pays, qui traverse une grave crise économique, parvient à rester à flot grâce à l’aide des institutions financières internationales dans le cadre d’un programme d’ajustement structurel. Afin de bénéficier de ce soutien, ainsi que de celui des États-Unis, la Mauritanie a opéré dès 1999 une réorientation de sa politique étrangère en établissant des relations diplomatiques complètes avec Israël. Cette stratégie se confirme en 2003, tandis que la Mauritanie, ancien allié de Saddam Hussein, se range dans le camp américain lors de la guerre contre l’Irak. Le 8 juin 2003, le président Ould Taya échappe à une tentative de coup d’État militaire, menée, d’après le régime mauritanien, par des islamistes radicaux. C’est donc dans une situation tendue qu’il affronte l’élection présidentielle de novembre 2003. Ses trois principaux concurrents sont l’ancien président Mohamed Ould Haidalla, l’opposant historique Ahmed Ould Daddah, et Messaoud Ould Boulkheir, leader des Haratines. Le président Ould Taya est réélu dès le premier tour avec 66,7 p. 100 des suffrages, à l’issue d’un scrutin vivement contesté par l’opposition, qui fait état de fraude massive et de harcèlement judiciaire — accusé de vouloir prendre le pouvoir par la force, Mohamed Ould Haidalla est interpellé quelques heures à la veille de l’élection, puis emprisonné au lendemain de l’annonce des résultats et relâché quelques mois plus tard.

5.7

La transition démocratique

Le 3 août 2005, le président Ould Taya est renversé par une junte militaire, dirigée par le colonel Ely Ould Mohammed Vall et déterminée à mettre en place une transition pacifique et à restaurer l’ordre constitutionnel. Le pays entre alors dans une phase de transition démocratique, dont le déroulement apparaît exemplaire aux yeux des observateurs et de la communauté internationale avec un passage de pouvoir réussi des militaires aux civils. Ce processus démocratique, marqué par un référendum constitutionnel (juin 2006) limitant notamment à deux le nombre de mandats du président de la République et par des élections législatives (novembre 2006) et sénatoriales (janvier 2007), s’achève avec la tenue d’une élection présidentielle. Le 11 mars 2007, pour la première fois de leur histoire, les Mauritaniens sont appelés à choisir librement leur président parmi dix-neuf candidats. À l’issue du premier tour, Sidi Ould Cheikh Abdallahi (candidat sans parti bénéficiant de nombreux soutiens au sein de l’ancienne majorité présidentielle et accusé par ses adversaires d’être adoubé par la junte militaire) remporte 24,79 p. 100 des suffrages, contre 20,68 p. 100 à Ahmed Ould Daddah, ancien opposant historique au régime du président Ould Taya et président du Rassemblement des forces démocratiques (RFD) ; leurs principaux concurrents, Zeine Ould Zeidane, candidat « indépendant » proche de l’ancien régime, et Messaoud Ould Boulkheir, descendant d’esclave et leader des Haratines, obtiennent respectivement 9,80 p. 100 et 15,27 p. 100 des voix. À l’issue du second tour, Sidi Ould Cheikh Abdallahi est élu sans contestation avec 52,85 p. 100 des suffrages contre Mohamed Ould Dada.

Issu d’une prestigieuse lignée de marabouts, Sidi Ould Cheikh Abdallahi (69 ans) est un économiste ayant détenu plusieurs portefeuilles ministériels dans les années 1970 et sous le régime du président Ould Taya avant d’être contraint à l’exil en 1989. Présenté par ses partisans comme un « homme de consensus » il bénéficie d’une bonne réputation à l’étranger, notamment en raison de ses fonctions de conseiller auprès du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe. Dans un pays défavorisé par des conditions naturelles difficiles, affaibli et corrompu par deux décennies de mauvaise gestion, où un Mauritanien sur deux vit en dessous du seuil de la pauvreté, la liste des tâches qui incombent à Sidi Ould Cheikh Abdallahi est longue : bonne gouvernance, réformes économiques, obtention de l’annulation de la dette publique auprès des institutions financières internationales, amélioration de l’accès à l’éducation et aux services de base (installations sanitaires, électricité, eau potable), répartition des richesses, restauration de l’unité nationale, retour des réfugiés négro-mauritaniens et reconnaissance de leurs droits… Dans ce contexte, la gestion des revenus du pétrole (exploité depuis 2006) est également au cœur des perspectives de développement du pays.

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