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Philippe IV le BelArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le développement d’une monarchie centralisée ; L’augmentation du domaine royal ; L’affranchissement de l’autorité pontificale ; L’un des derniers Capétiens directs
En 1307, toujours en quête de numéraire, Philippe le Bel s’en prend au riche et puissant ordre du Temple, dont il convoite les biens. Tous les chefs de l’ordre, dont le grand maître Jacques de Molay, sont accusés d’hérésie et remis à l’Inquisition en 1308. Le pape Clément V, sous la pression de Philippe le Bel (qui a fait main basse sur les richesses des Templiers), condamne un certain nombre d’entre eux au bûcher (1310) et impose la dissolution de l’ordre (1312). En 1314, Philippe le Bel fait périr comme hérétiques les derniers dignitaires, dont le grand maître Jacques de Molay.
Soucieux d’obtenir le soutien de son peuple, tant dans son conflit avec la papauté que dans son besoin de subsides, Philippe le Bel convoque le 10 avril 1302 une assemblée constituée de représentants de la noblesse, du clergé et de la bourgeoisie urbaine ; c’est la première réunion des états généraux dans le royaume de France. Une conception nouvelle de l’État, dans laquelle le roi n’est plus le premier des seigneurs mais la représentation vivante de la loi (Lex Rex), voit ainsi progressivement le jour.
Dans le cadre de son dessein de renforcement de la monarchie, Philippe le Bel convoite les terres de Guyenne, qui relèvent de la couronne d’Angleterre depuis le milieu du xiie siècle. Malgré sa victoire militaire en Guyenne (1294-1299), Philippe IV promet sa fille, Isabelle de France, au prince Édouard (futur Édouard II), cherchant à apaiser les tensions avec Édouard Ier d’Angleterre. À l’est en revanche, il annexe la Franche-Comté, Lyon et une partie de la Lorraine. Il cherche également à prendre le contrôle de la Flandre : en 1300, il emprisonne le comte, Gui de Dampierre, pour lui substituer Gui de Châtillon. Le comté se soulève et, en 1302, des officiers capétiens sont massacrés à Bruges (épisode connu sous le nom de « Matines de Bruges »). Défait par les milices flamandes à la bataille de Courtrai (dite aussi « bataille des Éperons d’or », juillet 1302), le roi prend cependant sa revanche à Mons-en-Pévèle (1304), ce qui lui permet d’annexer une grande partie de la Flandre wallonne avec Lille, Douai et Béthune (traité d’Athis-sur-Orge, 1305).
Opposé à l’ingérence pontificale dans les affaires du royaume (le gallicanisme français), Philippe le Bel entre en conflit avec le pape Boniface VIII pour avoir tenté de lever des impôts sur le clergé. Par la bulle Clericis laicos (1296), le pape interdit aux clergés français et anglais le versement de subsides à un pouvoir laïque. Philippe le Bel réplique alors en prohibant l’exportation de pièces d’or et d’argent, privant ainsi le pape des revenus français. Boniface doit se rétracter et, afin d’apaiser le conflit, canonise en 1297 le défunt Louis IX (Saint Louis, grand-père de Philippe IV). En 1301, l’arrestation par le roi de l’évêque de Pamiers, Bernard Saisset, ravive le conflit. Par la bulle Ausculta fili (1301), Boniface VIII rappelle la suprématie pontificale sur toute autorité temporelle et, à cette fin, convoque un concile. Philippe le Bel réplique en réunissant une assemblée des trois états du royaume (états généraux de 1302), qui lui assurent leur soutien et empêchent les évêques de se rendre au concile. Par la bulle Unam sanctam, le pape réitère sa suprême autorité et s’apprête à excommunier le roi, lorsqu’il est fait prisonnier dans son palais d’Anagni, le 7 septembre 1303, par Guillaume de Nogaret et les Colonna, ennemis du pape (voir attentat d’Anagni). Délivré par ses partisans, le 9 septembre, Boniface meurt à Rome le 11 octobre.
Le conflit ne prend véritablement fin qu’en 1305, lorsque Philippe le Bel impose un Français à la tête de l’Église, Clément V, qui le déclare innocent des événements d’Anagni et annule toutes les décisions de Boniface VIII à son encontre. Achevant d’assujettir la papauté à la tutelle monarchique, Philippe le Bel décide son installation en Avignon (effective en 1309, voir papauté en Avignon). Cette mesure, voulue à titre provisoire, se prolonge jusqu’en 1376.
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