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Plan de l'article
bolchevisme, doctrine formulée par Lénine et Gueorgui Plekhanov à partir de la théorie marxiste. Par extension, le terme « bolchevik » a d’abord servi à désigner les membres les plus radicaux du parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR), puis a été utilisé comme synonyme de « communiste » après la révolution de 1917.
Les origines du mouvement s’enracinent profondément dans le contexte politique russe de la fin du XIXe siècle. Formé en 1898 dans un pays en pleine effervescence politique, le parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) représente des organisations ouvrières locales. Il élabore un manifeste qui envisage le déroulement de la révolution à venir selon deux phases successives, l’une bourgeoise, l’autre prolétarienne. Rapidement dispersés par les autorités, certains anciens du POSDR, qui ont pu échapper à la prison, rejoignent en Suisse les premiers marxistes russes rassemblés dans le mouvement « Libération du travail » autour de Gueorgui Plekhanov, Vera Zassoulitch, et bientôt Iouli Martov et Vladimir Ilitch Oulianov, qui adoptera le pseudonyme de Lénine. Leurs journaux Iskra (l’Étincelle) et Zaria (l’Aurore), fondés au début du siècle, se font l’écho des débats théoriques qui animent le groupe révolutionnaire. Parmi les différentes tendances représentées, celle des économistes fonde sa réflexion sur l’analyse des forces en présence en Russie, et insiste sur l’importance de la spontanéité des masses dans le cours du processus révolutionnaire. Très opposé à cette conception de la révolution, Lénine fait valoir que, la classe ouvrière ne possédant pas de conscience révolutionnaire spontanée, il revient à un parti fort de faire jaillir les volontés révolutionnaires. C’est la position qu’il défend dans son ouvrage polémique Que faire ? (1902). Le IIe congrès du POSDR, qui se tient à Londres en 1903, voit triompher le concept de dictature du prolétariat, mais fait simultanément apparaître de nouvelles oppositions quant aux conditions d’adhésion au parti. Le désaccord entre les deux factions en présence, celle de Lénine et celle des économistes, se traduit notamment par un certain nombre de divergences concernant le rôle du parti dans la révolution. Pour les uns, le parti révolutionnaire doit être semblable à ceux qui existent en Europe, c’est-à-dire une organisation démocratique ouverte à tous ; pour les autres au contraire, en raison du manque de conscience révolutionnaire de la classe ouvrière, il doit être très structuré, ouvert exclusivement à une minorité, et se définir comme une sorte d’avant-garde investie de la mission de propager les ferments de la révolution. C’est ce deuxième point de vue qui emporte l’adhésion des délégués du congrès, débouchant sur la division du parti en deux factions : celle des « bolcheviks » (les membres de la majorité), dirigée par Lénine et Gueorgui Plekhanov, et celle des « mencheviks » (les minoritaires), ayant pour chefs de file Iouli Martov et Léon Trotski.
Opposés au sein des soviets constitués après la révolution de 1905, les bolcheviks et les mencheviks se séparent définitivement lors du congrès du POSDR organisé à Prague en 1912. Dans l’intervalle, Lénine, une nouvelle fois contraint à l’exil, s’est attelé à la construction d’un véritable parti bolchevique. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale, en août 1914, consacre l’échec de la IIe Internationale et Lénine propose, dès novembre, la création d’une nouvelle Internationale, finalement mise en place en 1919. Qualifiée par les bolcheviks d’impérialiste, la guerre doit être combattue par tous les moyens et sans compromission avec les partis bourgeois, auxquels appartient désormais celui des alliés de la veille, les mencheviks. Lénine expose cette nouvelle situation en 1915 dans l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme. Liant le destin du prolétariat russe au bolchevisme, il évoque également la mondialisation du capitalisme qui a conduit les différentes puissances économiques à se livrer une concurrence féroce. La guerre, dans laquelle ont été entraînés tous les peuples, y compris ceux des colonies, débouche donc inévitablement sur la révolution internationale ; la Russie, définie comme le « maillon le plus faible du système impérialiste », doit y jouer un rôle de premier plan. Pourtant, à la veille de la révolution de février 1917, le Parti bolchevique est particulièrement désorganisé. Mais l’adhésion tardive de Léon Trotski, jusqu’alors très critique envers les principes bolcheviques, renforce notablement l’état-major du mouvement. La stratégie du parti est dorénavant celle de la « dictature du prolétariat » et de la « révolution permanente », qui doit s’accomplir sous l’impulsion de la IIIe Internationale. Ce sont pourtant les thèses des mencheviks qui remportent les faveurs des soviets et des syndicats indépendants durant la première phase de la révolution. Aussi, lorsque les bolcheviks parviennent à s’emparer du pouvoir au terme de la révolution d’Octobre, ils refusent d’en partager l’exercice avec d’autres formations politiques. De ce choix résulte un système où un parti unique, fort et centralisé, tient tous les leviers du pouvoir et de la société, selon un modèle qui sera celui de tous les régimes communistes à venir.
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