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Résultats avec Windows Live® Search Arp, JeanArticle
Plan de l'article
Présentation ; Un esprit cosmopolite ; Une quête de l’abstraction ; La contribution à Dada ; De l’abstraction à la concrétion
Arp, Jean ou Arp, Hans (1886-1966), sculpteur, peintre et poète français. Par son rôle essentiel dans la création et la diffusion des avant-gardes, Jean Arp occupe une place prééminente dans l’art du xxe siècle.
Né à Strasbourg (sous domination allemande et capitale du Reichsland d’Alsace-Lorraine), d’un père allemand et d’une mère alsacienne, Jean Arp reçoit des prénoms allemands et français : Hans Peter Wilhelm et Jean Pierre Guillaume ; dès l’enfance il s’exprime aisément dans ces deux langues. Entre 1900 et 1908, il étudie à l’école des Arts décoratifs de Strasbourg, à Weimar, et à l’académie Julian à Paris, mais l’enseignement académique ne lui convient pas. Le déménagement de sa famille en Suisse vers 1910 permet à Jean Arp de participer à la fondation du Modern Bund (« alliance moderne »), une société d’exposition pour les artistes suisses modernes. Doté d’un esprit curieux et cosmopolite, Jean Arp effectue de nombreux voyages afin d’établir des contacts avec des écrivains et des artistes d’avant-garde du moment ; il rencontre entre autres Paul Klee en Suisse, Wassily Kandinsky et le groupe Der Blaue Reiter à Munich, Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay à Paris. Ses visites l’amènent également à Berlin, à la galerie Der Sturm, pour laquelle il organise des expositions et rédige des critiques. Très tôt, sa préoccupation artistique s’oriente vers une quête métaphysique de la symbolique des formes. À la déclaration de la guerre, Jean Arp est en Allemagne et échappe à la mobilisation en se réfugiant à Paris, au sein de la communauté artistique de Montmartre. Il y demeure une année mais, soupçonné d’espionnage par la police française, il est arrêté, est envoyé à Zurich où il échappe cette fois-ci à la conscription allemande en simulant une maladie mentale ; il se refugie ensuite dans le Tessin suisse.
Jean Arp profite de cet exil pour se consacrer à sa quête de l’absolu en art. La guerre en Europe lui fait prendre conscience d’un renversement des valeurs éthiques et morales que doivent aussi subir les normes académiques de l’art. Ces bouleversements académiques, qu’il nomme « ordre nouveau », se manifestent dans son travail par le rejet de la peinture à l’huile au profit de nouveaux matériaux, mais aussi par l’anonymat du travail collectif. En 1915, en compagnie de Otto et Adya Van Rees (un couple de réfugié hollandais), Jean Arp met en pratique les règles de cet « ordre nouveau », et réalise notamment une fresque murale dans une école maternelle à Ascona (Suisse). De ce travail en commun naissent également des broderies, des collages et des dessins décrits en ces termes : « avec des lignes, des surfaces, des formes et des couleurs, qui cherchent à atteindre, par-delà l’humain, l’infini et l’éternel ». Dans ses collages, Jean Arp rejette ainsi l’effet d’illusion recherché par les cubistes pour une exigence spirituelle aux marges de l’abstraction. Ses dessins à l’encre de Chine, inspirés des courbes du monde végétal (branches cassés, herbes, racines), illustrent sa recherche de l’abstraction par un refus de copier la nature. La même année, Jean Arp fait la connaissance de Sophie Taeuber à la galerie Tanner. Cette rencontre est déterminante pour Jean Arp car l’œuvre de Sophie Taeuber est en affinité avec ses principes de travail, et une grande complicité lie rapidement les deux artistes. Celle-ci lui fait découvrir des techniques et des matériaux peu conventionnels : « Nous brodions, tissions, peignions, réalisions des collages, des tableaux géométriques et statiques. » Ils mettent au point un système de composition fondé sur l’utilisation du hasard, Duo-collage (1918, Museum Insel Hombroich, Neuss), pour lequel la composition est obtenue en laissant tomber les papiers au sol, et la coupe du papier est effectuée au massicot afin d’en accentuer la rigueur et le dépouillement.
En 1916, Jean Arp est à Zurich quand il expérimente ses premiers reliefs de la série « Formes terrestres ». Dans le même temps, il rejoint au Cabaret Voltaire le mouvement Dada. Comme beaucoup d’autres artistes et intellectuels de son époque ralliant Dada, Jean Arp rejette l’académisme et les conventions mais il n’adhère pas à l’état d’esprit nihiliste de certains dadaïstes ; la liberté offerte par Dada doit lui permettre de poursuivre ses recherches abstractives vers de nouvelles formes plastiques : « Nous rejetions tout ce qui était copie ou description pour laisser l’Élémentaire et le Spontané jouer en pleine liberté. » Dans son interprétation personnelle de la nature en relief, il use de cette liberté pour s’émanciper rapidement de la rigidité cubo-futuriste par l’obtention de formes en bois aux contours irréguliers et arrondis, Fleur-marteau (1916, Gemeentemuseum, La Haye). En 1919, Jean Arp participe avec Max Ernst à la fondation du foyer dadaïste de Cologne. Animés par « la spontanéité créatrice » de Jean Arp, les deux artistes collaborent à la réalisation d’une série de collages : les FaTaGaGa (1920, Fabrication de Tableaux Garantis Gazométriques, collages élaborés à partir de catalogues d’achats par correspondance). En ramassant du bois flotté sur une plage, Jean Arp crée des assemblages et agit « comme les Océaniens, qui ne se préoccupent aucunement pour leurs masques de la durée des matériaux » (Trousse du naufragé, 1920, relief, morceaux de bois assemblés sur une planche, Musée d’art moderne et contemporain, Strasbourg). La participation dadaïste de Jean Arp à Zurich et à Cologne lui donne l’occasion de rédiger des poèmes et de s’illustrer comme un des meilleurs poètes de son temps. Son expérience poétique (publication étudiante, fréquentation de l’avant-garde littéraire parisienne) et sa position de pilier de la novation au cœur de Dada, l’amènent à composer une poésie nouvelle essentiellement en langue allemande. Lors de manifestations Dada, en même temps que sont exposés ses reliefs, Jean Arp lit sa poésie qui, menée avec une liberté de ton, dévoile une rencontre aléatoire des mots, où la déconstruction s’ouvre sur des harmonies inédites.
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